Maldini menace de claquer la porte de la FIGC après 16 jours
Le directeur technique bloque sur la nomination d'Andrea Pirlo
Paolo Maldini menace déjà de démissionner de la FIGC, 16 jours après sa prise de fonction. La fédération bloque son candidat unique pour le banc de la Squadra Azzurra.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Crédibilité institutionnelle de la FIGC
Une démission de Maldini après 16 jours détruirait la crédibilité de la fédération qui vient de manquer trois Coupes du monde consécutives.
Autonomie promise, autonomie retirée
Maldini avait accepté le poste sous condition d'autonomie totale sur le choix du sélectionneur. Cette promesse n'a pas tenu deux semaines.
Pression politique et conflit d'intérêts
Des politiciens italiens bloquent Pirlo à cause de ses liens avec la Russie, et la presse pointe les fils de Maldini et Pirlo dans le milieu des agents.
Reconstruction de la Squadra compromise
Le projet sur 8-10 ans pour sortir l'Italie de la crise explose avant même de démarrer, sapant toute stratégie à long terme.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Paolo Maldini menace de démissionner 16 jours après sa nomination comme directeur technique de la FIGC
- La fédération bloque la nomination d'Andrea Pirlo, candidat unique de Maldini pour le poste de sélectionneur
- L'Italie a manqué trois Coupes du monde consécutives (2018, 2022, 2026), un désastre historique
- Maldini avait obtenu une promesse d'autonomie totale de Giovanni Malagò, président de la FIGC
- Précédent Milan Maldini a déjà quitté l'AC Milan en 2023 après des tensions avec le propriétaire RedBird
Le bureau du directeur technique de la FIGC, à Rome. Maldini vient d’y entrer il y a 16 jours. Il pourrait en ressortir cette semaine. Définitivement.
Paolo Maldini - nommé directeur technique de la Fédération italienne de football à mi-juillet 2026 - menace de démissionner. La raison: Giovanni Malagò - bloque la nomination d’Andrea Pirlo comme sélectionneur national. Pourtant, Maldini avait un contrat de 4 ans et une promesse d’autonomie totale sur le choix de l’entraîneur. Cette promesse n’a pas tenu deux semaines.
Autonomie contractuelle ou promesse en l’air?
Le contrat de 4 ans signé par Maldini à mi-juillet prévoyait-il noir sur blanc son autonomie sur le choix du sélectionneur? Ou s’agissait-il d’un engagement oral de Malagò - sans valeur juridique contraignante? La question n’est pas anodine. Si l’autonomie figurait au contrat, la FIGC viole ses propres engagements et Maldini dispose de recours légaux. Si elle n’y figurait pas, la fédération a simplement vendu du vent, et Maldini l’a cru.
Dans les deux cas, le résultat est le même: une promesse d’autonomie totale sabotée en moins de 16 jours. Une gouvernance qui dit une chose et fait l’inverse.
L’impasse Pirlo
Andrea Pirlo était le candidat unique de Maldini et de son conseiller Leonardo pour succéder à Gennaro Gattuso. Pep Guardiola avait déjà refusé le poste. L’accord verbal avec Pirlo était bouclé: contrat jusqu’à la Coupe du monde 2030 - salaire de 1,5 million d’euros par an. Un projet à long terme, sur 8 à 10 ans - pour reconstruire une Squadra qui a manqué trois Coupes du monde consécutives: 2018, 2022 et 2026.
Mais la direction de la FIGC bloque. Des politiciens italiens ont fait pression pour écarter Pirlo. Il Corriere della Sera a aussi pointé un potentiel conflit d’intérêts.
Une reconstruction sabotée avant le coup d’envoi
L’Italie vient de manquer trois phases finales mondiales d’affilée. Un désastre historique pour une nation quadruple championne du monde. La FIGC a embauché Maldini précisément pour sortir de cette ornière, avec un projet étalé sur 8 à 10 ans. Mais en bloquant Pirlo deux semaines après l’arrivée de Maldini, la fédération sabote son propre plan avant même qu’il démarre.
Concrètement: qui voudra encore du poste de sélectionneur si le directeur technique, censé garantir la continuité tactique et le recrutement, part après 16 jours? Quel entraîneur acceptera de construire sur 8 à 10 ans si la fédération change de cap tous les quinze jours? Comment rebâtir une culture gagnante dans ce chaos institutionnel? Maldini avait un plan: rajeunir le groupe, stabiliser le projet, redonner une identité à la Squadra. Ce plan ne peut fonctionner que dans la durée. La FIGC vient de tuer cette durée dans l’œuf.
Le paradoxe: si Maldini part maintenant, la FIGC aura brûlé en 16 jours la crédibilité qu’elle cherchait à reconstruire. Et quel joueur croira encore au projet si les dirigeants eux-mêmes ne tiennent pas leurs engagements?
Le précédent Milan
Ce n’est pas la première fois que Maldini claque la porte. En juin 2023 - il quittait l’AC Milan après cinq ans comme dirigeant (2018-2023). Il avait navigué entre deux propriétaires: Elliott Management - puis RedBird. Il avait ramené le Scudetto en 2022 - mais les tensions avec Gerry Cardinale - propriétaire de RedBird, étaient constantes. Finalement, Cardinale l’a écarté.
Maldini ne fait pas de compromis. Quand un projet lui semble incohérent, il part. C’est ce qu’il a fait au Milan. C’est ce qu’il s’apprête à faire à la FIGC si Pirlo ne passe pas.
La fédération au pied du mur
Giovanni Malagò doit trancher cette semaine. Soit il laisse passer Pirlo et sauve Maldini. Soit il maintient son veto et perd son directeur technique après 16 jours. Dans les deux cas, la FIGC sort abîmée de cette séquence. Une fédération qui promet l’autonomie puis la retire, c’est une fédération qui avoue qu’elle ne maîtrise rien.
Maldini attend. Le ballon est dans le camp de la FIGC. S’il part, ce sera la deuxième fois en trois ans qu’une institution italienne majeure le pousse vers la sortie. Pas sûr que la fédération survive à cette image.