Manche : 7 interdictions de paraître sur points de deal prononcées par le préfet
Un an après la loi anti-narcotrafic, le préfet de la Manche active ses nouveaux pouvoirs administratifs dans plusieurs communes du département.
Le 13 juin 2026, le préfet de la Manche a prononcé 7 interdictions administratives de paraître sur des points de deal, en application de la loi du 13 juin 2025 sur le narcotrafic. La mesure s'accompagne de 607 amendes forfaitaires délictuelles délivrées depuis janvier 2026 dans le département.
L’essentiel
- 7 interdictions : prononcées le 13 juin 2026 par le préfet de la Manche contre des personnes suspectées de participer à des trafics de stupéfiants sur des points de deal identifiés.
- 607 AFD : amendes forfaitaires délictuelles délivrées depuis le 1er janvier 2026 dans la Manche contre des consommateurs de stupéfiants.
- Loi du 13 juin 2025 : publiée au Journal officiel le 14 juin 2025, elle permet aux préfets de prononcer ces interdictions administratives pour une durée maximale d’un mois.
- Communes concernées par les contrôles : Cherbourg, Granville, Saint-Lô, Coutances, Barfleur, Lessay, gare maritime de Barneville et aires de repos de l’A84.
Une mesure activée pour la première fois dans la Manche
Le 13 juin 2026, soit exactement un an après la promulgation de la loi n° 2025-532, le préfet de la Manche a utilisé pour la première fois ce nouvel outil administratif. Sept interdictions de paraître sur des « points de deal » ont été prononcées, selon le communiqué officiel de la préfecture publié sur X.
L’interdiction administrative de paraître est une mesure préfectorale d’une durée maximale d’un mois. Elle est notifiée par les forces de sécurité intérieure aux personnes suspectées de participer au trafic de stupéfiants dans un périmètre délimité. Elle ne nécessite pas de condamnation judiciaire préalable : c’est une décision administrative, distincte de la procédure pénale.
Ce que prévoit la loi du 13 juin 2025
Adoptée à l’unanimité par le Sénat et définitivement par l’Assemblée nationale le 29 avril 2025, la loi visant à « sortir la France du piège du narcotrafic » fait suite aux travaux d’une commission d’enquête sénatoriale. Elle a été publiée au Journal officiel le 14 juin 2025, selon Légifrance.
Le texte crée plusieurs instruments nouveaux : interdiction administrative de paraître sur les points de deal, fermetures administratives d’établissements, expulsions locatives liées au narcotrafic. L’objectif affiché est de donner aux préfets des leviers d’action rapides, sans attendre l’issue d’une procédure judiciaire.
Sur le fond, cette loi s’inscrit dans un mouvement plus large de réponse institutionnelle à la montée des trafics. Des dispositifs similaires existent dans d’autres territoires, via des financements régionaux dédiés à la sécurité.
Des contrôles menés dans plusieurs communes manchoises
Parallèlement aux interdictions de paraître, des opérations de contrôle ont été conduites récemment par les forces de l’ordre dans plusieurs secteurs du département, selon la préfecture. Les interventions ont visé des établissements scolaires, des quartiers de Cherbourg, Granville, Saint-Lô, Coutances, Barfleur et Lessay, ainsi que la gare maritime de Barneville et les aires de repos de l’autoroute A84.
Depuis le 1er janvier 2026, 607 amendes forfaitaires délictuelles ont été délivrées dans la Manche à des consommateurs de stupéfiants, toujours selon la préfecture. Cette procédure, simplifiée par rapport à une convocation en justice, permet une réponse immédiate sur la voie publique.
Contexte dans la Manche
Le département de la Manche, 500 000 habitants environ, n’échappe pas à la progression du trafic de stupéfiants constatée à l’échelle nationale. Des affaires judiciaires récentes en témoignent : le tribunal de Coutances a prononcé des peines de prison ferme en mai 2026 dans des affaires liées au trafic, et Ouest-France a rapporté la condamnation de deux hommes dont le réseau s’étendait de Saint-Lô à Caen. La Manche Libre a également couvert des affaires de petite main sous contrainte à Saint-Lô.
Le recours aux amendes forfaitaires délictuelles, comme dans d’autres villes françaises confrontées aux infractions de voie publique, s’est généralisé dans le département depuis 2026. Les 607 AFD en cinq mois et demi représentent un rythme soutenu.
Un bilan national coordonné pour le premier anniversaire
La communication de la préfecture de la Manche s’inscrit dans un mouvement national. Le week-end des 13 et 14 juin 2026, d’autres préfectures ont simultanément publié leurs chiffres d’interdictions de paraître prononcées depuis l’entrée en vigueur de la loi : 10 dans le Maine-et-Loire, 14 dans la Sarthe, 67 dans le Tarn, selon les comptes officiels des préfets concernés sur X.
Ces publications coordonnées marquent le premier anniversaire de la loi et visent à en rendre compte publiquement. Elles donnent un premier aperçu de l’utilisation de cet outil par les préfets sur le territoire national, avec des écarts notables selon les départements - les raisons de ces disparités n’ont pas été précisées à ce stade par le ministère de l’Intérieur.
Prochaines étapes
Les sept interdictions prononcées dans la Manche sont valables pour une durée maximale d’un mois. Le préfet n’a pas communiqué sur d’éventuelles mesures complémentaires - fermetures administratives ou procédures d’expulsion - prévues dans les mêmes secteurs. La préfecture n’a pas détaillé les communes précises où les interdictions ont été prononcées.
Sources
- Préfecture de la Manche (@Prefecture50) : Communiqué de la préfecture de la Manche sur les interdictions de paraître
- Légifrance : Loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- Vie-publique.fr : Loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- Ouest-France : Leur trafic de drogue s'étendait de Saint-Lô à Caen : deux hommes condamnés à de la prison ferme
