Sherif renverse Vandromme après avoir été menée 6-3, 5-0
L'Égyptienne sauve une balle de match et remporte son 10e titre WTA 125
Mayar Sherif bat Jeline Vandromme 3-6, 7-6(0), 7-5 après 3h01 à Contrexéville. La Belge menait 6-3, 5-0 avec une balle de match à 5-1.
- Mayar Sherif remporte Contrexéville 3-6, 7-6(0), 7-5 après 3h01 face à Jeline Vandromme.
- La Belge menait 6-3, 5-0 avec une balle de match à 5-1 avant de s'effondrer.
- Sherif remporte son 10e titre WTA 125, un record sur ce circuit.
- Vandromme, 18 ans, disputait sa première finale professionnelle après avoir éliminé trois joueuses depuis les qualifications.
- L'Égyptienne devrait remonter autour de la 97e place mondiale avec ces 150 points.
Mayar Sherif a gagné sans y croire. Menée 6-3, 5-0 face à Jeline Vandromme en finale du Grand Est Open 88 - l’Égyptienne de 30 ans était au bord du précipice. La Belge de 18 ans servait pour le match à 5-1 dans le deuxième set. Elle a eu une balle de championnat. Elle ne l’a pas convertie.
Sherif a sauvé ce match point, égalisé à 5-5, puis remporté le tie-break 7-0. Vandromme n’a pas marqué un seul point dans le jeu décisif. Zéro sur sept. Le momentum a basculé. Dans le troisième set, Sherif a poussé jusqu’à 7-5. Score final: 3-6, 7-6(0), 7-5 après 3h01 de combat.
L’art de ne jamais abandonner
Ce comeback n’a rien d’un hasard. À 5-0, 5-1 balle de match, Sherif n’avait plus rien à perdre. Elle a joué chaque point comme un dernier, sans pression. « Quand vous êtes menée 5-0 dans le deuxième set, vous ne pensez plus vraiment à la victoire, vous essayez juste de rester sur le court et de vous battre point par point », a-t-elle expliqué après le match. À l’inverse, Vandromme a vu la ligne d’arrivée se rapprocher. Elle a serré le jeu, perdu son agressivité. Le tie-break 7-0 est le symbole de ce retournement: la Belge, qui avait tout réussi jusqu’alors, n’a plus trouvé le court. Sherif, elle, a gardé son calme et varié ses frappes, laissant Vandromme commettre les fautes. Ce n’est pas la première fois que l’Égyptienne renverse une situation désespérée sur terre battue. Elle possède une qualité rare: ne jamais lâcher un point.
L’expérience parle au moment crucial
Ce match illustre parfaitement la confrontation entre l’expérience et la jeunesse. Sherif, 30 ans - jouait sa dixième finale de WTA 125. Vandromme, 18 ans - découvrait ce niveau de finale. Pendant un set et demi, la jeunesse a semblé l’emporter: Vandromme dictait le jeu, Sherif subissait. Mais à 5-0 dans le deuxième set, l’Égyptienne a puisé dans son vécu. « C’était un combat mental incroyable », a-t-elle confié. L’expérience, ce n’est pas seulement avoir déjà gagné, c’est savoir ne pas paniquer quand tout semble perdu. Vandromme, malgré son talent, a payé son manque d’habitude dans ces moments de pression extrême.
Du match point au tie-break blanc
Menant 6-3, 5-1 et balles de match - Vandromme avait la victoire au bout de la raquette. Puis tout s’est inversé. Elle a commis deux doubles fautes dans ce jeu crucial, signe d’une tension soudaine. Sherif en a profité pour breaker. Dans le tie-break, Vandromme n’a pas marqué le moindre point. Une perte totale de repères. « C’est une défaite très douloureuse à accepter. Mener 5-0 avec une balle de match à 5-1 et ne pas réussir à conclure, c’est dur à avaler », a reconnu Vandromme. Ce tie-break 7-0 restera comme le moment où la jeune Belge a perdu le fil mental. À cet âge, la gestion de l’échec imminent est une leçon cruelle mais nécessaire.
Une gamine qui a tout fait sauf finir
Vandromme disputait sa toute première finale WTA 125. Lauréate de l’US Open Junior en 2025 - la Belge avait éliminé Aurora Zantedeschi, Francesca Curmi et Oksana Selekhmeteva depuis les qualifications. Elle totalisait 8 victoires sur ses 10 derniers matchs. Elle est arrivée en finale en forme. Elle a joué un tennis fantastique pendant un set et demi.
