Meurthe-et-Moselle : le préfet interdit le « gaz hilarant » récréatif jusqu’au 13 septembre

L'arrêté signé le 13 mai vise la consommation publique, la détention nocturne et l'abandon de cartouches dans tout le département

Meurthe-et-Moselle : le préfet interdit le « gaz hilarant » récréatif jusqu'au 13 septembre
Illustration Christophe Weber / info.fr

Le préfet Yves Séguy a signé le 13 mai 2026 un arrêté interdisant le protoxyde d'azote récréatif en Meurthe-et-Moselle jusqu'au 13 septembre. Il prolonge une première mesure datant de décembre 2025. Vingt-trois verbalisations ont déjà été dressées depuis le début de l'année.

Le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, a signé le 13 mai 2026 un arrêté réglementant la détention et la consommation de protoxyde d’azote (N2O, dit « gaz hilarant ») à des fins récréatives dans l’ensemble du département. Le texte, publié au recueil des actes administratifs le 15 mai, est entré en vigueur immédiatement.

L’essentiel

  • Date de signature : 13 mai 2026, par le préfet Yves Séguy.
  • Durée : jusqu’au 13 septembre 2026 inclus.
  • Trois interdictions : consommation récréative sur la voie publique, détention/transport entre 18h et 8h, jet ou abandon de cartouches.
  • 23 verbalisations enregistrées au premier trimestre 2026 dans le département, selon l’Est Républicain.
  • Amende jusqu’à 15 000 € en cas d’incitation d’un mineur à la consommation.

Ce que l’arrêté interdit précisément

Trois catégories d’actes sont explicitement prohibées. Première interdiction : la consommation à des fins récréatives sur la voie publique et dans les espaces publics. Deuxième interdiction : la détention et le transport de protoxyde d’azote entre 18h et 8h, tous les jours de la semaine. Troisième interdiction : le jet ou l’abandon de cartouches et récipients dans l’espace public.

Les forces de l’ordre - police nationale, gendarmerie, CRS - sont autorisées à verbaliser et à saisir les contenants. Les sanctions peuvent atteindre 15 000 € d’amende en cas d’incitation d’un mineur, selon Magnum La Radio. Les usages professionnels, médicaux ou industriels dûment justifiés restent exclus du champ de l’arrêté.

Une prolongation d’un arrêté de décembre 2025

Publicité

Ce texte n’est pas une première. Un arrêté précédent, signé le 23 décembre 2025, interdisait déjà ces usages récréatifs dans l’espace public. Il expirait le 15 mai 2026. Le nouvel arrêté prend le relais sans interruption et court jusqu’au 13 septembre, selon l’Est Républicain et Magnum La Radio.

Au premier trimestre 2026, la direction interdépartementale de la police nationale a procédé à 23 verbalisations liées à la vente et à la consommation de protoxyde d’azote dans le département, toujours selon l’Est Républicain. Ce chiffre a motivé la prolongation de la mesure.

Contexte dans la Meurthe-et-Moselle

Le département, dont Nancy est la préfecture, a vu comme d’autres territoires urbains la multiplication des cartouches abandonnées sur la voie publique, signe visible d’une consommation récréative concentrée dans les espaces festifs. La mesure couvre l’ensemble du département, pas uniquement les zones urbaines.

La Meurthe-et-Moselle n’est pas isolée dans cette démarche. De nombreuses préfectures françaises ont adopté des arrêtés similaires ces deux dernières années, souvent en période estivale, pour encadrer un phénomène qui touche prioritairement les jeunes. On peut rapprocher cette logique préventive d’autres contrôles en milieu scolaire observés ailleurs en France. La problématique des substances détournées de leur usage légal mobilise aussi les services douaniers, comme l’illustre l’opération anti-stups menée au port du Crouesty.

Risques sanitaires : le troisième produit psychoactif consommé en France

Le protoxyde d’azote est la troisième substance psychoactive la plus consommée en France, derrière l’alcool et le cannabis, selon les données reprises par Magnum La Radio et l’Est Républicain. Ses effets récréatifs sont immédiats mais ses risques sont documentés : vertiges, asphyxie lors d’une inhalation prolongée, carence sévère en vitamine B12, troubles neurologiques pouvant aller jusqu’à des paralysies en cas de consommation répétée.

Le produit est légalement disponible dans le commerce pour des usages culinaires (siphons à crème) ou médicaux (anesthésie). Ce double statut complique son encadrement.

Un durcissement national en parallèle

L’arrêté préfectoral s’inscrit dans un mouvement législatif plus large. Le projet de loi RIPOST, présenté en mars 2026, prévoit des délits spécifiques : un an d’emprisonnement et 3 750 € d’amende pour inhalation, deux ans et 7 500 € pour transport sans motif légitime, trois ans et 9 000 € pour conduite sous emprise, selon Le Monde. Le Sénat a par ailleurs voté en mai 2026 l’interdiction de la vente de protoxyde d’azote aux particuliers.

À Nancy, ces mesures locales et nationales convergent vers un même objectif : tarir l’usage récréatif d’un produit qui génère à la fois des nuisances publiques et des dommages sanitaires graves chez les plus jeunes consommateurs.

Le prochain point de bascule sera le 13 septembre 2026 : la préfecture devra alors décider de laisser expirer l’arrêté ou de le reconduire une nouvelle fois, selon l’évolution des verbalisations et l’avancement du projet de loi RIPOST au Parlement.

Sources

Christophe Weber

Christophe Weber

Christophe est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Meurthe-et-Moselle (54), avec Nancy pour chef-lieu. Spécialité du département : Place Stanislas UNESCO et frontière Luxembourg. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie