Mahrez, le discours qui a changé la donne avant le nul polémique Algérie-Autriche
Avant le match nul 3-3 qui a qualifié l'Algérie pour les seizièmes, le capitaine Riyad Mahrez a galvanisé ses coéquipiers dans le vestiaire. Un discours suivi d'un doublé et d'une polémique.
À Kansas City, le 27 juin, Riyad Mahrez a porté l'Algérie contre l'Autriche (3-3). Avant la rencontre, il a tenu un discours motivant. Sur le terrain, un doublé et un record de passes. Mais la fin du match a ravivé le spectre de Gijón.
L’essentiel
- Doublé décisif : Riyad Mahrez a inscrit ses deux premiers buts en Coupe du monde (60e et 93e minutes) lors du match nul 3-3 contre l’Autriche le 27 juin 2026 à Kansas City.
- Record de passes : Le but du 3-2 a été précédé d’une séquence historique de 109 passes consécutives, un nouveau record en Coupe du monde.
- Qualification polémique : Le score de 3-3 qualifie Algérie et Autriche mais élimine l’Iran, provoquant des accusations de collusion rappelant le scandale de Gijón en 1982.
- Prochain adversaire : L’Algérie affrontera la Suisse en seizièmes de finale à Vancouver.
Le discours du capitaine
Ce moment de cohésion a posé les fondations d’une performance individuelle XXL. Mahrez, ailier droit d’Al-Ahli et héros de la génération 2019 (CAN), a ensuite transformé les mots en actes.
Un doublé pour l’histoire
Sur la pelouse américaine, Riyad Mahrez a inscrit ses deux premiers buts en Coupe du monde. À la 60e minute, il égalise d’une frappe enroulée. Puis, à la 93e, il crucifie l’Autriche sur un service ciselé après une séquence de 109 passes consécutives - un nouveau record dans l’histoire du Mondial, selon La Gazette du Fennec. Le ballon semble collé au pied algérien. Ce but du 3-2 a failli offrir la qualification directe, mais les Autrichiens ont égalisé dans le temps additionnel (3-3 score final). Mahrez, élu homme du match, a porté son équipe sur ses épaules. Une performance XXL qui n’a pourtant pas suffi à éviter une polémique.
La « honte de Kansas City »
Le scénario du match a rapidement suscité des accusations de match arrangé. En fin de rencontre, le rythme est tombé de façon spectaculaire, les deux équipes semblant se contenter du point du nul qui qualifiait les deux nations aux dépens de l’Iran. La presse internationale, notamment le quotidien suisse Blick, a baptisé ce match « la honte de Kansas City », référence directe au scandale de Gijón en 1982 (Allemagne-Autriche). En conférence de presse, Riyad Mahrez n’a pas esquivé : « C’est un peu gênant de pousser ce ballon au fond quand tu sais que le nul suffit, mais je devais le faire par respect pour le football. »
Cette polémique n’est pas sans rappeler les orages et polémiques qui ont gâché la remise du Brennus à Toulouse. Le football algérien, lui, retient sa qualification. Mais l’image reste ternie.
Contexte dans les Hauts-de-Seine
Riyad Mahrez est né le 21 février 1991 à Clichy, dans les Hauts-de-Seine. Formé à l’AAS Sarcelles, il a connu Quimper et Le Havre avant l’explosion à Leicester puis Manchester City. Aujourd’hui à Al-Ahli, il reste le porte-drapeau d’une diaspora algérienne nombreuse en France. Le département des Hauts-de-Seine compte l’une des plus fortes communautés franco-algériennes de l’Hexagone. Chaque match des Fennecs est suivi avec passion dans les bars de Clichy, d’Asnières ou de Colombes. Mahrez, lui, n’a jamais oublié ses racines franciliennes, lui qui a porté les couleurs de l’équipe de France espoirs avant de choisir l’Algérie.
Cap sur la Suisse
Grâce à ce match nul, l’Algérie termine parmi les meilleurs troisièmes du groupe J et affrontera la Suisse en seizièmes de finale à Vancouver. Le sélectionneur Vladimir Petković a titularisé Oussama Benbot dans les buts, reléguant Luca Zidane sur le banc. Un choix fort qui a payé. Dans cette Coupe du monde où le Canada a créé la surprise en éliminant l’Afrique du Sud, les Fennecs rêvent d’un parcours à la 2014 - quart de finale. Mahrez, 35 ans, sait que c’est probablement sa dernière danse. Son discours dans le vestiaire de Kansas City pourrait être le point de départ d’une épopée. Prochaine étape : Vancouver, face à la Nati. Le capitaine algérien a déjà prouvé qu’il savait porter son équipe.
Rendez-vous le 3 juillet pour un match qui s’annonce électrique.