Marseille : la halte soins addictions relancée après deux ans de blocage
Le projet d'accueil pour usagers de drogues reprend après un refus préfectoral en 2025, avec un site envisagé près de La Timone.
Abandonné en septembre 2025 après le blocage d'une implantation en centre-ville, le projet de halte soins addictions (HSA) à Marseille repart sur de nouvelles bases. La ministre de la Santé et le préfet des Bouches-du-Rhône affichent désormais leur soutien, sous conditions.
Un mois après la réélection du maire Benoît Payan aux municipales de mars 2026, le dossier de la halte soins addictions (HSA) marseillaise est officiellement relancé, selon La Provence. Cette structure d’accueil permet aux usagers de drogues de consommer dans un cadre médical et d’accéder à un accompagnement social, avec pour objectif de réduire les overdoses et les transmissions de maladies.
Un dossier vieux de six ans
Le projet remonte à 2020, porté par des associations comme ASUD Mars Say Yeah et inscrit dans les promesses de campagne de Benoît Payan. Un dépôt officiel avait été effectué en décembre 2023, mais le préfet avait opposé un refus en septembre 2025, invoquant l’opposition de riverains au site envisagé en centre-ville, selon Le Monde.
Aujourd’hui, la tonalité a changé. La ministre de la Santé Stéphanie Rist s’est déclarée « favorable » à l’expérimentation, « sous réserve d’un consensus local sur la localisation », rapporte Sud Ouest. Le préfet des Bouches-du-Rhône, lui, a exprimé sa volonté de « montrer des signes d’ouverture », selon Marsactu.
La Timone comme nouveau site pressenti
Pour éviter les résistances qui ont torpillé le premier projet, un emplacement près de l’hôpital de La Timone, dans le 5e arrondissement, est désormais envisagé, selon BFMTV Marseille. La concertation sur la localisation reste l’étape clé avant toute autorisation préfectorale.
Le contexte sanitaire plaide pour l’urgence. Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la France comptait environ 467 000 usagers problématiques en 2023, dont 97 000 injecteurs. À Marseille, la cocaïne progresse en contexte de précarité urbaine, selon la même source. Les HSA de Paris et Strasbourg, ouvertes depuis 2016 et accueillant moins de 1 600 usagers en file active, ont démontré leur efficacité contre les overdoses et les contaminations, selon une évaluation publiée fin 2024.
De leur côté, Médecins du Monde avaient attaqué l’État en justice en avril 2025 pour inaction sur ce dossier, rappelle Ouest-France. L’expérimentation nationale des HSA a été prolongée jusqu’au 31 décembre 2027 par la loi de financement de la Sécurité Sociale adoptée le 16 décembre 2025, selon Santé Mentale.
Prochaine étape : une concertation doit se tenir pour arrêter la localisation définitive. L’autorisation préfectorale est attendue d’ici fin 2026, selon les informations disponibles à ce stade.
Sources
- La Provence : À Marseille, le projet de 'salle de shoot' relancé après deux ans de blocage
- Marsactu : À Marseille, le projet de salle de consommation de drogue repart à zéro
- Le Monde : Salles de shoot : à Marseille, le préfet bloque le projet du centre-ville
- OFDT : Substances psychoactives, usagers et marchés. Tendances récentes : Marseille et PACA