Métlaoui : blocage de routes après des jours sans eau sous 43°C
Des habitants du gouvernorat de Gafsa ont manifesté samedi contre des coupures prolongées d'eau potable en pleine canicule, bloquant l'entrée de la ville et brûlant des pneus pour dénoncer l'inaction des autorités.
Samedi 11 juillet 2026, les habitants de Métlaoui ont bloqué les routes d'accès à la ville et brûlé des pneus pour protester contre des coupures d'eau qui durent depuis plusieurs jours. Sous des températures dépassant 41°C, la colère monte dans cette commune du gouvernorat de Gafsa, où un chantier de la SONEDE a aggravé une crise déjà chronique.
L’essentiel
- 11 juillet 2026 : blocage de routes et pneus brûlés à Métlaoui après plusieurs jours sans eau potable
- 41°C à 43°C : canicule dans le gouvernorat de Gafsa au moment des coupures
- 8 juillet : premières manifestations dans le quartier Cité El Amal-Trabelsia
- Puits Baraka 5 : remise en service ordonnée en urgence par le gouverneur après l’arrêt d’un chantier SONEDE
La tension est montée d’un cran samedi à Métlaoui. Des habitants excédés ont bloqué les routes d’accès à cette ville minière du gouvernorat de Gafsa et brûlé des pneus pour dénoncer des coupures d’eau qui durent depuis plusieurs jours. Sous une canicule qui fait grimper le thermomètre à plus de 41°C, l’absence d’eau potable est devenue insupportable.
La colère couvait depuis le mercredi 8 juillet, lorsque les habitants du quartier Cité El Amal-Trabelsia ont manifesté publiquement, selon La Presse de Tunisie. Le week-end, le mouvement s’est étendu à l’ensemble de la ville.
Un chantier de la SONEDE à l’origine de la crise
Selon La Presse, la crise découle d’un incident technique survenu lors d’un chantier de modernisation mené par la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) sur la canalisation reliant deux puits. Les travaux d’interconnexion, censés améliorer le réseau, ont provoqué une panne généralisée.
Face à l’ampleur de la protestation, le gouverneur de Gafsa a ordonné l’arrêt immédiat du chantier. La direction régionale de la SONEDE a reçu l’injonction de rebrancher les anciennes installations et de remettre en service le puits Baraka 5 en urgence. Mais cette réponse n’a pas suffi à calmer les habitants.
Plusieurs jours sans eau sous une chaleur extrême
Les manifestants dénoncent des interruptions qui durent depuis plusieurs jours, voire plus d’une semaine pour certains, rapporte Business News. Dans une région où le mercure atteint 41°C à 43°C, l’absence d’eau potable devient un risque sanitaire.
Les protestataires reprochent aux autorités locales et à la direction régionale de la SONEDE leur silence total, selon Kapitalis. Aucune communication officielle n’a été diffusée pour expliquer la situation ou annoncer un calendrier de rétablissement.
Des infrastructures vieillissantes pointées du doigt
Au-delà de la panne actuelle, les habitants de Métlaoui exigent une refonte complète du réseau hydraulique. Selon Kapitalis, ils réclament des réformes radicales pour mettre fin aux pénuries récurrentes qui frappent la ville chaque été.
Le réseau actuel, vieillissant, peine à supporter la hausse saisonnière de la consommation. Les travaux de modernisation engagés par la SONEDE, censés apporter une solution durable, ont paradoxalement aggravé la crise à court terme.
Contexte en Tunisie
Métlaoui, située à environ 40 kilomètres de Gafsa, est une ville minière du sud tunisien. La région, historiquement marquée par l’extraction du phosphate, connaît des tensions sociales récurrentes liées aux conditions de vie et à l’accès aux services publics.
La Tunisie fait face à un stress hydrique structurel aggravé par le changement climatique. Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, le pays dispose de moins de 500 m³ d’eau douce par habitant et par an, bien en dessous du seuil de pénurie fixé à 1 000 m³. Les vagues de chaleur estivales amplifient la pression sur des infrastructures déjà fragilisées.
Les gouvernorats du sud, dont Gafsa, sont particulièrement vulnérables. La combinaison de températures extrêmes et de réseaux hydrauliques défaillants y provoque régulièrement des mouvements de protestation. En juillet 2021, des manifestations similaires avaient éclaté à Kasserine et Sidi Bouzid pour les mêmes raisons.
Une mobilisation qui s’inscrit dans la durée
Le blocage de samedi marque une escalade dans un bras de fer qui dure depuis plusieurs jours. Les habitants de Métlaoui ne réclament plus seulement le rétablissement immédiat de l’eau, mais une garantie que de telles coupures ne se reproduiront pas.
Les autorités locales et la SONEDE n’ont pas encore réagi publiquement à cette nouvelle vague de protestation. La question du calendrier de reprise normale de la distribution reste sans réponse officielle à ce stade.