Luz-Saint-Sauveur : les résidents permanents réclament un frein aux loyers saisonniers

Une pétition locale demande la régulation des meublés touristiques pour préserver le logement abordable en haute montagne pyrénéenne.

Luz-Saint-Sauveur : les résidents permanents réclament un frein aux loyers saisonniers
Illustration Claire Castagné / info.fr

À Luz-Saint-Sauveur, des habitants ont lancé une pétition contre la flambée des loyers saisonniers qui pénalise les résidents à l'année. La commune classée station de tourisme depuis 2012 dispose désormais d'outils légaux pour agir. Encore faut-il que la municipalité s'en saisisse.

La pression est connue dans les stations de montagne : à mesure que les plateformes de location courte durée se développent, les logements disponibles pour les habitants permanents se raréfient et les prix s’envolent. À Luz-Saint-Sauveur, dans les Hautes-Pyrénées, des résidents ont décidé de formaliser leur mécontentement via une pétition appelant la municipalité à réguler les meublés touristiques.

Un cadre légal qui a évolué

Luz-Saint-Sauveur est classée station de tourisme depuis le 17 septembre 2012 par décret officiel, selon Légifrance. Ce statut a favorisé l’essor des locations saisonnières - et, avec lui, la réduction du parc de logements accessibles aux actifs locaux, aux saisonniers de longue durée, aux familles.

La loi du 19 novembre 2024 renforce les outils disponibles pour les communes, selon le ministère de l’Écologie. À partir de 2025, dans les zones tendues, les locations de résidences principales peuvent être limitées à 90 jours par an au lieu de 120, sous peine d’une amende de 15 000 €, précise Service-Public.fr. Luz-Saint-Sauveur peut potentiellement s’inscrire dans ce dispositif, à condition d’en faire la demande.

Le modèle basque en référence

Publicité

Les signataires de la pétition regardent vers le Pays Basque, où depuis mars 2023, un règlement communautaire impose un changement d’usage et une compensation obligatoire pour les locations saisonnières dans 24 communes en zone tendue, selon Hostcare France. Dans certaines communes basques comme Saint-Jean-de-Luz, les locations sont désormais plafonnées à 60 à 90 nuits par an dans les secteurs les plus sous tension, rapporte GuestReady. Un logement sur dix y est aujourd’hui touristique, selon la cour administrative d’appel de Bordeaux, qui a validé pour l’essentiel ce règlement en 2024.

La situation dans les Hautes-Pyrénées présente des similitudes. La haute montagne cumule une offre de logements limitée par la géographie et une demande touristique forte, notamment autour des stations de ski.

Un précédent local

En avril 2020, un arrêté préfectoral des Hautes-Pyrénées avait déjà réglementé les hébergements touristiques à Luz-Saint-Sauveur, interdisant les nouvelles ouvertures pendant la crise sanitaire pour protéger les logements permanents. Ce précédent montre que l’outil préfectoral existe. La question est de savoir si la commune entend désormais agir par ses propres délibérations.

Par ailleurs, l’encadrement expérimental des loyers dans une soixantaine de communes françaises arrive à expiration en novembre 2026, selon la Ligue des droits de l’Homme, qui appelle à sa prolongation. Ce calendrier donne une forme d’urgence aux démarches locales comme celle engagée à Luz-Saint-Sauveur.

Prochaine étape : une délibération municipale pourrait être envisagée d’ici la fin 2026 pour adapter les quotas de locations saisonnières à l’échelle communale. La mairie n’a pas encore détaillé publiquement sa position sur la pétition en cours.

Sources

Claire Castagné

Claire Castagné

Installée à Tarbes, elle couvre l'aéronautique militaire, les tensions sur l'emploi, l'agriculture et le tourisme pyrénéen. Issue de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en radio. Méthode : interroger les ouvriers, les syndicats, les élus, croiser les carnets de commandes d'Airbus Helicopters avant de conclure.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie