Tennis : le mercato des coachs s’emballe avant l’US Open
Alcaraz, Djokovic, Tsitsipas, Swiatek le carrousel des entraîneurs tourne à plein régime à l'approche du dernier Grand Chelem de la saison.
Sept mois après la rupture Alcaraz-Ferrero, le tennis mondial vit une saison de chaises musicales inédite sur les bancs de touche. Djokovic, Tsitsipas et Swiatek ont tous changé de staff en 2026, redessinant les équilibres avant l'US Open.
L’essentiel
- Alcaraz : séparation avec Juan Carlos Ferrero en décembre 2025, après sept ans de collaboration (Sky Sports).
- Djokovic : nomination de Viktor Troicki comme entraîneur principal le 20 mai 2026, juste avant Roland-Garros (Olympics).
- Tsitsipas : rupture définitive avec son père Apostolos le 28 juin 2026, puis arrivée de Thomas Perrin et de Patrick Mouratoglou le 29 juin (Tennis Up To Date).
- Swiatek : licenciement de Wim Fissette le 23 mars 2026, remplacé par Francisco Roig dès le 2 avril (WTA Tour, Tennis Now).
- Mboko : la Canadienne, entrée dans le top 10, a récupéré Wim Fissette en mai 2026, avant Roland-Garros (Olympics).
Le circuit professionnel a rarement connu un tel roulement de staffs techniques en si peu de mois. Depuis l’hiver, les bancs de touche du tennis mondial ressemblent à une salle des coffres où les clés changent de main à un rythme effréné. Et à l’approche de l’US Open, aucun signe d’apaisement.
Chez les hommes, les certitudes s’effondrent
Le signal de départ a été donné en décembre 2025, quand Carlos Alcaraz a mis fin à sept ans de complicité avec Juan Carlos Ferrero, selon Sky Sports. Une décision qui a surpris tant le duo semblait indissociable depuis les débuts professionnels de l’Espagnol. Le clan Alcaraz n’a pas détaillé publiquement les raisons de cette rupture, mais le mouvement a ouvert une saison où plus rien ne semble figé sur le circuit.
Novak Djokovic a suivi le mouvement à sa manière. Le Serbe a officialisé le 20 mai 2026, à la veille de Roland-Garros, l’arrivée de son compatriote et ancien partenaire de double Viktor Troicki au poste d’entraîneur principal, d’après Olympics. Un choix qui s’inscrit dans la longue tradition de Djokovic de s’entourer de proches issus du tennis serbe.
Mais le mouvement le plus spectaculaire reste celui de Stefanos Tsitsipas. Le Grec a acté le 28 juin 2026 la fin de sa collaboration avec son père Apostolos, qui l’entraînait depuis ses débuts, rapporte Tennis Up To Date. Cette fois, la rupture est présentée comme définitive. Le joueur a recruté Thomas Perrin, issu de l’académie de Patrick Mouratoglou, avant que ce dernier ne rejoigne lui-même l’encadrement le 4 juillet.
Le duo Perrin-Mouratoglou aura moins de deux mois pour installer ses marques avant le rendez-vous new-yorkais. Un délai court, mais Mouratoglou a déjà prouvé par le passé sa capacité à produire des résultats rapides sur un tableau de Grand Chelem.
Chez les femmes, Roig au cœur du jeu de dominos
Côté WTA, c’est Iga Swiatek qui a déclenché la première secousse. Après sa défaite à Miami, la Polonaise s’est séparée de Wim Fissette le 23 mars 2026, selon le WTA Tour. Dix jours plus tard, le 2 avril, elle annonçait le recrutement de Francisco Roig, ancien bras droit de Rafael Nadal pendant des années sur le circuit, précise Tennis Now. L’objectif affiché : retrouver des repères sur terre battue.
Ce recrutement a lui-même déclenché une réaction en chaîne. Roig venait tout juste de rompre avec le Français Giovanni Mpetshi Perricard fin mars 2026 pour rejoindre le clan Swiatek, selon Tennis Temple. Avant cela, l’Espagnol avait déjà quitté Emma Raducanu en janvier 2026, d’un commun accord, à la suite de l’Open d’Australie, rapporte Tennis News. Trois collaborations rompues ou nouées en l’espace de trois mois pour le même homme.
Wim Fissette, lui, n’est pas resté longtemps sans banc. La jeune Canadienne Victoria Mboko, propulsée dans le top 10 mondial, l’a recruté en mai 2026, quelques jours avant le début de Roland-Garros, selon Olympics. Un pari sur l’expérience du Belge, déjà passé par les vestiaires de plusieurs numéros un mondiales.
Contexte pour le tennis français
La France n’est pas épargnée par ce grand chambardement. Giovanni Mpetshi Perricard, l’un des espoirs les plus en vue du circuit tricolore, s’est retrouvé sans entraîneur du jour au lendemain quand Francisco Roig a choisi de partir vers le projet Swiatek. Un contretemps pour le géant du service français, qui doit désormais reconstruire un encadrement technique en pleine saison, sans que la suite de ce dossier n’ait été communiquée à ce stade. Ce genre de rupture illustre la fragilité des équilibres construits parfois sur plusieurs saisons, et le poids grandissant des stars du top mondial dans la chasse aux meilleurs techniciens. Sur le plan économique, ce mercato des coachs s’accompagne aussi d’un mercato sponsoring dense autour d’Alcaraz, preuve que les grands noms du tennis mondial pèsent aussi sur le marché français des marques.
Le mouvement ne s’arrête pas au top 5
La vague touche aussi la profondeur du classement. L’Américain Frances Tiafoe avait ouvert le bal dès octobre 2025 en se séparant de David Witt pour repenser son staff technique, selon Ubitennis. Plus récemment, l’Allemand Jan-Lennard Struff a vu son entraîneur rejoindre le clan du jeune Justin Engel après le parcours de ce dernier jusqu’en quart de finale à Wimbledon, selon les informations relayées sur le réseau X.
Le Britannique Jack Draper illustre lui aussi cette recomposition des staffs, avec l’arrivée d’Andy Murray comme entraîneur pour l’accompagner dans son retour à la compétition.
Sur le compte spécialisé TennisPodcast, l’expression employée résume bien l’ambiance du moment : un « summer coaching carousel » qui n’en finit pas de tourner. Comme dans d’autres sports où les fenêtres de mercato imposent leur propre tempo, le tennis vit une période où les choix de staff pèsent autant que les choix de raquette.
Avec l’US Open qui approche, chaque duo joueur-entraîneur aura peu de temps pour faire ses preuves. La suite se jugera sur le court, à New York.