Meuse : Libre Forêt achète 14 ha à Tréveray pour les laisser vivre sans intervention
L'association lorraine a acquis en 2025 la parcelle CHAUFOUR à Tréveray, une hêtraie de près de 14 hectares soustraite à toute exploitation forestière.
L'association Libre Forêt, basée à Villers-lès-Nancy, a acheté en 2025 une parcelle de près de 14 hectares à Tréveray, en Meuse. Objectif laisser ce bois évoluer sans aucune intervention humaine. Une balade organisée sur site le 28 mars 2026 a réuni une vingtaine de personnes.
L’association Libre Forêt, basée à Villers-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), a acquis en 2025 une parcelle forestière de 13 ha 97 ares 30 ca à Tréveray, commune de la Meuse. Cette forêt, baptisée CHAUFOUR, ne sera ni coupée, ni gérée, ni exploitée. Elle est vouée à la libre évolution.
L’essentiel
- Surface : 13 ha 97 ares 30 ca (environ 14 ha) acquis à Tréveray (Meuse, 55) en 2025
- Parcelle : CHAUFOUR, jeune futaie hêtraie sur sol argilo-calcaire, en libre évolution depuis 30 à 50 ans
- Association : Libre Forêt, créée le 3 septembre 2021, siège à Villers-lès-Nancy, propriétaire de trois forêts et gestionnaire d’une quatrième via bail emphytéotique
- Événement : balade sur site le 28 mars 2026, une vingtaine de participants, au café citoyen Les 3 Vallées
- Médias : article Reporterre publié le 12 mai 2026, relais @Mondi_Alisation le 18 mai 2026
Une hêtraie issue d’anciennes carrières
La parcelle CHAUFOUR tire son nom d’anciennes carrières d’extraction de minerais de fer, abandonnées vers 1860. Depuis, le bois a repoussé naturellement. Selon le site officiel de Libre Forêt, le peuplement est une jeune futaie sur sol argilo-calcaire, composée de hêtraies variées - mésophile à Aspérule odorante et méso-xérophile - avec des boisements naturels issus de ces anciennes excavations. La forêt est en libre évolution depuis trente à cinquante ans.
Cette absence d’exploitation passée constitue précisément ce qui a motivé l’acquisition, selon l’association. Le sol porte les traces géologiques de l’activité extractive du XIXe siècle, ce qui confère au site un intérêt écologique particulier.
Un financement par dons et mécénat
L’achat a été rendu possible par une campagne de financement participatif lancée en 2023, adossée aux dons des adhérents et donateurs de l’association. Libre Forêt cite parmi ses soutiens les Fonds de dotation Biodiversité Environnement Solidarité, Léa nature et Vitamont, ainsi que le Cabinet GARTNER Avocats associés, LOR’N BIO et La Fabrique à Filets.
L’association, dont les statuts ont été déposés en préfecture le 3 septembre 2021, est désormais propriétaire de trois forêts en Lorraine et gestionnaire via un bail emphytéotique de 99 ans d’une quatrième parcelle. La parcelle de Tréveray est la première acquisition en Meuse.
Une balade pour sensibiliser, le 28 mars 2026
Le 28 mars 2026, Libre Forêt a organisé une rencontre et une balade sur la parcelle CHAUFOUR. Une vingtaine de participants se sont retrouvés au bar Les 3 Vallées, café citoyen de Tréveray, avant de parcourir le bois. Deux journalistes du média Reporterre, Zoé et Mathieu, étaient présents pour un reportage publié le 12 mai 2026.
Le compte @Mondi_Alisation (Mr Mondialisation) a relayé l’initiative le 18 mai 2026 dans une sélection de « bonnes nouvelles de la semaine ».
Contexte dans la Meuse
La Meuse est un département à dominante rurale et forestière. Les forêts y couvrent une part significative du territoire, largement gérées par l’Office national des forêts ou des propriétaires privés en exploitation sylvicole. L’initiative de Libre Forêt s’inscrit à rebours de cette logique productive : aucune coupe, aucune gestion, aucun prélèvement.
La libre évolution - ou « forêt primaire reconstituée » - est un concept défendu par des associations naturalistes qui considèrent que la non-intervention favorise la biodiversité, la régénération naturelle et la résilience des écosystèmes forestiers. En Meuse, les surfaces officiellement sanctuarisées sous ce régime restent rares. L’acquisition de Tréveray constitue un jalon concret, même à l’échelle de 14 hectares.
Reporterre a consacré un article au sujet le 12 mai 2026, titrant sur la nécessité de « changer notre regard » sur les forêts lorraines. Le journal en ligne spécialisé dans les questions environnementales décrit la démarche de Libre Forêt comme une réponse locale à une tendance de fond : la reconnaissance de la valeur écologique des forêts non exploitées.
Un modèle associatif à l’échelle régionale
Libre Forêt ne se limite pas à la Meuse. Depuis Villers-lès-Nancy, l’association couvre la Lorraine au sens large. Ses acquisitions précédentes ne sont pas détaillées géographiquement dans les sources disponibles, mais le portefeuille de quatre forêts - trois en propriété, une en bail emphytéotique - témoigne d’une montée en puissance depuis 2021.
Le modèle repose sur les dons privés, les adhésions via HelloAsso et le soutien de fondations. Libre Forêt ne perçoit pas de subventions publiques identifiées dans les sources consultées. Les parcelles acquises sont retirées du marché forestier de manière pérenne : la vocation de libre évolution est inscrite dans les actes d’acquisition, selon le site de l’association.
Pour les forêts en Meuse comme ailleurs, les initiatives citoyennes sur les questions environnementales se multiplient à l’échelle locale, souvent portées par des structures associatives de petite taille mais au rayonnement médiatique croissant.
La prochaine étape pour Libre Forêt en Meuse n’a pas été communiquée à ce stade. L’association indique sur son site qu’elle cherche à acquérir de nouvelles parcelles en Lorraine, sans préciser de calendrier ni de localisation.