Macky Sall attendu ce vendredi à Dakar pour sa candidature à l’ONU
L'ancien président sénégalais effectue son premier retour au pays depuis 2024 pour solliciter le soutien officiel de Dakar à sa campagne pour succéder à António Guterres
Macky Sall, qui a quitté le pouvoir il y a deux ans, rencontre ce 17 juillet le président Bassirou Diomaye Faye dans le cadre de sa campagne internationale pour le secrétariat général des Nations Unies. Une visite de trois heures qui ravive les tensions politiques internes.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Macky Sall effectue ce 17 juillet 2026 une visite de trois heures à Dakar, la première depuis sa sortie du pouvoir en 2024
- La rencontre avec le président Bassirou Diomaye Faye vise à obtenir le soutien officiel du Sénégal à sa candidature au poste de secrétaire général de l'ONU
- Une vingtaine d'États africains, dont le Sénégal, s'étaient opposés à sa candidature fin mars 2026
- Des collectifs de victimes de violences politiques de 2021-2024 ont manifesté leur opposition à cette visite
- Le mandat d'António Guterres s'achève fin 2026
L’ancien président sénégalais Macky Sall effectue ce vendredi 17 juillet une visite éclair à Dakar, sa première au pays depuis la passation de pouvoir en 2024. Annoncée dans un communiqué du 14 juillet, cette rencontre avec le président Bassirou Diomaye Faye est programmée de 15h à 18h et porte exclusivement sur sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU.
Une candidature portée par le Burundi, pas par Dakar
La candidature de Macky Sall a été officiellement déposée par le Burundi au nom de la présidence de l’Union africaine, et non par le Sénégal, selon TV5MONDE. Fin mars 2026, une vingtaine d’États membres de l’Union africaine, incluant le Sénégal, s’étaient opposés à cette candidature. L’ancien chef d’État a défendu sa vision pour l’ONU devant l’Assemblée générale le 22 avril à New York, selon Africa24 TV.
Le mandat de l’actuel secrétaire général, António Guterres, s’achève à la fin de l’année 2026, selon Jeune Afrique. La visite de ce vendredi vise à solliciter le soutien officiel du Sénégal, un appui qui pourrait peser dans la compétition internationale, rapporte Afrik.
Tensions politiques et oppositions internes
Le retour de Macky Sall ravive les fractures politiques. Des collectifs de victimes de violences politiques survenues entre 2021 et 2024 ont manifesté leur opposition à cette visite et à sa candidature, selon Pressafrik. Le député Guy Marius Sagna a qualifié la démarche de « mépris », comme le rapporte un tweet du média Wadr Français.
Les familles de victimes ont exprimé leur colère à l’annonce de la rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall, selon un compte spécialisé sur l’actualité franco-africaine.
De son côté, l’Alliance pour la République (APR), parti fondé par Macky Sall, a promis de faire face à toute action visant à perturber la visite, selon le média sénégalais Senego.
Contexte au Sénégal
Le Sénégal, pays d’environ 18 millions d’habitants, a connu une transition politique majeure en 2024 avec l’élection de Bassirou Diomaye Faye, qui a succédé à Macky Sall après douze ans de mandat. L’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, figure de l’opposition durant l’ère Sall, occupe désormais le poste de président de l’Assemblée nationale, une configuration qui alimente les tensions autour de ce retour.
La question du positionnement de Dakar sur la candidature de son ancien président à l’ONU illustre les équilibres diplomatiques délicats que doit gérer le nouveau pouvoir, entre solidarité africaine et bilan contesté de la décennie Sall sur le plan des libertés publiques.
Une visite purement institutionnelle
L’entourage de Macky Sall insiste sur le caractère strictement institutionnel du déplacement. La brièveté du séjour - trois heures seulement - confirme cette ligne : pas de bain de foule, pas de rencontre avec la base militante de l’APR, uniquement l’audience avec le chef de l’État en exercice.
Cette discrétion contraste avec les mobilisations qui ont accompagné l’annonce de la visite. Le dossier de candidature à l’ONU, porté au niveau continental, requiert toutefois un minimum de consensus national, d’où la nécessité de cette étape dakaroise dans la campagne internationale de l’ancien président.
La suite de la campagne se jouera dans les capitales africaines et au siège new-yorkais des Nations Unies, où le vote pour le prochain secrétaire général aura lieu dans les prochains mois. Le positionnement final du Sénégal, attendu après cette rencontre, sera scruté par les observateurs diplomatiques du continent.
