Lyon : la Métropole rouvre la rue Grenette aux voitures, Doucet demande un référendum
La présidente LR Véronique Sarselli annonce le retour des voitures rue Grenette dès septembre 2026 et un assouplissement de la ZTL de la Presqu'île. Le maire écologiste Grégory Doucet s'y oppose et réclame l'organisation d'un référendum.
La Métropole de Lyon officialise la réouverture de la rue Grenette à la circulation automobile pour septembre 2026. Un assouplissement de la zone à trafic limité de la Presqu'île est également prévu. Le maire Grégory Doucet conteste et demande un référendum.
L’essentiel
- Réouverture : La rue Grenette (2e arrondissement) sera accessible aux voitures à partir de septembre 2026, annonce la Métropole de Lyon le 2 juillet.
- Assouplissement ZTL : La zone à trafic limité de la Presqu’île sera restreinte aux nuits en semaine (19h-5h) et du vendredi 15h au lundi 5h.
- Référendum réclamé : Le maire Grégory Doucet dénonce une décision « inacceptable » et propose de consulter les habitants.
La nouvelle présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli (LR), a dévoilé jeudi 2 juillet 2026 le bilan de ses 100 premiers jours de mandat. Parmi les mesures phares : le retour de la circulation automobile dans la rue Grenette, en plein cœur du 2e arrondissement, à compter de septembre prochain. Cette décision marque un revirement significatif par rapport à la politique de piétonnisation menée par la précédente majorité écologiste.
Ce que prévoit la Métropole
Selon le dossier de presse officiel de la Métropole, la rue Grenette, fermée aux voitures depuis plusieurs années, rouvrira à la circulation dès la rentrée. Parallèlement, la zone à trafic limité (ZTL) instaurée en juin 2025 sur la Presqu’île sera profondément assouplie. Les restrictions ne s’appliqueront plus que la nuit en semaine, de 19 heures à 5 heures du matin, ainsi que du vendredi 15 heures au lundi 5 heures. En dehors de ces créneaux, les véhicules pourront à nouveau circuler librement dans ce secteur très fréquenté.
Ces annonces s’inscrivent dans le bilan des 100 premiers jours de Véronique Sarselli, élue en mars 2026. La présidente, qui critique la « piétonnisation punitive » de l’ère Bruno Bernard, entend « concilier attractivité commerciale et mobilité apaisée ». La Métropole justifie ces assouplissements par la nécessité de redynamiser le commerce de centre-ville et de faciliter l’accès aux habitants et aux livreurs.
La réaction de Grégory Doucet
Le maire de Lyon, Grégory Doucet (EELV), a immédiatement réagi, dénonçant une « décision inacceptable » prise sans concertation. Dans un courrier officiel adressé à Véronique Sarselli, il demande l’organisation d’un référendum local pour que les Lyonnais puissent se prononcer sur le devenir de la ZTL et de la rue Grenette. « Rien ne va dans cette réouverture », a-t-il déclaré sur le réseau X, relayé par @lyoncap.
Le maire propose également la mise en place d’un comité de suivi associant élus, associations et commerçants. Il estime que les mesures prises par la Métropole vont à l’encontre des objectifs de réduction de la pollution et de transition écologique. « Cette décision est un recul brutal par rapport à l’ambition que nous portions », ajoute-t-il.
Les associations montent au créneau
Plusieurs associations de défense des mobilités actives, comme La Ville à Vélo et Les Droits du Piéton, s’alarment des conséquences de cette décision. Elles redoutent une augmentation de la pollution, du bruit et de l’insécurité pour les cyclistes et les piétons. « La priorité donnée à la voiture va réduire à néant les progrès accomplis », dénoncent-elles dans un communiqué commun. Le débat sur la place de l’automobile en centre-ville s’annonce vif dans les semaines à venir.
Contexte dans le Rhône
Cette annonce intervient dans un département où les enjeux de mobilité sont particulièrement aigus. Lyon, deuxième aire urbaine de France, concentre les tensions entre attractivité économique et qualité de vie. La précédente majorité écologiste à la Métropole avait fait de la piétonnisation de la Presqu’île un symbole de sa politique. L’arrivée de Véronique Sarselli à la tête de la Métropole en mars 2026 change la donne : elle inscrit son action dans une logique de « pragmatisme » et de retour à une circulation plus fluide, tout en maintenant une partie des restrictions horaires.
Le maire de Lyon, lui, reste sur une ligne écologiste, comme le montre sa demande de référendum. Le conflit entre la mairie et la Métropole, déjà présent sous les mandats précédents, s’exacerbe sur ce dossier emblématique. Alors que la rue Grenette doit rouvrir dans deux mois, la consultation des habitants que réclame Grégory Doucet n’a pas encore été organisée. La Métropole, de son côté, n’a pas commenté cette proposition pour l’instant.