Métropole de Lyon : trois fusillades en un week-end, le point sur les enquêtes
Samedi 27 et dimanche 28 juin, des tirs à Saint-Fons, Vénissieux et Lyon 7e ont fait deux blessés. La police judiciaire saisie.
La métropole de Lyon a été marquée par une série de violences par armes à feu durant le week-end des 27 et 28 juin. Trois épisodes distincts se sont produits à Saint-Fons, Vénissieux et dans le 7e arrondissement de Lyon, faisant deux blessés. Les enquêtes ont été confiées à la police judiciaire.
L’essentiel
- Saint-Fons : samedi 27 juin vers 20h, un individu cagoulé en trottinette tirent à la Kalachnikov devant le bar-tabac Le Stadium. Un blessé léger par éclats de verre.
- Vénissieux : dimanche 28 juin vers midi, tirs sur la porte d’un appartement occupé quartier Max-Barel. Aucun blessé.
- Lyon 7e : dimanche 28 juin en début d’après-midi, un jeune homme est blessé aux jambes rue Chevreul par un assaillant à trottinette.
La métropole lyonnaise a connu un week-end sous tension. Trois fusillades distinctes se sont produites entre le samedi 27 et le dimanche 28 juin 2026 dans trois localités différentes. Si le lien direct entre ces événements n’est pas encore établi, le mode opératoire - des tireurs circulant à trottinette - interroge les enquêteurs.
Saint-Fons : une exécution qui manque sa cible
Samedi 27 juin, vers 20 heures, deux hommes cagoulés arrivent à trottinette devant le bar-tabac Le Stadium, avenue Jean-Jaurès à Saint-Fons. Selon LyonMag, ils cherchaient le gérant de l’établissement avant d’ouvrir le feu à au moins neuf reprises avec une arme de type Kalachnikov. Un client présent sur place est légèrement blessé par des éclats de verre. Le gérant, absent au moment des faits, n’a pas été touché.
Les tirs provoquent la panique dans ce quartier populaire. La police nationale a rapidement bouclé le secteur. Une enquête pour tentative d’homicide a été ouverte et confiée à la police judiciaire de Lyon.
Vénissieux : des tirs d’intimidation dans le quartier Max-Barel
Le lendemain, dimanche 28 juin, vers midi, des coups de feu retentissent dans le quartier Max-Barel à Vénissieux. Selon Le Progrès, les tirs visent la porte d’un appartement occupé. Les occupants, présents à l’intérieur au moment des faits, sont indemnes mais choqués. Deux hommes masqués sont suspectés d’être les auteurs, selon LyonCapitale.
Le parquet de Lyon n’a pas encore communiqué sur la qualification retenue, mais l’hypothèse d’un règlement de comptes ou d’une intimidation liée au trafic de stupéfiants est privilégiée. Vénissieux est régulièrement citée comme une zone de forte activité des réseaux de drogue.
Lyon 7e : un jeune homme blessé en pleine rue
Quelques heures plus tard, en début d’après-midi ce même dimanche, un jeune homme est blessé par balles aux jambes rue Chevreul, dans le 7e arrondissement de Lyon. Les deux tireurs, également à trottinette selon Le Progrès, prennent la fuite après avoir fait feu. La victime, dont l’identité n’a pas été révélée, a été transportée à l’hôpital. Ses jours ne sont pas en danger.
Ce troisième épisode, en secteur urbain densément peuplé, ravive les inquiétudes sur la circulation des armes à feu et l’audace des narcotrafiquants. La police judiciaire est également saisie de cette enquête.
Contexte dans le Rhône
La métropole de Lyon, première agglomération de la région Auvergne-Rhône-Alpes, connaît une recrudescence des violences par armes à feu ces dernières années, souvent liées au trafic de stupéfiants. Selon les données du ministère de l’Intérieur, le Rhône enregistre chaque année plusieurs dizaines de fusillades, dont une partie dans les quartiers sensibles de Vénissieux, Saint-Fons et les arrondissements lyonnais. Ces trois épisodes en 24 heures constituent une intensité inhabituelle, même si des séries similaires ont déjà été observées en 2023 et 2025.
La provocation des trafiquants : un tag géant à Vénissieux
Dans ce climat tendu, un autre signal de l’emprise des trafiquants est apparu à Vénissieux. Selon RadioScoop, un tag géant a été peint sur la façade d’une tour du boulevard Lénine, au 15e étage, affichant les horaires d’ouverture d’un point de deal. Visible depuis plusieurs centaines de mètres, ce graffiti est une provocation directe aux forces de l’ordre. La ville de Vénissieux a annoncé son intention de porter plainte et de nettoyer l’immeuble rapidement.
Ces événements interviennent alors que le gouvernement a récemment annoncé un renforcement des effectifs de police dans la métropole lyonnaise. Les enquêtes en cours devront déterminer si ces tirs sont liés entre eux, ou s’il s’agit d’actes isolés. Les prochaines semaines seront décisives pour l’évolution de la situation sécuritaire.