Manosque et Digne-les-Bains : les pistes de l’ANAP contre 19 M€ de déficit
Le diagnostic de l'ANAP pointe des déficits cumulés de 19 millions d'euros et un fort taux de fuite des patients hors du département.
L'ANAP a restitué le 9 juillet un diagnostic sans détour sur les hôpitaux de Manosque et Digne-les-Bains. Déficits cumulés de 19 millions d'euros, activité en berne, patients qui partent se faire soigner ailleurs l'ARS PACA annonce un plan de redressement.
L’essentiel
- Diagnostic : l’ANAP a restitué le 9 juillet 2026 son rapport sur les hôpitaux de Manosque et Digne-les-Bains, selon l’ARS PACA
- Déficits : 10 millions d’euros à Digne-les-Bains et 9 millions à Manosque pour l’exercice 2025, soit environ 19 millions cumulés
- Fuite des patients : 64 % des actes de spécialités intermédiaires sont réalisés hors du département
- Aides d’État : 12,5 millions d’euros de trésorerie versés sur trois ans, plus 20 millions pour la psychiatrie
- Formation : le nombre d’internes accueillis dans le département a doublé en trois ans, de 23 fin 2022 à 46 fin 2025
L’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP) a présenté le 9 juillet 2026 son diagnostic territorial sur les centres hospitaliers de Manosque et de Digne-les-Bains. Le document, restitué par l’ARS PACA, décrit une situation financière et organisationnelle jugée préoccupante pour les deux établissements du département.
Un déficit qui approche les 20 millions d’euros
Selon l’ARS PACA, le centre hospitalier de Digne-les-Bains a enregistré un déficit de 10 millions d’euros pour l’exercice 2025. Celui de Manosque affiche 9 millions d’euros de déficit sur la même période. Cumulés, ces chiffres représentent environ 19 millions d’euros, soit près de 10 % du budget des deux structures.
Le rapport de l’ANAP relève par ailleurs que l’activité globale des deux hôpitaux reste inférieure au niveau observé avant la crise du Covid-19, plusieurs années après la pandémie.
Une fuite de patients hors du département
Autre point souligné par le diagnostic : le taux de fuite des patients hors des Alpes-de-Haute-Provence atteint 64 % pour les actes de spécialités intermédiaires, selon l’ARS PACA. Ces actes sont pourtant disponibles localement. Cette part de patients qui choisissent de se faire soigner ailleurs pèse directement sur l’activité, et donc sur les recettes, des deux établissements.
Les aides déjà engagées par l’État
Face à cette situation, l’État a déjà mobilisé 12,5 millions d’euros d’aides de trésorerie sur les trois dernières années pour garantir la solvabilité des deux hôpitaux, selon l’ARS PACA. Des subventions d’investissement ont également été validées : 20 millions d’euros pour la psychiatrie, 4 millions pour l’hôpital de Digne-les-Bains et 3,5 millions pour l’extension de celui de Manosque.
Pour structurer la réponse, l’ARS a installé un comité d’appui interdépartemental associant l’AP-HM à Marseille, ainsi que les hôpitaux d’Aix-en-Provence et de Gap. L’objectif affiché est de consolider l’accès aux soins de proximité dans le département.
Contexte dans les Alpes-de-Haute-Provence
Le département compte parmi les moins peuplés de la région PACA, avec un maillage hospitalier organisé autour de ces deux centres principaux, Manosque au sud et Digne-les-Bains, préfecture, plus au nord. Cette configuration géographique, marquée par des distances importantes entre les bassins de population, explique en partie la difficulté à retenir localement les patients pour des soins spécialisés. L’ARS PACA en fait un axe central de son plan de redressement, aux côtés des questions strictement budgétaires.
Des signaux sur la formation médicale
Le rapport de l’ANAP met aussi en avant des évolutions jugées encourageantes côté ressources humaines. Le nombre d’internes en médecine accueillis dans le département a doublé en trois ans, passant de 23 fin 2022 à 46 fin 2025, selon l’ARS PACA. La formation locale se renforce également avec l’ouverture, en septembre 2026, d’une première année de médecine au campus connecté de Digne-les-Bains.
L’ARS n’a pas communiqué à ce stade de calendrier détaillé pour la mise en œuvre des mesures issues du diagnostic de l’ANAP.