Mayotte : à l’arrivée du préfet Poisot, les habitants réclament plus de patrouilles nocturnes

Insécurité, immigration clandestine, crise de l'eau les priorités exprimées par les habitants de Mamoudzou et environs au nouveau préfet.

Mayotte : à l'arrivée du préfet Poisot, les habitants réclament plus de patrouilles nocturnes
Illustration Ahamada Abdallah / info.fr

Frédéric Poisot a pris ses fonctions de préfet de Mayotte le 18 mai 2026, succédant à François-Xavier Bieuville. Dix jours plus tard, Mayotte La 1ère publiait les attentes de la population sécurité nocturne en tête, suivie de la surveillance des kwassa-kwassa et de la crise de l'eau.

L’essentiel

  • Prise de fonctions : Frédéric Poisot installé préfet de Mayotte le 18 mai 2026, nommé par décret du 22 avril 2026.
  • Sécurité : en 2025, les vols avec armes ont baissé de 27,5 % (448 infractions) mais les cambriolages de logements ont progressé de 26 % à Mayotte.
  • Témoignages : des habitants de Chirongui, Dembéni, Mtsamoudou et Bandrélé ont exprimé leurs attentes à Mayotte La 1ère le 27 mai 2026.
  • Population : Mayotte compte environ 329 000 habitants au 1er janvier 2025, selon l’INSEE.

Une installation sous pression sécuritaire

La cérémonie s’est tenue le 18 mai 2026 place Zakia Madi à Mamoudzou, en présence des autorités civiles et militaires. Frédéric Poisot a rencontré dès ce jour le maire de Mamoudzou, Ambdilwahidou Soumaïla, réélu en mars 2026. Le nouveau préfet remplace François-Xavier Bieuville, nommé lui-même dans un contexte de crise post-cyclonique.

Mayotte Hebdo rapporte que Poisot a affiché d’emblée une méthode : écoute, dialogue avec les élus et acteurs locaux, approche collective sur les dossiers insécurité, immigration et eau. Le contexte, lui, est moins serein.

« Plus de patrouilles et surtout la nuit »

Publicité

C’est la formule revenue le plus souvent dans les témoignages recueillis par Mayotte La 1ère le 27 mai 2026. Fazul, habitant de Chirongui, et Naouirou, de Dembéni, dénoncent des « zones de non-droit » qui s’installent dans leurs communes à la tombée de la nuit. Mramadoudou est également citée.

Ces communes rurales au sud de Mamoudzou concentrent des tensions récurrentes : violences entre bandes, délinquance nocturne, sentiment d’abandon. La demande est simple et directe : davantage de présence policière quand l’obscurité tombe.

Contexte dans le département (976 - Mayotte)

Mayotte concentre des indicateurs sécuritaires contrastés. Selon Mayotte La 1ère, qui cite les chiffres des forces de l’ordre pour 2025, les vols avec armes ont reculé de 27,5 %, à 448 infractions enregistrées. Mais dans le même temps, les cambriolages de logements ont bondi de 26 % et le trafic de stupéfiants a progressé. Ce tableau nuancé rend les habitants méfiants face aux discours de bilan.

L’île compte environ 329 000 habitants (INSEE, 1er janvier 2025) pour une superficie de 374 km². La densité de population, les inégalités sociales et la pression migratoire alimentent une insécurité structurelle que les préfets successifs peinent à enrayer durablement. Le directeur général de la Police nationale Louis Laugier est par ailleurs attendu à Mayotte prochainement, signe que le sujet reste sur la table à Paris.

Immigration clandestine : la nuit, les kwassa-kwassa passent

À Mtsamoudou, les habitants pointent une surveillance insuffisante des embarcations clandestines après 1h du matin. Les kwassa-kwassa en provenance des Comores profiteraient de cette fenêtre pour accoster sans contrôle. Selon Mayotte La 1ère, les riverains réclament un renforcement des patrouilles maritimes nocturnes. Ce dossier relève directement du préfet, coordinateur des forces de sécurité sur le territoire.

L’eau, l’autre urgence

À Bandrélé, commune côtière du sud-est de l’île, la crise de l’eau reste une préoccupation quotidienne. Les habitants interrogés par Mayotte La 1ère évoquent les tours d’eau contraignants et saluent l’idée de déployer des cuves de récupération. Des perturbations sur l’adduction d’eau ont encore touché le nord de l’île récemment, illustrant la fragilité persistante du réseau.

La gestion de l’eau à Mayotte est un dossier partagé entre la préfecture, le SMAE (Syndicat Mahorais des Eaux) et les communes. Le préfet Poisot en a fait l’une de ses priorités déclarées, sans détailler à ce stade les mesures concrètes envisagées.

La méthode Poisot face à l’attente des habitants

Le nouveau préfet a choisi la posture de l’écoute. Rencontres avec les élus, dialogue avec les acteurs locaux : la méthode est classique pour une prise de poste. Mais à Mayotte, le calendrier est serré. Les problèmes - insécurité nocturne, immigration, eau - ne sont pas nouveaux et les habitants, habitués aux changements de préfet, attendent des actes concrets.

Frédéric Poisot est le dernier d’une série de représentants de l’État confrontés aux mêmes dossiers. Son prédécesseur François-Xavier Bieuville avait lui-même été nommé dans un contexte d’urgence post-cyclonique. La population, elle, mesure le temps qui passe.

La prochaine étape sera la présentation publique des priorités préfectorales, dont aucune date n’a encore été communiquée à ce stade.

Sources

Ahamada Abdallah

Ahamada Abdallah

Ahamada est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Mayotte (976), avec Mamoudzou pour chef-lieu. Spécialité du département : département français le plus jeune et lagon (1er lagon mondial). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

Publicité
Lien copié !
×