Marta Kostyuk : « Ceux qui n’ont jamais vécu une guerre chez eux ne peuvent pas comprendre »

Avant Wimbledon, la joueuse ukrainienne livre un témoignage poignant sur la guerre dans son pays.

Marta Kostyuk : « Ceux qui n'ont jamais vécu une guerre chez eux ne peuvent pas comprendre »
Illustration Paul Vidauban / info.fr

Marta Kostyuk, joueuse ukrainienne classée dans le top 15, utilise chaque micro pour témoigner de la guerre en Ukraine. Avant Wimbledon, elle revient sur son parcours, ses victoires et son refus de serrer la main des adversaires russes.

L’essentiel

  • Top 15 mondiale : Marta Kostyuk est classée parmi les 15 meilleures joueuses de tennis au monde.
  • Victoire à Madrid 2026 : Elle a remporté le WTA 1000 de Madrid sur terre battue cette saison.
  • Quarts de finale à Roland-Garros : Le 2 juin, elle a battu Elina Svitolina en quarts, dédiant son match à l’Ukraine après une nuit de bombardements.
  • Refus de serrer la main : Kostyuk refuse systématiquement de serrer la main des joueuses russes et bélarusses, leur reprochant leur silence.
  • Wimbledon en ligne de mire : Le tournoi du Grand Chelem sur gazon débute fin juin à Londres.

Marta Kostyuk ne se contente pas de gagner des matchs. À 24 ans, la joueuse ukrainienne, née à Kiev, a fait de la guerre dans son pays le combat de sa vie publique. Alors que Wimbledon approche, elle a une nouvelle fois utilisé sa notoriété pour rappeler la réalité du conflit qui frappe l’Ukraine depuis février 2022.

« Une nuit difficile, beaucoup de morts »

Le 2 juin dernier, après avoir remporté son quart de finale à Roland-Garros face à sa compatriote Elina Svitolina, Marta Kostyuk a fondu en larmes en conférence de presse. « Nous avons encore eu une nuit difficile en Ukraine, beaucoup de morts », a-t-elle déclaré, visiblement émue. Ce match, le premier de l’histoire à opposer deux Ukrainiennes en quart de finale d’un Grand Chelem, a été dédié « à la résilience du peuple ukrainien », selon les propos rapportés par L’Équipe.

Quelques semaines plus tard, interrogée par Tennis Actu sur son état d’esprit avant Wimbledon, elle a réitéré son message : « Ceux qui n’ont jamais vécu une guerre chez eux ne peuvent pas comprendre. » Une phrase choc qui résume son sentiment d’incompréhension face au silence de certaines joueuses russes et bélarusses, qu’elle refuse de saluer après les matchs, un geste devenu sa marque de fabrique.

Des victoires qui donnent du poids à sa parole

Marta Kostyuk n’est pas une simple porte-parole. En 2026, elle a confirmé son talent sur le circuit en remportant le WTA 250 de Rouen puis, surtout, le Masters 1000 de Madrid, son plus grand titre en carrière. « Je ne pense pas à remporter le titre à Roland-Garros, je suis là pour représenter l’Ukraine », confiait-elle au micro de France Inter. Cette réussite sportive lui offre une caisse de résonance unique.

À Wimbledon, où elle participera pour la sixième fois, le tirage au sort n’a pas encore été effectué. Mais Kostyuk a déjà géré son stress d’une manière particulière : elle a désactivé les notifications d’actualités sur son téléphone. « Il faut apprendre à vivre avec », a-t-elle expliqué à Tennis Temple, en référence aux bombardements quotidiens.

Un refus de serrer la main qui dérange

Après sa victoire en finale à Madrid contre la Russe Mirra Andreeva, Marta Kostyuk a refusé de lui serrer la main. Un geste répété à plusieurs reprises, qu’elle justifie par l’absence de prise de position publique des joueuses russes sur la guerre. « Elle n’a rien dit, explique-t-elle. Je ne peux pas faire comme si de rien n’était. » Ce boycott symbolique, largement commenté, a même valu à la joueuse ukrainienne quelques critiques sur les réseaux sociaux, mais elle assume.

Alors que Elsa Jacquemot vient de décrocher sa première victoire sur gazon à Eastbourne, le tennis féminin aborde Wimbledon dans un climat où la dimension politique reste présente. Kostyuk ne fera pas exception.

Contexte sur le circuit WTA

Marta Kostyuk est l’une des voix les plus fortes du tennis ukrainien, aux côtés d’Elina Svitolina et de Dayana Yastremska. Depuis le début de l’invasion russe, les joueuses ukrainiennes ont dû composer avec des tournois parfois organisés en Russie, des médailles boycottées et des adversaires qu’elles refusent de croiser. Le circuit WTA, qui compte des stars russes et bélarusses comme Aryna Sabalenka, est régulièrement secoué par ces tensions. Selon La Dépêche du Midi, Kostyuk estime que « le sport ne doit pas faire semblant d’être neutre quand des civils meurent ».

En parallèle, l’Union européenne a adopté des sanctions contre 16 Russes et 7 entités pour la déportation d’enfants ukrainiens, un contexte qui alourdit encore l’atmosphère diplomatique. À Wimbledon, les joueuses russes et bélarusses sont autorisées à participer sous bannière neutre, une décision critiquée par Kiev.

Prochaine étape : Wimbledon

Le tournoi de Wimbledon débute le 29 juin 2026. Marta Kostyuk, tête de série probable, tentera d’aller plus loin que son meilleur résultat, un huitième de finale en 2023. Mais au-delà des points et des gains, c’est surtout une tribune qu’elle entend utiliser. « Chaque fois que je joue, je pense aux gens qui se battent chez nous », a-t-elle conclu. Le gazon londonien sera, une fois de plus, le théâtre de son double combat.

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Sources

Paul Vidauban

Paul Vidauban

Paul est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisé dans le sport automobile : Formule 1, MotoGP, rallye et endurance. Il distingue toujours la performance machine de la performance pilote, décrypte les stratégies (pneus, arrêts, drapeaux) et les transferts d'écuries, et resitue chaque course dans le classement du championnat.

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