À Marseille, l’adjoint Ganozzi place la sécurité des quartiers populaires au cœur des droits de l’Homme
Nommé en avril 2026, le 16e adjoint au maire détaille ses priorités et vise en premier lieu les habitants des arrondissements nord.
Pierre-Marie Ganozzi, nommé adjoint délégué à la sécurité de Marseille en avril 2026, a dévoilé ses objectifs. Il ancre son action dans une lecture républicaine la sécurité est un droit fondamental, et ses premières bénéficiaires doivent être les populations des quartiers populaires.
Pierre-Marie Ganozzi, nommé 16e adjoint au maire de Marseille délégué à la sécurité et aux services de la police municipale en avril 2026, a pris la parole pour la première fois sur ses objectifs. Sa ligne : la sécurité n’est pas une option politique, c’est un droit inscrit dans les textes depuis plus de deux siècles. Et les premières concernées sont les populations des quartiers nord.
L’essentiel
- Nomination : Pierre-Marie Ganozzi est devenu 16e adjoint au maire de Marseille délégué à la sécurité en avril 2026, selon la mairie de Marseille.
- Déclaration : Il affirme que « la sécurité est inscrite dans les droits de l’Homme depuis 1789 » et que les premières victimes de l’insécurité sont les habitants des quartiers populaires.
- Territoires ciblés : Les arrondissements nord - 13e (95 852 hab.), 15e (79 398 hab.) - sont au cœur de ses priorités, selon l’INSEE.
- Bilan 2025 : La délinquance globale à Marseille a reculé de 6 % en août 2025, avec -63 % de violences en réunion et -69 % de violences avec armes, selon Vigilance 13.
- Prochaine étape : Un détail complet des objectifs est attendu au conseil municipal de mai 2026, selon La Provence.
« Un droit depuis 1789 » : le cadre posé par Ganozzi
La formule est tranchée. Interrogé par La Provence, Pierre-Marie Ganozzi a déclaré : « La sécurité est une priorité, car elle est inscrite dans les droits de l’Homme depuis 1789. » Une référence à l’article 2 de la Déclaration, qui place la sûreté parmi les droits naturels et imprescriptibles. Le compte Marseille Infos a relayé la citation sur X :
Ce positionnement vise à sortir la sécurité du seul registre répressif. Ganozzi insiste : les premières victimes de l’insécurité sont les habitants des quartiers populaires. Un constat que partagent de nombreux élus locaux, toutes tendances confondues, mais que la majorité municipale entend désormais incarner par des actes.
Les quartiers nord en ligne de mire
Les arrondissements ciblés sont connus : le 13e, le 15e, le 3e. Des territoires où se concentre une part importante des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Selon l’INSEE, Marseille concentre à elle seule la moitié de la population des quartiers prioritaires de Provence-Alpes-Côte d’Azur.
La réaction sur X illustre l’attente de certains habitants. Un compte local, @Malaguena50, a interpellé directement l’élu :
La mention des riverains de la Plaine - un secteur du centre-ville régulièrement cité pour ses tensions nocturnes - rappelle que les attentes ne se limitent pas aux seuls arrondissements nord. Des problèmes similaires, liés à l’insécurité quotidienne, sont signalés dans plusieurs quartiers de la ville.
Un profil forgé dans les écoles publiques
Avant ce portefeuille sécurité, Pierre-Marie Ganozzi gérait le plan écoles de la municipalité. Selon France 24 et Le Temps des ruptures, il a supervisé la rénovation de 27 établissements identifiés comme délabrés sur 188 recensés, avec 12 chantiers en cours et 70 contrats signés au moment de son changement de délégation.
Ce parcours est présenté par ses soutiens comme une preuve d’engagement pour l’égalité républicaine dans les quartiers populaires - avant même d’aborder la question sécuritaire. Son passage aux écoles l’a amené à travailler directement dans les 3e, 13e et 15e arrondissements, ceux qu’il cible aujourd’hui. Sur le même sujet des tensions dans les quartiers sensibles, l’affaire de Clichy-sous-Bois après une interpellation a illustré la semaine dernière la volatilité de ce type de contexte urbain en France.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Marseille compte 892 391 habitants au 1er janvier 2026, selon l’INSEE. C’est la deuxième ville de France, et de loin la première des Bouches-du-Rhône. La question sécuritaire y est structurelle : le département concentre certains des taux de délinquance les plus élevés du pays, avec des dynamiques propres aux grandes agglomérations méditerranéennes.
En 2025, des signaux positifs ont été enregistrés. Selon Vigilance 13, la délinquance globale a reculé de 6 % en août 2025 à Marseille. Les violences en réunion ont chuté de 63 %, les violences avec armes de 69 %. Ces chiffres, issus d’une seule source, doivent être lus avec précaution - ils portent sur un mois précis et ne couvrent pas l’ensemble de l’année. La mairie les a néanmoins mis en avant dans le cadre du bilan du mandat précédent, comme le rapporte France 24.
Dans le contexte des municipales 2026, la sécurité domine les débats. Selon France 3 Régions, tous les principaux candidats promettent un renforcement de la police municipale. La nomination de Ganozzi en avril s’inscrit clairement dans cette séquence électorale. Pour des questions de sécurité publique impliquant des procédures judiciaires complexes, l’affaire des six narcotrafiquants libérés à Pontoise sur vice de procédure illustre les défis que rencontrent les élus locaux au-delà de la seule action municipale.
Un programme encore à préciser
Ganozzi a « dévoilé ses objectifs », selon le titre de La Provence. Mais le détail opérationnel - effectifs supplémentaires, nouvelles caméras, dispositifs de médiation - n’a pas été communiqué à ce stade. Selon le même média, le conseil municipal de mai 2026 devrait être l’occasion de présenter un programme plus complet.
Les modalités concrètes de son action - budget, partenariats avec la préfecture et la police nationale, objectifs chiffrés - restent à préciser. La coordination entre niveaux de sécurité, nationale et locale, est une donnée que les élus municipaux ne maîtrisent qu’en partie.
Le conseil municipal de mai constituera le premier test public de sa feuille de route.
Sources
- La Provence : La sécurité est une priorité : à Marseille, l'adjoint Pierre-Marie Ganozzi dévoile ses objectifs
- Mairie de Marseille : Conseil municipal – Élus
- Vigilance 13 : Délinquance à Marseille 2025 : les quartiers qui inquiètent
- France 3 Régions : Sécurité, logement et écoles au cœur de la bataille des municipales 2026 à Marseille