Metz : un conseiller RN dénonce un « bordel » lors des mariages en mairie, le maire réfute
Étienne Anstett, président du groupe RN-UDR au conseil municipal, s'en prend aux 400 cérémonies annuelles à l'hôtel de ville. François Grosdidier n'y voit pas de problème.
Le conseiller municipal RN Étienne Anstett a dénoncé le 13 juin 2026, dans Le Républicain Lorrain, un « bordel sous le drapeau français » lié aux quelque 400 mariages célébrés chaque année à l'hôtel de ville de Metz. Le maire François Grosdidier a répondu n'avoir « jamais entendu les riverains se plaindre ».
L’essentiel
- 400 mariages par an : c’est le nombre de cérémonies civiles célébrées chaque année à l’hôtel de ville de Metz, selon Le Républicain Lorrain.
- 17,63 % au second tour : score d’Étienne Anstett (RN-UDR) aux municipales de mars 2026, qui l’a placé en deuxième force d’opposition à Metz.
- 50,56 % : score de François Grosdidier (DVD) lors de sa réélection à la mairie de Metz en mars 2026.
- Charte 2022 : la Ville de Metz dispose d’un document réglementant les cérémonies de mariage (stationnement, interdiction du jet de riz, respect de la tranquillité publique).
- 3 911 mariages : nombre d’unions enregistrées en Moselle en 2024, selon l’INSEE.
Ce que le conseiller RN a déclaré
C’est dans les colonnes du Républicain Lorrain du 13 juin 2026 qu’Étienne Anstett a mis le feu aux poudres. Le président du groupe RN-UDR au conseil municipal de Metz a visé les quelque 400 mariages célébrés chaque année à l’hôtel de ville, place d’Armes. Selon ses termes rapportés par le journal, ces cérémonies génèrent un « bordel sous le drapeau français » : foules hurlantes sur la place, troubles au recueillement des fidèles de la cathédrale voisine, hôtel de ville « envahi ».
Anstett évoque aussi les enterrements civils organisés dans le même bâtiment. L’élu n’a pas précisé, selon les informations disponibles, s’il a recueilli des témoignages formels de riverains ou de fidèles de la cathédrale Saint-Étienne. Le Républicain Lorrain ne fait état d’aucune plainte déposée en lien avec ces cérémonies.
La réponse du maire
François Grosdidier, réélu en mars 2026 avec 50,56 % des suffrages, a réagi sobrement. « Je n’ai jamais entendu les riverains se plaindre », a-t-il déclaré au Républicain Lorrain. Le maire n’a pas annoncé de révision du fonctionnement des cérémonies, ni de débat spécifique au prochain conseil municipal. Le dernier conseil connu remonte au 4 juin 2026 ; aucun ordre du jour sur ce sujet n’est publié à ce stade, selon le site de la Ville de Metz.
La commune dispose pourtant d’un cadre existant : une charte adoptée en 2022 réglemente précisément le déroulement des mariages à l’hôtel de ville. Elle prévoit des règles de stationnement, l’interdiction du jet de riz et un engagement des familles au respect de la tranquillité publique. Les cérémonies ont lieu le mercredi matin, le vendredi après-midi et le samedi toute la journée.
Un profil d’opposition fraîchement installé
Étienne Anstett s’est imposé comme la principale figure de l’opposition messine à l’issue des municipales de mars 2026. Sa liste « Un Avenir à Metz » (RN-UDR) a obtenu 17,63 % au second tour, faisant du RN la première force d’opposition au conseil municipal. Il préside désormais le groupe RN-UDR. La sortie sur les mariages s’inscrit dans une stratégie d’interpellation régulière de l’exécutif local, sans que ce sujet précis ait fait l’objet d’un débat formel en séance.
Pour mémoire, Metz a récemment concentré l’attention médiatique sur d’autres sujets de sécurité publique, sans lien avec cette polémique.
Contexte dans le département
Metz est la préfecture de la Moselle et compte 121 695 habitants selon l’INSEE (données 2022). La place d’Armes, où se trouve l’hôtel de ville, est l’une des places centrales les plus fréquentées du centre-ville, à quelques mètres de la cathédrale Saint-Étienne. La cohabitation entre cérémonies civiles et vie de quartier n’est pas propre à Metz : dans plusieurs grandes communes françaises, la gestion des flux liés aux mariages en mairie fait l’objet de chartes similaires.
À l’échelle départementale, l’INSEE recense 3 911 mariages en Moselle pour l’année 2024 (contre 3 742 en 2023), soit une légère hausse. Les 400 mariages annuels à Metz représenteraient ainsi environ 10 % du total mossellan, ce qui est cohérent avec le poids démographique de la ville-préfecture. Ces chiffres ne sont cependant attestés que par une seule source média pour ce qui concerne l’hôtel de ville précisément.
La dynamique politique locale est également à situer : depuis mars 2026, Metz dispose d’un conseil municipal renouvelé, avec une opposition RN structurée pour la première fois. Anstett avait également affronté Grosdidier lors de l’élection à la présidence de la Métropole, en avril 2026, sans succès.
Une polémique sans suite institutionnelle annoncée
À ce stade, la déclaration d’Étienne Anstett n’a pas débouché sur une demande formelle de modification du règlement ou sur un dépôt de motion. Aucun riverain ni représentant du diocèse n’a publiquement pris position dans les médias locaux disponibles. La mairie n’a pas non plus communiqué sur une éventuelle révision de la charte de 2022.
La question de l’organisation des cérémonies en hôtel de ville pourrait néanmoins revenir en séance si l’opposition choisit de la porter formellement au prochain conseil municipal, dont la date n’est pas encore annoncée.
