Lyon : le conseil municipal vote à l’unanimité un vœu pour une loi intégrale contre les violences sexistes
Les élus lyonnais de tous bords ont adopté lundi 29 juin un texte demandant au gouvernement l'adoption rapide d'une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.
Le conseil municipal de Lyon a voté à l'unanimité un vœu transpartisan appelant à une loi intégrale contre les violences sexistes. Le texte, présenté par la majorité, a reçu le soutien de l'opposition. Il intervient dans un contexte marqué par l'affaire Abreu et la mort de la jeune Lyhanna.
L’essentiel
- Vote unanime : Le conseil municipal de Lyon a adopté à l’unanimité un vœu le 29 juin 2026.
- Demande de loi : Le texte demande l’inscription dès juillet de la proposition de loi intégrale (140 mesures, 166 parlementaires).
- Contexte local : Ce vote fait suite à l’affaire Abreu et à la mort de la jeune Lyhanna, qui ont marqué les débats.
- Prochaine étape : Une commission générale sur les violences sexistes et sexuelles sera organisée en septembre.
Un vote transpartisan inédit
Lundi 29 juin, le conseil municipal de Lyon a adopté à l’unanimité un vœu présenté par les groupes de la majorité municipale. Les élus de gauche comme de droite ont voté pour, ce qui constitue un fait rare dans une assemblée souvent divisée. Le texte, relayé par Le Progrès, appelle à « l’adoption rapide d’une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles ».
Le maire écologiste Grégory Doucet a salué ce consensus. Selon lui, « cette unité montre que la lutte contre les violences sexistes dépasse les clivages politiques ». L’opposition de droite, par la voix de son chef de file, a confirmé son soutien, estimant que « le temps de l’action ne peut plus attendre ».
Le contenu du vœu
Le vœu demande au Gouvernement et au Parlement d’inscrire sans délai l’examen de la proposition de loi intégrale dès la session extraordinaire de juillet. Cette proposition, signée par 166 parlementaires de huit groupes différents, prévoit 140 mesures concrètes. Elle est portée par une coalition féministe nationale et un groupe transpartisan de députés, comme l’a rappelé la Ville de Lyon dans son communiqué.
Le texte lyonnais ne se limite pas à une déclaration symbolique : il engage la municipalité à soutenir activement cette démarche auprès des élus du département et de la région.
Un contexte local marqué par des drames
Ce vote intervient dans un climat local tendu. L’affaire Abreu - une plainte pour viol visant un proche de Jean-Michel Aulas - et la mort de la jeune Lyhanna, survenue récemment dans l’agglomération lyonnaise, ont ravivé les débats sur les violences sexistes et sexuelles. Le Progrès souligne que ces événements ont directement influencé la décision des élus lyonnais.
Par ailleurs, la Ville de Lyon avait déjà mis en place en 2022 un dispositif de signalement interne contre le harcèlement et le sexisme dans ses services, comme le rapporte Lyon Capitale. Ce dispositif fait désormais référence pour d’autres collectivités.
Dans un autre registre, une affaire de violences conjugales a récemment défrayé la chronique en région parisienne : une femme a chuté du 4e étage à Cachan, son conjoint placé en garde à vue.
La réponse municipale : une commission générale en septembre
Le maire Grégory Doucet a également annoncé, lors du conseil municipal, la tenue d’une commission générale sur les violences sexistes et sexuelles en septembre prochain. Celle-ci réunira associations, professionnels de santé et élus autour d’un « pacte municipal transpartisan ». L’objectif : élaborer des actions concrètes à l’échelle de la ville, en complément de la loi nationale demandée.
Contexte dans le Rhône
Le département du Rhône, et plus particulièrement la métropole de Lyon, est confronté à une recrudescence des signalements de violences sexistes et sexuelles. Selon les données de la préfecture, les dépôts de plainte ont augmenté de 8 % en 2025 par rapport à l’année précédente La ville de Lyon, première commune du département par sa population (523 000 habitants), joue un rôle moteur dans la prise de conscience locale. Plusieurs communes de la banlieue lyonnaise, comme Villeurbanne et Vénissieux, ont déjà adopté des dispositifs similaires de signalement. Ce vote unanime renforce la position de Lyon comme territoire pionnier dans la lutte contre ces violences.
Prochaine étape : la commission générale de septembre, qui devra produire des propositions concrètes avant la fin de l’année. D’ici là, la ville attend une réponse de l’État sur l’inscription de la proposition de loi à l’ordre du jour parlementaire.
Article écrit par Margaux Bernard, correspondante info.fr dans le Rhône.
Sources
- Le Progrès : Conseil municipal : les élus de gauche comme de droite votent ensemble un vœu pour demander l'adoption rapide par la France d'une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles
- Tribune de Lyon : Violences sexuelles : après l'affaire Abreu, le conseil municipal de Lyon vote un vœu transpartisan