Melun : « Cela m’a fait de la peine de partir », les anciens locataires racontent
Les résidences Chateaubriand et Lamartine sont en cours de déconstruction dans le cadre du renouvellement urbain des Hauts de Melun. 319 logements concernés, des habitants entre nostalgie et résignation.
Le chantier de démolition des résidences Chateaubriand et Lamartine a débuté début juillet à Melun. 319 logements sont concernés par cette opération de renouvellement urbain. Les anciens locataires, relogés après des mois d'incertitude, assistent à la disparition de leur immeuble.
L’essentiel
- Lancement : Le chantier de déconstruction a officiellement démarré le 2 juillet 2026.
- Ampleur : 319 logements concernés, répartis entre une barre (R+9) et une tour (R+17), plus 168 boxes.
- Opposition : Une pétition contre la démolition avait été lancée en avril 2019 par des habitants.
- Calendrier : Curage et désamiantage en 2026, grignotage prévu pour 2027.
Les pelleteuses au pied des tours
Le 2 juillet 2026, les résidences Chateaubriand et Lamartine sont entrées dans leur dernière phase. Le lancement officiel du chantier de déconstruction a eu lieu ce jour-là, selon Habitat 77. Les engins de chantier ont pris position au pied de la barre de neuf étages et de la tour de dix-sept étages. Le curage et le désamiantage vont occuper l’année 2026. Le grignotage des structures est programmé pour 2027.
Ces deux bâtiments, qualifiés de « mythiques » dans la mémoire collective melunaise selon actu.fr, abritaient 319 logements. Le projet s’inscrit dans le Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) des Hauts de Melun, dont l’autorité environnementale a rendu un avis en août 2024.
« Cela m’a fait de la peine de partir »
Plusieurs anciens habitants ont assisté aux premières heures du chantier. « Cela m’a fait de la peine de partir », confie l’un d’eux au Parisien en juillet 2026. Ces témoignages traduisent l’attachement à un lieu de vie, souvent occupé pendant des décennies. Certains y ont élevé leurs enfants, d’autres y ont passé l’essentiel de leur vie.
Un projet « Mémoire » a été lancé par la ville de Melun pour recueillir la parole des habitants avant la disparition des immeubles. Cette initiative documentaire vise à conserver une trace de ces vies ordinaires avant que les façades ne tombent.
L’opposition au projet n’a pas faibli facilement. Une pétition avait été lancée en avril 2019, exprimant le refus de voir partir ces résidences. En 2021, des habitants de Chateaubriand continuaient à se mobiliser, ne désarmant pas face aux démolitions annoncées, rapportait actu.fr.
Le casse-tête du relogement
Le relogement des 319 foyers a constitué un « véritable casse-tête », selon actu.fr en octobre 2024. Plus de 400 logements ont été détruits au total dans le secteur des Hauts de Melun, complexifiant la recherche de solutions pour les familles. Habitat 77 a accompagné les ménages dans cette transition.
La tour Lorient, qui comptait 112 logements, avait ouvert le bal des destructions fin novembre 2025. 81 foyers avaient alors été relogés par Habitat 77 avant le début du chantier. Cette première opération a servi de test pour l’accompagnement social des résidents.
Les locataires ont dû quitter des appartements parfois occupés depuis les années 1970. Certains témoignent d’un sentiment de perte, d’autres d’une forme de résignation face à l’inéluctable.
Contexte dans la Seine-et-Marne
Melun, préfecture du département, concentre plusieurs opérations de renouvellement urbain depuis le milieu des années 2010. Le quartier des Hauts de Melun fait l’objet d’une métamorphose progressive, selon melunvaldeseine.fr. Les autorités locales misent sur une refonte complète du tissu bâti pour améliorer les conditions de vie.
Le département de Seine-et-Marne a récemment mobilisé des renforts de pompiers des Yvelines pour faire face à des feux de récoltes près de Melun, illustrant les défis logistiques d’un territoire en pleine transformation. Par ailleurs, des riverains de Rubelles, commune voisine, se sont plaints de nuisances sonores liées aux fêtes organisées par l’ex-manager de Wejdene.
Une seconde vie pour les matériaux
La déconstruction des résidences Chateaubriand et Lamartine s’accompagne d’une stratégie de valorisation des matériaux. Radiateurs, luminaires et béton sont récupérés pour être réutilisés, selon actu.fr en octobre 2025. Cette démarche s’inscrit dans une logique d’économie circulaire appliquée au secteur du bâtiment.
Le béton concassé pourra servir de remblai ou de granulat pour de nouvelles constructions. Les équipements métalliques sont orientés vers des filières de recyclage. Cette approche limite l’enfouissement et réduit l’empreinte environnementale du chantier.
Prochaine étape
Le grignotage des structures débutera en 2027, une fois le curage et le désamiantage achevés. La destruction complète était initialement prévue pour l’automne 2026, mais le calendrier a été ajusté. Le renouvellement urbain prévoit de nouveaux logements offrant un « confort très amélioré » aux futurs résidents, selon les documents du projet.
Les anciens locataires continueront de suivre l’avancée du chantier, certains depuis leur nouveau logement, d’autres de plus loin. La mémoire de Chateaubriand et Lamartine survivra dans les témoignages recueillis et dans les récits de ceux qui y ont vécu.
Sources
- Habitat 77 : Lancement de la démolition à Chateaubriand et Lamartine à Melun
- Melun Val de Seine : NPNRU : la métamorphose du nord de Melun se poursuit
- Le Parisien : « Cela m'a fait de la peine de partir » : à Melun, ils regardent les pelleteuses détruire l'immeuble où ils ont fait leur vie
- actu.fr : Melun : les habitants de Chateaubriand ne désarment pas face au projet de démolitions