Marseille : Amine Kessaci, adjoint au maire sous haute protection policière

L'élu, dont deux frères ont été assassinés par des narcotrafiquants, vit avec une dizaine d'agents dédiés à sa sécurité et dénonce une « guerre contre la démocratie ».

Marseille : Amine Kessaci, adjoint au maire sous haute protection policière
Illustration Alexandre Santini / info.fr
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Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille depuis mars 2026, vit sous protection policière permanente. Dans une interview diffusée le 22 juillet sur franceinfo, il affirme être « la personnalité la plus protégée après le président de la République » et qualifie le narcotrafic de « guerre contre la démocratie ». Un témoignage rare sur l'emprise des réseaux criminels face aux institutions.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille depuis mars 2026, vit sous protection policière permanente avec une dizaine d'agents dédiés.
  • Il affirme être « la personnalité la plus protégée après le président de la République » selon son témoignage sur franceinfo le 22 juillet 2026.
  • Ses deux frères, Brahim et Mehdi, ont été assassinés par des narcotrafiquants, le dernier le 13 novembre 2025.
  • Il qualifie le narcotrafic à Marseille de « guerre contre la démocratie » face aux menaces directes contre les élus.
  • La « DZ Mafia », réseau criminel, est accusée de multiplier les intimidations et tentatives d'exfiltration contre des représentants politiques.
5 faits vérifiés 3 sources mis à jour le 23 juillet à 10:33

Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille depuis mars 2026, vit sous une protection policière d’une intensité rare. Dans une interview diffusée le 22 juillet sur franceinfo et au journal de 20 heures de France Télévisions, l’élu a témoigné de sa situation : une dizaine d’agents dédiés à sa sécurité, voiture blindée, gilet pare-balles. « Je suis, dans ce pays, la personnalité la plus protégée après le président de la République, malheureusement », a-t-il déclaré.

Élu sur la liste de Benoît Payan en mars dernier, Kessaci était déjà une figure de la lutte contre le narcotrafic avant son élection. Son engagement s’est forgé dans le drame : ses deux frères, Brahim et Mehdi, ont été assassinés par des réseaux mafieux, Brahim en 2020 et Mehdi le 13 novembre 2025. Depuis fin 2025, il vit sous haute protection, un dispositif qui illustre l’ampleur des menaces pesant sur les élus locaux engagés contre les trafics.

« Guerre contre la démocratie »

Dans son témoignage, Amine Kessaci a haussé le ton. « Ils n’ont peur de rien, peur de personne, ils n’ont plus de craintes à s’en prendre à des élus de la République. Je pense qu’il faut qu’on qualifie cette situation de guerre contre la démocratie », a-t-il affirmé. L’adjoint au maire vise notamment la « DZ Mafia », un réseau criminel accusé de multiplier les intimidations directes contre des représentants politiques.

Cette montée en puissance des menaces contre les élus n’est pas anecdotique. Selon plusieurs sources, des tentatives d’exfiltration ont été évoquées, témoignant d’une agressivité inédite des groupes criminels face aux institutions. Le narcotrafic, longtemps cantonné aux quartiers nord de Marseille, s’attaque désormais directement aux leviers de l’État local.

Un dispositif de sécurité exceptionnel

La protection dont bénéficie Amine Kessaci mobilise une dizaine d’agents en permanence, selon Almouwatin.com. Ce niveau de sécurité, comparable à celui déployé pour des hauts responsables de l’État, reflète la gravité des menaces. Voiture blindée, gilet pare-balles, personnel du RAID : le quotidien de l’élu ressemble à celui d’une personnalité sous protection rapprochée maximale.

Cette situation interroge sur les moyens de l’État face à l’intimidation croissante des élus locaux. Si Kessaci affirme être le plus protégé après le président, d’autres édiles engagés contre les trafics vivent sous des dispositifs similaires, mais moins médiatisés. La question des moyens alloués à la sécurité des représentants de la République se pose avec une acuité nouvelle.

Contexte dans les Bouches-du-Rhône

Marseille concentre une part significative des règlements de comptes liés au narcotrafic en France. Les Bouches-du-Rhône, département le plus peuplé de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur avec moins d’un million d’habitants selon l’Insee, sont un territoire où les trafics de stupéfiants génèrent une violence persistante. Les quartiers nord de Marseille, en particulier, sont le théâtre de guerres de territoires entre réseaux concurrents.

L’engagement d’Amine Kessaci s’inscrit dans une lutte locale qui dépasse le cadre marseillais. En janvier 2026, la presse avait rapporté son arrivée sur la liste de Benoît Payan avec l’ambition de « faire de Marseille une vitrine contre le narcotrafic ». Six mois plus tard, le témoignage de l’élu illustre la difficulté de cette mission face à des réseaux qui n’hésitent plus à cibler directement les institutions.

Un symbole national

Le cas Kessaci dépasse Marseille. Son témoignage, diffusé sur franceinfo et repris massivement sur les réseaux sociaux, alerte sur une évolution préoccupante : le narcotrafic ne se contente plus de corrompre ou d’intimider discrètement, il menace ouvertement les élus. Cette escalade force l’État à repenser les dispositifs de sécurité pour protéger ses représentants locaux, comme le montre l’exemple des recrutements de gardiens de la paix ouverts dans plusieurs départements.

La formule de Kessaci, « guerre contre la démocratie », résonne dans un contexte où plusieurs élus, notamment dans le sud de la France, ont évoqué des pressions similaires. Le phénomène n’épargne plus les seuls quartiers sensibles : il touche désormais les institutions républicaines elles-mêmes.

Prochaines étapes

Amine Kessaci a annoncé vouloir poursuivre son engagement malgré les menaces. La mairie de Marseille, sous la direction de Benoît Payan, a fait de la lutte contre le narcotrafic un axe politique majeur. Les dispositifs de sécurité pour les élus locaux pourraient être renforcés dans les mois à venir, alors que les réseaux criminels multiplient les démonstrations de force.

Le témoignage de l’adjoint au maire, largement relayé, pose une question centrale : jusqu’où l’État peut-il protéger ses représentants sans céder du terrain face aux trafiquants ? La réponse conditionnera l’avenir de la lutte antidrogue dans les grandes métropoles françaises.

Alexandre
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Sources

Alexandre Santini

Alexandre Santini

Alexandre est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Bouches-du-Rhône (13), avec Marseille pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port français et métropole AMP (1,9M habitants). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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