Menaces de mort contre le maire de Romorantin : stage de citoyenneté et 350 € d’amende
Un homme de 45 ans condamné par composition pénale après une intrusion au domicile de Louis de Redon le 23 mars 2026
Le tribunal judiciaire de Blois a statué le 28 avril 2026. Un homme de 45 ans, conjoint d'une élue d'opposition, a proféré des menaces de mort contre le maire de Romorantin-Lanthenay, Louis de Redon. Il écope d'un stage de citoyenneté, de 350 € d'amende et d'une interdiction de contact de six mois.
Le tribunal judiciaire de Blois a statué le 28 avril 2026. Un homme de 45 ans, conjoint d’une élue d’opposition, a proféré des menaces de mort contre le maire de Romorantin-Lanthenay, Louis de Redon. Il écope d’un stage de citoyenneté, de 350 € d’amende et d’une interdiction de contact de six mois.
L’essentiel
- 23 mars 2026 : intrusion au domicile du maire Louis de Redon, menaces de mort proférées et enregistrées par caméra de surveillance.
- 28 avril 2026 : condamnation par composition pénale au tribunal judiciaire de Blois - stage de citoyenneté, 350 € d’amende, interdiction de contact de six mois.
- Auteur : homme de 45 ans, conjoint de Marie Faisant, élue d’opposition au conseil municipal de Romorantin-Lanthenay.
- Contexte politique : Louis de Redon et Marie Faisant figuraient sur la même liste électorale en 2026 avant une rupture rendue publique le 22 avril 2026.
- Soutien : le groupe majoritaire « Romorantin-Lanthenay au cœur » a annoncé cesser toute collaboration avec Marie Faisant.
Une intrusion au domicile, des menaces enregistrées
Le 23 mars 2026, un homme de 45 ans s’introduit au domicile de Louis de Redon, fraîchement élu maire de Romorantin-Lanthenay. Il profère des menaces de mort. L’échange est capté par une caméra de surveillance, selon La Nouvelle République. Cette pièce constitue l’élément central du dossier transmis au parquet de Blois.
L’auteur des menaces est le conjoint de Marie Faisant, élue d’opposition siégeant au conseil municipal. Louis de Redon a lui-même rendu l’incident public, remerciant son groupe municipal pour son soutien dans ce qu’il décrit, sur Facebook, comme « un moment un peu difficile », tout en affirmant que l’agression ne l’empêchera pas de poursuivre son mandat.
Composition pénale : une procédure sans audience
La condamnation prononcée le 28 avril 2026 est une composition pénale - une procédure alternative aux poursuites classiques, proposée par le procureur et acceptée par l’auteur des faits. Elle ne passe pas par une audience de jugement contradictoire.
La sanction comprend trois volets : un stage de citoyenneté, une amende de 350 euros, et une interdiction de tout contact avec Louis de Redon pendant six mois. Le tribunal judiciaire de Blois est compétent pour les affaires pénales du Loir-et-Cher.
Des tensions nées d’une liste commune
L’incident s’inscrit dans un contexte politique local tendu. Louis de Redon et Marie Faisant partageaient initialement la même liste aux élections municipales de mars 2026. Leur rupture a été exposée publiquement lors d’un conseil communautaire le 22 avril 2026, selon La Nouvelle République.
Le groupe majoritaire « Romorantin-Lanthenay au cœur » a pris position après la révélation des faits. Il apporte un soutien au maire et annonce ne plus collaborer avec Marie Faisant, dénonçant des actes « contraires à la démocratie », selon la page Facebook du groupe. La responsabilité personnelle de l’élue dans l’incident n’est pas établie par les sources disponibles.
Louis de Redon, élu le 27 mars 2026 avec plus de 60 % des voix au second tour, succède à Jeanny Lorgeoux, qui dirigeait la ville depuis 41 ans. Il est par ailleurs vice-président du Conseil départemental de Loir-et-Cher, chargé du développement durable depuis 2023, et a été conseiller du ministre de l’Agriculture jusqu’en 2026. Sur la participation citoyenne locale, son mandat s’annonce engagé dès ses premières semaines.
Contexte dans le Loir-et-Cher
Le Loir-et-Cher compte 267 maires et près de 3 500 élus municipaux, selon les données INSEE 2025. Les femmes représentent 24 % des maires du département. Aucune affaire similaire de menaces contre un élu local n’avait été signalée dans le département en 2025, selon La Nouvelle République - ce qui rend le cas isolé dans le contexte local récent.
À l’échelle nationale, les atteintes aux élus ont reculé de 9,35 % entre 2023 et 2024, passant de 2 759 à 2 501 procédures, selon le ministère de l’Intérieur relayé par Vie-publique.fr. Les maires restent les premiers visés : 64 % des cas recensés. Les menaces et outrages constituent les infractions les plus fréquentes. Des faits comme les violences à l’encontre de particuliers en milieu rural rappellent que les tensions peuvent dégénérer rapidement même dans des communes de taille modeste.
Romorantin-Lanthenay, préfecture du sud du Loir-et-Cher, est la deuxième ville du département avec environ 17 000 habitants. C’est la première affaire judiciaire à impliquer directement son maire depuis la prise de fonctions de Louis de Redon.
Le maire entend poursuivre son mandat
Sur sa page Facebook, Louis de Redon a remercié le groupe municipal pour son soutien, indiquant que l’agression ne modifiera pas le cours de son mandat. La mairie n’a pas communiqué de position officielle complémentaire à ce stade. L’interdiction de contact court sur six mois à compter de la décision du 28 avril 2026, soit jusqu’à fin octobre 2026.
L’affaire pourrait peser sur les relations au sein du conseil municipal de Romorantin-Lanthenay, où Marie Faisant siège désormais dans une opposition formelle vis-à-vis du groupe majoritaire. Les conséquences institutionnelles de cette rupture restent à préciser.
Sources
- La Nouvelle République : Menaces de mort contre le maire de Romorantin : un homme condamné à un stage de citoyenneté et à 350 € d'amende
- La Nouvelle République : Municipales 2026 : Louis de Redon impose la relève à Romorantin avec plus de 60% des voix
- Mag Centre : Louis de Redon, nouveau maire de Romorantin : « Je suis avant tout un tracteur qui creuse son sillon »
- Vie-publique.fr : Quel bilan sur les agressions d'élus ?