Maine-et-Loire : L214 porte plainte pour sévices sur des dindes élevées pour Carrefour

L'association a déposé plainte le 19 mai 2026 auprès du procureur d'Angers après des images tournées dans un élevage intensif de Sèvremoine.

Maine-et-Loire : L214 porte plainte pour sévices sur des dindes élevées pour Carrefour
Illustration Caroline Fournier / info.fr

L214 a porté plainte le 19 mai 2026 auprès du procureur du tribunal judiciaire d'Angers pour sévices graves et abattage illicite sur des dindes et dindons élevés à Tillières, commune déléguée de Sèvremoine. La viande est vendue sous la marque Simpl de Carrefour. Carrefour et le groupement d'éleveurs contestent.

L214 a porté plainte le 19 mai 2026 auprès du procureur du tribunal judiciaire d’Angers pour sévices graves, mauvais traitements et abattage illicite sur des dindes et dindons élevés à Tillières, commune déléguée de Sèvremoine, dans le Maine-et-Loire. La plainte vise l’EARL du Bas Boulay, le groupe coopératif Terrena et Carrefour. Les images à l’origine de la procédure ont été filmées fin avril 2026 par un lanceur d’alerte et publiées par L214 le 20 mai.

L’essentiel

  • Plainte déposée le 19 mai 2026 : L214 a saisi le procureur Éric Bouillard au tribunal judiciaire d’Angers pour sévices graves, mauvais traitements et abattage illicite.
  • Mis en cause : l’EARL du Bas Boulay à Tillières (Sèvremoine), Terrena et Carrefour.
  • 126 jours sans nettoyage : selon L214, les animaux sont confinés dans leurs déjections depuis le début de l’élevage jusqu’à l’abattage.
  • Plus d’un million de volailles par an : L214 accuse Carrefour de commercialiser chaque année ce volume sous la marque Simpl.
  • Deuxième enquête en quatre mois : une procédure similaire visait déjà un élevage de lapins dans les Mauges ciblant Carrefour.

Ce que montrent les images

Selon L214, les dindes et dindons sont enfermés 126 jours consécutifs dans leurs déjections, sans nettoyage des bâtiments. Les vidéos montrent des animaux blessés, déplumés, haletants, avec des cadavres au sol. Le bec est coupé sans anesthésie. Lors du ramassage, des cages non conformes sont utilisées. Deux dindes ont été égorgées sur place, hors cadre réglementaire, selon l’association.

La viande de ces élevages est vendue sous la marque Simpl de Carrefour. L214 chiffre à plus d’un million le nombre de dindes et dindons commercialisés chaque année par l’enseigne dans ces conditions.

La plainte et ses cibles

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L214 a visé trois acteurs dans sa plainte : l’EARL du Bas Boulay, exploitant l’élevage à Tillières ; Terrena, coopérative agricole dont dépend la filière volaille via sa filiale Galliance ; et Carrefour, en tant que donneur d’ordre commercial. Le procureur du tribunal judiciaire d’Angers, Éric Bouillard, est destinataire de la plainte.

L’association demande par ailleurs à Carrefour de signer le Plant Protein Pact, un engagement à réduire de moitié le nombre d’animaux abattus d’ici 2030, à cesser la promotion des produits issus d’élevages intensifs et à développer des alternatives végétales. Selon le Maine-et-Loire, département à forte tradition agricole, ce type d’affaire met en tension filière agroalimentaire et attentes sociétales.

Carrefour se dédouane, les éleveurs contre-attaquent

Interrogé par Ouest-France, Carrefour a renvoyé la responsabilité sur son fournisseur Galliance, filiale de Terrena. L’enseigne n’a pas commenté directement les images.

De son côté, le groupement Val’iance, qui regroupe des producteurs de dindes de Sèvremoine liés à Terrena, a réagi en dénonçant des « images volontairement tronquées » qui ne reflèteraient pas, selon lui, le travail quotidien de l’éleveur. La coopérative Terrena n’a pas fait de déclaration publique distincte à ce stade.

Contexte dans le Maine-et-Loire

Ce n’est pas la première fois que L214 cible des élevages du Maine-et-Loire en lien avec Carrefour. Il y a quatre mois, une enquête similaire concernait un élevage de lapins dans les Mauges, dans le même département. Les deux affaires visent la même enseigne et le même territoire.

Sèvremoine est une commune nouvelle créée en 2016 dans le sud du Maine-et-Loire, issue de la fusion de plusieurs communes rurales dont Tillières. La filière volaille y est significative, structurée autour du réseau Terrena. L214 souligne, en s’appuyant sur un baromètre 2026, que 8 Français sur 10 rejettent l’élevage intensif. Pour le département, les tensions autour du bien-être animal dans les filières d’élevage ne sont pas nouvelles. D’autres territoires ruraux font face à des contestations similaires sur les pratiques d’élevage intensif.

L’affaire illustre plus largement la pression croissante que des associations comme L214 exercent sur les enseignes de grande distribution, en documentant les maillons amont de leur approvisionnement. Angers, siège du tribunal judiciaire saisi, est la préfecture du Maine-et-Loire et le principal pôle judiciaire du département.

Prochaine étape

La suite dépend du parquet d’Angers, qui doit décider des suites à donner à la plainte : classement, enquête préliminaire ou ouverture d’une information judiciaire. Aucune date d’audience n’a été communiquée à ce stade.

Sources

Caroline Fournier

Caroline Fournier

Caroline est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Maine-et-Loire (49), avec Angers pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale française du végétal spécialisé (semences) et château d'Angers. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Pays de la Loire.

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