Lutte contre la précarité menstruelle : l’État lance un appel à projets en Guyane jusqu’au 20 juillet
La préfecture de Guyane finance des actions locales pour améliorer l'accès aux protections périodiques et informer sur la santé intime.
La Direction générale de la cohésion et des populations (DGCOPOP) de Guyane a ouvert l'appel à projets « Lutte contre la précarité menstruelle 2026 ». Les associations et collectivités ont jusqu'au 20 juillet pour soumettre leurs initiatives, axées sur l'accès aux protections et la déconstruction des tabous.
L’essentiel
- Date limite : 20 juillet 2026 pour déposer les candidatures.
- Porteur : Direction générale de la cohésion et des populations (DGCOPOP) de Guyane.
- Objectif : Améliorer l’accès aux protections périodiques, informer sur la santé intime et briser les tabous liés aux règles.
- Cibles : Femmes en situation de grande précarité, notamment celles hébergées ou sans abri.
Ce que prévoit l’appel à projets
Lancé officiellement le 30 avril 2026, l’appel à projets « Lutte contre la précarité menstruelle 2026 » vise à subventionner des actions locales portées par des associations, collectivités ou structures du champ social. Selon les services de l’État en Guyane, les projets retenus devront proposer des actions concrètes : distribution de protections périodiques, ateliers d’information sur les règles, la santé intime et le bon usage des protections, ainsi que des campagnes de sensibilisation pour déconstruire les tabous.
Le dispositif cible prioritairement les femmes en situation de grande précarité, notamment celles qui sont hébergées en centres d’hébergement, en hôtel social, ou qui vivent dans la rue. L’objectif est de réduire les inégalités d’accès aux produits d’hygiène menstruelle et de lutter contre la stigmatisation sociale associée aux menstruations.
Les conditions pour candidater
Chaque projet proposé doit obligatoirement s’appuyer sur un diagnostic de terrain précis, afin de compléter l’offre d’accompagnement existante sans la concurrencer. Les dossiers doivent être déposés avant le 26 juin 2026, date impérative.
La Direction de la protection sociale et de l’insertion (DPSPI) assure le suivi des candidatures et répond aux interrogations via l’adresse social-pspi@guyane.gouv.fr. Le cahier des charges officiel a été mis à jour le 2 juillet 2026 et est accessible sur le site de la préfecture.
Contexte en Guyane
Avec un taux de pauvreté élevé et une précarité marquée sur l’ensemble du territoire, la Guyane fait face à des besoins importants en matière d’accès aux soins et à l’hygiène. Selon les données de l’INSEE, le département compte près de 53 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté. Les femmes, en particulier celles en situation d’isolement ou sans domicile fixe, sont les premières touchées par la précarité menstruelle. L’appel à projets s’inscrit dans le plan national de lutte contre la précarité menstruelle, mais adapté aux réalités locales - éloignement géographique, coût élevé des protections importées. Des initiatives existent déjà à Cayenne et dans les communes de l’intérieur, portées par des associations comme Guyane Promotion Santé ou le Planning familial, mais les moyens restent insuffisants.
D’autres actualités récentes en France illustrent des initiatives diverses : à Villeurbanne, la colère des riverains face aux points de deal persiste malgré les démantèlements, tandis que dans le monde sportif, la première victoire mexicaine d’Isaac Del Toro sur le Tour de France marque les esprits.
L’originalité de cet appel à projets est de lier l’aspect matériel (distribution de protections) à l’aspect éducatif (information sur la santé intime) et culturel (déconstruction des tabous). Dans une société où les règles restent souvent un sujet honteux, particulièrement dans certains foyers ou communautés, cette dimension psychosociale est essentielle.
Prochaine étape : date limite le 20 juillet
Les porteurs de projets ont donc jusqu’au 20 juillet 2026 pour finaliser leur dossier et le déposer auprès de la DPSPI. La sélection des lauréats interviendra dans les semaines suivantes. Le financement permettra de déployer les actions retenues avant la fin de l’année 2026. L’enjeu est de taille : toucher les femmes les plus isolées, en ville comme en zone rurale, et contribuer à faire des règles un sujet de santé publique ordinaire, et non plus un tabou.