Martinique : le réseau de bus du Centre paralysé ce mardi par grèves et impayés
Grèves chez Madinina Trans'Connect et Transaglo, défaut de paiement de carburant le réseau RTM quasi à l'arrêt ce mardi 30 juin, une réunion de conciliation prévue à 14h.
Ce mardi 30 juin, le réseau de bus du Centre de la Martinique est quasiment paralysé. Les grèves des sous-traitants et un défaut de paiement de carburant par Martinique Transport sont en cause. Une réunion de conciliation est prévue dans l'après-midi.
L’essentiel
- Fait 1 : Le réseau RTM connaît une paralysie quasi-totale ce mardi matin, affectant Fort-de-France, Schœlcher et Saint-Joseph.
- Fait 2 : Les salariés de Madinina Trans’Connect sont en grève depuis lundi pour dénoncer la vétusté de la flotte et des sanctions.
- Fait 3 : Un défaut de paiement de Martinique Transport a empêché l’achat de carburant, bloquant les bus.
Ce qui s’est passé
Ce mardi 30 juin, les habitants de l’agglomération de Fort-de-France ont trouvé les arrêts de bus désespérément vides. La Régie des Transports de Martinique (RTM) a confirmé sur ses canaux officiels une paralysie quasi-totale de son réseau Centre, qui dessert notamment Fort-de-France, Schœlcher et Saint-Joseph. Seules les lignes de Transport en Commun en Site Propre (TCSP) restent en service, selon la RTM. Les perturbations ont commencé dès lundi, avec le dépôt d’un préavis de grève chez l’un des sous-traitants.
Les causes de la paralysie
Deux mouvements sociaux conjugués expliquent cette situation. D’une part, les salariés de Madinina Trans’Connect, une société sous-traitante de la RTM, ont entamé une grève illimitée lundi 29 juin. Ils dénoncent la vétusté de leur flotte de bus et des sanctions jugées injustes. Jocelyn Lamon, secrétaire général de la CGTM FSM, a réclamé l’annulation des sanctions et la mise aux normes d’hygiène et de sécurité des véhicules.
D’autre part, un défaut de paiement de la part de Martinique Transport, l’autorité organisatrice, a aggravé la situation. Selon nos sources, Martinique Transport n’a pas versé les fonds nécessaires aux transporteurs, les empêchant d’acheter du carburant. Un problème récurrent déjà observé par le passé.
La réaction des syndicats
Jocelyn Lamon a indiqué que les conducteurs de Madinina Trans’Connect ne reprendront le travail que si leurs revendications sont entendues. « Nous demandons des bus en état de circuler et le retrait des sanctions », a-t-il expliqué. La direction de Madinina Trans’Connect n’a pas commenté. Par ailleurs, le mouvement social persistant chez Transaglo, un autre sous-traitant, ajoute à la paralysie.
La situation sur le terrain
De nombreux usagers se sont retrouvés sans solution ce mardi matin. Certains ont tenté de prendre le TCSP, qui fonctionne normalement, mais qui ne couvre pas tous les quartiers. Les taxis et covoiturages ont vu leur demande exploser. La ville de Fort-de-France n’avait pas encore mis en place de transports alternatifs. Ce mardi, un autre fait divers a marqué la commune : un incendie a ravagé le restaurant L’Escale Marine à Rivière-Roche, sans lien avec la grève.
Contexte dans le département
La Martinique, département d’outre-mer de plus de 360 000 habitants, dépend fortement de son réseau de bus pour les déplacements quotidiens, surtout dans l’agglomération centre. Les conflits sociaux récurrents dans le transport public fragilisent la mobilité des actifs et des scolaires. Par ailleurs, d’autres chantiers d’infrastructure se poursuivent, comme le déploiement de la fibre optique par XpFibre pour les TPE, visant à améliorer la connectivité numérique.
Prochaine étape : une réunion de conciliation
Une réunion de conciliation est programmée ce mardi à 14 heures à la direction du travail de Fort-de-France (DEETS). La direction de Madinina Trans’Connect, les représentants syndicaux et les services de l’État tenteront de trouver un accord. Si aucun compromis n’est trouvé, la paralysie pourrait se prolonger dans les jours à venir.