Matoury : un mort et deux blessés par balles en moins de 24 heures

Deux incidents distincts à Matoury en moins d'une journée un homme tué, deux jeunes hospitalisés, les enquêtes ouvertes.

Matoury : un mort et deux blessés par balles en moins de 24 heures
Illustration Sylvie Tchangou / info.fr

Un homme d'une trentaine d'années a été tué par balles dans la nuit du 24 au 25 avril 2026 à Matoury, près de Cayenne. Quelques heures plus tôt, deux jeunes hommes avaient été blessés par armes à feu dans la même commune. Les gendarmes enquêtent.

Deux fusillades en moins de vingt-quatre heures à Matoury, commune de près de 35 000 habitants jouxtant Cayenne. Le bilan : un mort, deux blessés. Les circonstances restent à établir.

Un homme tué rue de l’Espoir

La victime, un homme d’une trentaine d’années, a reçu plusieurs balles au thorax et à l’abdomen, selon France Guyane. Les faits se sont produits rue de l’Espoir, quartier Zénith. Il est décédé des suites de ses blessures. L’identité de la victime et les circonstances précises de la fusillade n’ont pas été communiquées à ce stade.

Quelques heures plus tôt, dans la nuit du 24 au 25 avril vers minuit, deux hommes âgés de 17 et 21 ans avaient été blessés par arme à feu à Matoury. Ils ont été transportés en urgence relative au CHU de Cayenne, rapporte La 1ère. Leur état de santé n’a pas été précisé.

Les forces de l’ordre précisent qu’aucun lien de causalité n’est établi entre les deux incidents à ce stade, selon France Guyane. Les deux affaires font l’objet d’enquêtes séparées.

La brigade de gendarmerie de Matoury saisie

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L’enquête sur les blessures par arme à feu a été confiée à la brigade de recherche de la Gendarmerie de Matoury, avec l’appui de la section de recherches de Cayenne, indique La 1ère. La procédure concernant le décès est en cours, sans qu’un service d’enquête ait été formellement désigné dans les éléments communiqués.

La commune de Matoury est régulièrement concernée par des faits de violence armée. Ce drame survient dans un contexte documenté : la Guyane a enregistré 43 homicides en 2025, en baisse par rapport aux 53 de 2024, mais avec 212 tentatives d’homicides, soit une réduction de 19 % pour ces dernières, selon France Guyane. Parmi les personnes tuées l’an passé, 43 % étaient d’origine brésilienne, 28 % françaises, 8 % guyanaises.

La commune de Matoury, souvent évoquée pour sa vie associative et culturelle, concentre aussi une part significative des incidents liés aux armes à feu dans le département. Les forces de l’ordre soulignent la présence documentée de factions criminelles, avec au moins 200 gangsters brésiliens recensés par les services de sécurité, selon Europe 1, opérant notamment dans les bidonvilles autour de Cayenne et Matoury.

Un contexte de violence persistante

Ce n’est pas la première fois que Matoury est touchée par des fusillades à répétition sur une courte période. Un incident impliquant cinq victimes avait déjà été signalé en 2026, selon des publications sur les réseaux sociaux de La 1ère Guyane. En novembre 2025, les assises avaient mis en lumière, lors du procès des meurtres de Dorlin, la permanence des bandes armées en Guyane entre 2016 et 2023, selon La 1ère.

Le semi-marathon Roura-Matoury, couru chaque année en forêt équatoriale, rappelle l’autre visage de cette commune. Mais les habitants du quartier Zénith et des secteurs touchés vivent sous la pression des violences armées, dont la récurrence ne faiblit pas malgré les saisies d’armes régulières - onze armes confisquées en deux semaines en 2023, selon des données disponibles.

Les enquêtes se poursuivent. Aucune date d’avancée ni arrestation n’a été annoncée à ce stade par les autorités. La gendarmerie n’a pas répondu aux demandes de précisions supplémentaires au moment de la publication de cet article.

Sources

Sylvie Tchangou

Sylvie Tchangou

Correspondante à Cayenne, elle suit les tensions sur l'orpaillage illégal, les débats sur le spatial, les projets routiers et les restructurations hospitalières. Issue de Sciences Po Aix, elle a grandi en Guyane. Ligne de travail : interroger les gendarmes, les élus, les associations environnementales, croiser les rapports du BRGM avant de publier.

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