Puis elle a craqué. Mener 6-3, 5-0 avec une balle de match à 5-1 et perdre 3-6, 7-6(0), 7-5 - c’est le genre de défaite qui hante une carrière. « C’est une défaite très douloureuse à accepter », a déclaré Vandromme après le match. « Mener 5-0 avec une balle de match à 5-1 et ne pas réussir à conclure, c’est dur à avaler. Sherif a montré pourquoi elle est une championne, elle n’a jamais abandonné. »
Reine incontestée du circuit WTA 125
Cette victoire marque le dixième titre WTA 125 en simple pour Mayar Sherif. Dix. Sherif y a construit sa carrière, remportant des titres sur toutes les surfaces. Sa constance à ce niveau explique pourquoi elle reste dans le top 110 mondial malgré des passages à vide sur le circuit principal. L’Égyptienne, classée 109e mondiale avant le tournoi - remporte 150 points de classement et devrait remonter autour de la 97e place. Elle avait déjà gagné à Brescia plus tôt cette saison.
Sherif est la joueuse égyptienne la mieux classée de l’ère Open, hommes et femmes confondus, avec un pic à la 31e place mondiale en juin 2023. Première femme égyptienne au tableau principal d’un Grand Chelem (Roland-Garros 2020 ), première Égyptienne titrée sur le circuit WTA (Parme 2022 ), première à atteindre les quarts de finale d’un WTA 1000 (Madrid 2023 ). Le palmarès parle.
« C’était un combat mental incroyable », a-t-elle déclaré après le match. « Quand vous êtes menée 5-0 dans le deuxième set, vous ne pensez plus vraiment à la victoire, vous essayez juste de rester sur le court et de vous battre point par point. Jeline a joué un tennis fantastique aujourd’hui, elle a un avenir très brillant. »
L’avenir du tennis belge après cette finale
Malgré la défaite cruelle, Vandromme confirme son potentiel. À 18 ans - elle intègre virtuellement le top 150 WTA. Le tennis belge féminin, qui a connu des heures glorieuses, retrouve une relève prometteuse. Son parcours à Contrexéville montre qu’elle a le niveau pour rivaliser avec les meilleures joueuses de second plan. Il lui manque désormais l’expérience des grands moments. « C’est une immense leçon d’expérience pour moi », a-t-elle dit. Le tennis belge peut compter sur elle pour l’avenir.
Contrexéville, terre de finales improbables
Le Grand Est Open 88 a été créé en 1994 pour les hommes, en 2003 pour les femmes. Le tournoi a été promu WTA 125 en 2022. Cette année, il a offert une finale pour l’histoire. En demi-finale, Sherif avait éliminé la Française Léolia Jeanjean 7-5, 7-6. Vandromme avait battu Francesca Curmi 6-3, 6-0.
En double, le titre est revenu à la paire franco-argentine Estelle Cascino et Nicole Fossa Huergo.
Ce que personne ne dit
Vandromme totalise 8 victoires sur ses 10 derniers matchs avant cette finale. Elle débarque en qualifiée, élimine trois joueuses solides - et se retrouve à une balle de match de son premier titre professionnel à 18 ans. Mais elle perd le tie-break du deuxième set 7-0. Sept points d’affilée sans en marquer un seul après avoir mené 6-3, 5-0.
Le paradoxe: Sherif, avec ses dix titres WTA 125 et son expérience, a failli perdre face à une gamine qui n’avait jamais joué de finale à ce niveau. L’expérience n’a pas empêché l’Égyptienne d’être dominée pendant un set et demi. Ce qui a fait la différence, ce n’est pas l’expérience au sens large. C’est l’expérience spécifique d’avoir déjà sauvé des matchs impossibles sur terre battue. Vandromme découvre ce circuit. Sherif y règne depuis des années.
L’autre angle mort: personne ne parle du coût mental pour Vandromme. À 18 ans - perdre une finale après avoir mené 6-3, 5-0 avec balle de match - ce n’est pas qu’une défaite sportive. C’est une cicatrice. « C’est une immense leçon d’expérience pour moi », dit-elle. Elle a raison. Mais la leçon est cruelle: sur ce circuit, dominer ne suffit pas. Il faut tuer le match.
La suite
Sherif participera à l’Open Iași en Roumanie, un WTA 250, du 12 au 19 juillet. Elle affrontera la Hongroise Dalma Gálfi au premier tour. Vandromme, elle, intègre virtuellement le top 150 WTA après cette finale. Elle a perdu, mais elle a prouvé qu’elle pouvait tenir tête à une joueuse du top 100 pendant deux sets. Le problème, c’est qu’un match dure trois sets.
Prochain rendez-vous pour le circuit WTA 125: Palerme, la semaine prochaine. En attendant, Contrexéville restera comme le tournoi où une gamine de 18 ans a appris que dominer n’est pas gagner. Et où une Égyptienne de 30 ans a rappelé que tant qu’on ne perd pas, tout est possible.