Mégabassines : rassemblement le 27 mai à Poitiers pour les quatre militants jugés en appel
Quatre organisateurs de la manifestation de Sainte-Soline comparaissent devant la cour d'appel de Poitiers, des collectifs appellent à se mobiliser dès 12h.
Mercredi 27 mai 2026, la cour d'appel de Poitiers examine le cas de quatre militants poursuivis pour avoir organisé la manifestation interdite de Sainte-Soline du 25 mars 2023. Un rassemblement de soutien est prévu à partir de 12h dans le parc attenant au palais de justice, à l'appel de la Confédération paysanne, des Soulèvements de la Terre et de Bassines Non Merci.
Mercredi 27 mai 2026, la cour d’appel de Poitiers examine le cas de quatre militants poursuivis pour avoir organisé la manifestation interdite de Sainte-Soline du 25 mars 2023. Un rassemblement de soutien est prévu à partir de 12h dans le parc attenant au palais de justice, à l’appel de la Confédération paysanne, des Soulèvements de la Terre et de Bassines Non Merci.
L’essentiel
- Audience : procès en appel le 27 mai 2026 devant la cour d’appel de Poitiers, pour quatre prévenus poursuivis pour « organisation de manifestation illégale ».
- Les prévenus : Nicolas Girod et Benoît Jaunet (Confédération paysanne), Benoît Feuillu (Soulèvements de la Terre), Julien Le Guet (Bassines Non Merci).
- Première instance : jugement au tribunal correctionnel de Niort le 17 janvier 2024 - peines allant de 1 000 € d’amende à 1 an de prison avec sursis selon les prévenus.
- Rassemblement : dès 12h dans le parc adjacent à la cour d’appel de Poitiers, co-signé par plusieurs collectifs dont Attac 17 et Solidaires 79.
- Contexte : la manifestation du 25 mars 2023 avait fait plus de 200 blessés côté manifestants, dont 40 graves, et 45 à 47 gendarmes blessés.
Quatre noms, trois organisations, un même chef d’inculpation
Les quatre prévenus comparaissent pour « organisation de manifestation illégale ». Nicolas Girod, porte-parole national de la Confédération paysanne, et son co-syndicaliste Benoît Jaunet font face aux mêmes poursuites que Benoît Feuillu, membre des Soulèvements de la Terre, et Julien Le Guet, figure de proue de Bassines Non Merci, collectif des Deux-Sèvres.
En première instance, le tribunal correctionnel de Niort avait prononcé le 17 janvier 2024 des peines différenciées, selon ICI (ex-France Bleu Poitou) : un an de prison avec sursis, des interdictions de paraître et des dommages-intérêts dépassant 20 000 € pour Julien Le Guet ; six mois avec sursis et une interdiction de séjour dans les Deux-Sèvres pendant trois ans pour Benoît Feuillu ; 1 000 € d’amende et des interdictions pour chacun des deux représentants de la Conf’ paysanne.
Le rassemblement : 12h, parc du palais de justice
Le site de Bassines Non Merci et L’Anticapitaliste publient depuis le 12 mai 2026 l’appel à convergence. Les co-signataires incluent, outre les trois organisations des prévenus, Attac 17, Solidaires 79 et d’autres collectifs régionaux. Le programme détaillé de la journée a été diffusé la veille par la Confédération paysanne sur X :
Les Soulèvements de la Terre ont également relayé l’appel sur leurs réseaux :
Le parc adjacent au palais de justice de Poitiers avait déjà servi de point de rassemblement lors d’une précédente audience liée au dossier Sainte-Soline, en décembre 2025. À cette occasion, la préfecture de la Vienne avait interdit le rassemblement - une décision qui avait suscité des recours.
Ce que les organisateurs dénoncent
Au-delà du sort judiciaire des quatre prévenus, l’appel au rassemblement vise explicitement à dénoncer ce que les collectifs désignent comme des « brutalités policières orchestrées ». En novembre 2025, Mediapart et Libération avaient publié des images issues de caméras-piétons de gendarmes, montrant des tirs « tendus » de grenades - une pratique prohibée - et des propos de la hiérarchie encourageant à blesser les manifestants, selon ICI Poitou. Ces révélations avaient relancé le débat sur le maintien de l’ordre lors de la mobilisation de mars 2023. Le mouvement anti-bassines s’inscrit dans un contexte plus large de luttes environnementales locales qui se multiplient en France.
Contexte dans la Vienne
Le département de la Vienne accueille ce procès en appel alors que le conflit autour des mégabassines reste centré sur les Deux-Sèvres voisines. La bassine de Sainte-Soline (environ 628 000 m³, environ 15 ha) fait partie d’un programme de 16 réserves de substitution portées par la Coop de l’eau des Deux-Sèvres. Plusieurs de ces bassines ont été déclarées illégales ou suspendues par la justice pour atteinte à la biodiversité - notamment pour l’outarde canepetière - , selon Wikipedia et ICI Poitou.
La cour d’appel de Poitiers est compétente pour les dossiers correctionnels des Deux-Sèvres, ce qui explique que le procès se tienne dans la Vienne plutôt qu’à Niort. Poitiers devient ainsi, le temps d’une audience, le point de convergence du mouvement anti-mégabassines à l’échelle régionale. La question de la pression sur les ressources naturelles en France reste un enjeu de fond dans ces mobilisations.
Retour sur le 25 mars 2023 à Sainte-Soline
La manifestation à l’origine de ces poursuites avait été interdite par la préfecture des Deux-Sèvres. Entre 6 000 et 8 000 personnes selon la gendarmerie - jusqu’à 30 000 selon les organisateurs - s’étaient néanmoins rassemblées sur le site. Les affrontements avec les forces de l’ordre avaient causé plus de 200 blessés côté manifestants, dont 40 graves et deux personnes dont le pronostic vital avait été engagé, ainsi que 45 à 47 gendarmes blessés, selon Wikipedia et ICI Poitou.
C’est pour avoir appelé à cette mobilisation malgré l’interdiction préfectorale que les quatre militants ont été poursuivis. La qualification retenue - « organisation de manifestation illégale » - est au cœur du débat en appel : les défenseurs des prévenus contestent notamment le caractère pénal de la démarche syndicale et militante.
Ce qui se joue mercredi
La cour d’appel peut confirmer, alléger ou aggraver les peines prononcées en janvier 2024 à Niort. Elle peut également requalifier les faits. Aucun calendrier de délibéré n’a été communiqué à ce stade. Les collectifs signataires de l’appel au rassemblement ont indiqué vouloir faire de cette journée un moment de « défense de l’eau et des libertés de manifester », selon le site de Bassines Non Merci.
La décision de la cour d’appel de Poitiers sera scrutée bien au-delà de la région : elle constitue le premier arrêt en appel sur la responsabilité pénale des organisateurs de Sainte-Soline.
Sources
- ICI (ex-France Bleu Poitou) : Manifestation interdite à Sainte-Soline en 2023 : ce qu'il faut savoir avant le procès en appel de quatre anti-bassines
- Bassines Non Merci : Appel – 27 mai / Poitiers – Rassemblement pour le procès en appel de Sainte-Soline
- L'Anticapitaliste : Poitiers (86) Rassemblement de soutien pour le procès en appel de Sainte Soline
- Wikipédia : Manifestation du 25 mars 2023 à Sainte-Soline