Martinique : le préfet place le territoire en alerte sécheresse
Des restrictions immédiates sur l'usage de l'eau entrent en vigueur face à un déficit hydrique persistant malgré l'entrée dans la saison des pluies
Le préfet de la Martinique maintient le territoire en alerte sécheresse au 17 juillet 2026. Des mesures de restriction d'eau sont appliquées immédiatement interdiction d'arroser jardins et espaces verts de 8h à 20h, remplissage des piscines privées prohibé. Le mois de juin n'a enregistré que 20 à 60% des précipitations normales.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le préfet de la Martinique maintient le territoire en alerte sécheresse au 17 juillet 2026
- Juin 2026 n'a enregistré que 20 à 60% des précipitations normales saisonnières
- Arrosage interdit de 8h à 20h, remplissage des piscines privées de plus d'un mètre cube prohibé
- 94% de l'eau consommée provient des rivières, avec trois jours de stockage seulement
- Des conditions plus sèches anticipées pour juillet, août et septembre en raison d'El Niño
Le préfet de la Martinique a placé l’ensemble du territoire en alerte sécheresse en raison d’un fort déficit de précipitations, selon les services de l’État. Au 17 juillet 2026, cette alerte est maintenue avec des restrictions d’usage de l’eau en vigueur immédiatement.
Des précipitations bien en deçà des normales
La situation hydrologique ne s’améliore pas malgré l’entrée dans la saison des pluies début juin, indique la préfecture. Le mois de juin 2026 a enregistré des cumuls de pluie de seulement 20 à 60% des normales saisonnières. Les débits de plusieurs cours d’eau, dont la Rivière Blanche, la Lézarde et le Galion, sont inférieurs au débit minimum biologique nécessaire à la vie aquatique et à l’alimentation en eau potable.
Les prévisions météorologiques pour juillet, août et septembre 2026 anticipent des conditions plus sèches que la normale, influencées par le phénomène El Niño et la présence de brumes de sable.
Les restrictions en vigueur
L’arrosage des pelouses, jardins d’agrément, espaces verts publics et privés, ainsi que des espaces sportifs et récréatifs est interdit de 8h à 20h, selon l’arrêté préfectoral. Le lavage des véhicules et des bateaux est prohibé en dehors des aires de lavage professionnelles équipées de dispositifs économes en eau, sauf exceptions réglementaires.
Le remplissage et la vidange des piscines privées de plus d’un mètre cube sont interdits. Des exceptions existent pour la remise à niveau ou le premier remplissage si le chantier a débuté avant les restrictions. L’alimentation des fontaines publiques en circuit ouvert est suspendue lorsque cela est techniquement réalisable.
Ces mesures visent à préserver une ressource sous tension. Les autorités appellent la population à la sobriété et à signaler toute fuite.
Une dépendance critique aux rivières
En Martinique, 94% de l’eau consommée provient directement des rivières, rappelle la préfecture. Les capacités de stockage sont limitées à environ trois jours de consommation moyenne, ce qui rend le territoire particulièrement vulnérable aux épisodes de sécheresse.
Cette dépendance aux cours d’eau explique la réactivité des autorités face à la baisse des précipitations. Quand les débits passent sous le seuil minimum biologique, l’alimentation en eau potable et l’équilibre des écosystèmes aquatiques sont directement menacés.
Contexte dans le département
La Martinique compte environ 360 000 habitants, principalement concentrés dans l’agglomération de Fort-de-France. Le territoire était initialement en vigilance sécheresse depuis le 4 mars 2026, avant de passer en alerte le 7 mai 2026, selon les services de l’État.
Cette situation rappelle celle observée en métropole cet été, où des restrictions d’eau ont été imposées dans plusieurs départements face à la canicule et au manque de précipitations.
Le département antillais fait face à un enjeu structurel : adapter son modèle de gestion de l’eau à des épisodes de sécheresse plus fréquents et plus intenses. Les infrastructures de stockage et de distribution devront être renforcées pour sécuriser l’approvisionnement à moyen terme.
Prochaine étape
Les autorités suivent l’évolution des débits des cours d’eau et des précipitations. Si la situation ne s’améliore pas dans les prochaines semaines, un passage en alerte renforcée ou en crise pourrait être envisagé, avec des restrictions encore plus strictes. La préfecture invite la population à consulter régulièrement les bulletins de suivi hydrique publiés sur son site.
