Marseille : quatre hommes mis en examen pour l’assassinat d’une femme tuée par erreur
Un an après les faits, le parquet de Marseille a annoncé les mises en examen le 8 juin 2026 dans ce dossier de narcotrafic présumé
Dans la nuit du 7 au 8 juillet 2025, une femme de 46 ans était tuée par balle à travers la porte de son appartement du 5e arrondissement de Marseille. Près d'un an plus tard, quatre hommes dans la vingtaine ont été mis en examen pour assassinat en bande organisée. Ils s'étaient trompés de cible.
L’essentiel
- Nuit du 7 au 8 juillet 2025 : une femme de 46 ans tuée d’une balle en plein thorax à travers la porte de son appartement, 24 rue Jean Martin (5e arr. de Marseille).
- 8 juin 2026 : le parquet de Marseille annonce la mise en examen de quatre hommes (tous dans la vingtaine) pour assassinat en bande organisée et association de malfaiteurs.
- 2 juin 2026 : 11 suspects interpellés après près d’un an d’enquête ; deux des quatre mis en examen placés en détention provisoire.
- Erreur de cible : la victime, agent d’entretien à la morgue de Saint-Pierre, était inconnue des services de police.
- Enquête : confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS), information judiciaire ouverte en septembre 2025.
Une femme abattue chez elle, sans avoir ouvert sa porte
Il est environ 1h du matin dans la nuit du 7 au 8 juillet 2025. Au 24 rue Jean Martin, dans le 5e arrondissement de Marseille, des coups de feu traversent la porte d’un appartement. La locataire, une femme de 46 ans, est atteinte d’une balle en plein thorax. Elle décède sur place, sans avoir ouvert. Les secours ne peuvent que constater le décès.
Le quartier Saint-Pierre, à proximité de l’hôpital de la Timone, est décrit par les médias locaux comme un secteur calme, sans lien apparent avec les points de deal du secteur. La victime travaillait comme agent d’entretien à la morgue de Saint-Pierre. Elle était inconnue des services de police, selon Midi Libre et France 3.
Une « erreur de cible » établie par les enquêteurs
Rapidement, la brigade criminelle de la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) oriente l’enquête vers un règlement de comptes. Les investigations permettent d’établir qu’il s’agit d’une erreur de cible dans un contexte probable de narcotrafic, selon le communiqué du parquet relayé par Le Figaro et 20 Minutes.
Autrement dit : le commando ne visait pas cette femme. Il s’est trompé d’appartement, ou de personne.
Une information judiciaire est ouverte en septembre 2025 pour assassinat en bande organisée. L’enquête est confiée à la DCOS et à sa brigade criminelle. Ce type d’affaire - homicide par erreur sur fond de trafic de stupéfiants - n’est pas isolé dans le paysage judiciaire marseillais, où les règlements de comptes liés au narcotrafic continuent d’alimenter le rôle du parquet spécialisé.
Onze interpellations, quatre mises en examen
Le 2 juin 2026, soit près d’un an après les faits, la police judiciaire procède à l’interpellation de onze personnes. À l’issue des gardes à vue, quatre hommes - tous dans la vingtaine - sont déférés le 5 juin 2026, selon Actu17 et Midi Libre.
Le 8 juin, le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, confirme par communiqué leur mise en examen pour :
- Assassinat en bande organisée
- Association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime en bande organisée
Deux des quatre mis en examen ont été placés en détention provisoire. Les quatre contestent les faits, selon Actu17.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Cette affaire s’inscrit dans une série de drames liés au narcotrafic qui frappe Marseille depuis plusieurs années. Le 13e département concentre une part importante des homicides liés au trafic de stupéfiants recensés en France métropolitaine. Les victimes collatérales - personnes sans lien avec les réseaux - y sont régulièrement recensées.
La DCOS, structure de la police judiciaire spécialisée dans la criminalité organisée, traite en parallèle plusieurs dossiers similaires à Marseille. Dans les Bouches-du-Rhône, le territoire est aussi mobilisé sur d’autres fronts sécuritaires, mais c’est bien la question du narcotrafic urbain qui concentre les moyens judiciaires les plus lourds.
Des affaires comparables - voisin tué par erreur, passant abattu lors d’une fusillade - ont déjà été jugées aux assises des Bouches-du-Rhône ces dernières années, avec des condamnations à de lourdes peines pour meurtre ou assassinat en bande organisée.
La suite de la procédure
Les quatre mis en examen ont été renvoyés devant un juge d’instruction. Les charges retenues - assassinat en bande organisée - exposent les mis en cause à la réclusion criminelle à perpétuité. Le sort des sept autres personnes interpellées le 2 juin n’a pas été précisé par le parquet à ce stade. D’autres coups de filet judiciaires de grande ampleur ont eu lieu ces dernières semaines dans le grand Sud-Ouest.
L’instruction doit maintenant établir les rôles respectifs de chacun des mis en examen dans l’organisation du commando.
Sources
- Le Figaro : Marseille : une femme tuée par erreur dans son appartement, quatre suspects mis en examen
- Midi Libre : Les malfaiteurs qui l'ont tué s'étaient trompés de cible : quatre hommes mis en examen pour assassinat en bande organisée
- France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur : Femme tuée par erreur dans son appartement par un tir à travers sa porte : quatre hommes mis en examen pour assassinat
- Actu17 : Marseille : quatre hommes mis en examen après la mort d'une femme tuée par erreur à travers la porte de son appartement