Michelin à Ladoux : la relocalisation dope les demandes de pistes cyclables

Le transfert de personnel des Carmes vers Ladoux accélère la demande d'aménagements cyclables dans les zones économiques de Clermont Auvergne Métropole.

Michelin à Ladoux : la relocalisation dope les demandes de pistes cyclables
Illustration Audrey Faure / info.fr

Depuis le transfert d'une partie des salariés Michelin du site des Carmes vers celui de Ladoux, les demandes d'aménagements piétons et cyclables se multiplient dans les zones d'activité économique. Clermont Auvergne Métropole adapte sa stratégie en conséquence.

Depuis le transfert d’une partie des salariés Michelin du site des Carmes vers celui de Ladoux, les demandes d’aménagements piétons et cyclables se multiplient dans les zones d’activité économique. Clermont Auvergne Métropole adapte sa stratégie en conséquence.

L’essentiel

  • 650 salariés Michelin concernés par le déménagement vers Ladoux en 2022, selon la CFDT Michelin.
  • 215 entreprises et 7 700 salariés sont implantés sur le pôle économique de Ladoux, selon Olivier Bianchi, président de Clermont Auvergne Métropole.
  • 365 km de réseau cyclable visés d’ici 2028 par le schéma cyclable métropolitain, pour un budget de 31 millions d’euros sur dix ans.
  • 3 000 salariés Michelin travaillent sur le site de Ladoux en 2026, avec plus de 500 covoitureurs actifs recensés début 2026, selon Le Parisien.
  • 8 848 emplois industriels perdus dans le Puy-de-Dôme entre 2003 et 2023, soit -17 %, selon La Montagne et l’INSEE.

Le projet Cataroux à l’origine du mouvement

Annoncé en 2021, le projet Cataroux prévoit la transformation du site historique Michelin du centre de Clermont-Ferrand en parc d’innovation. Pour libérer ces espaces, le groupe a déplacé une partie de ses effectifs vers le site de Ladoux, au nord de l’agglomération. En 2022, environ 650 salariés des bureaux d’études et méthodes ont été concernés par ce transfert, selon la CFDT Michelin. Le site de Ladoux emploie aujourd’hui environ 3 000 personnes chez Michelin, intégrées dans un pôle économique plus large.

Ce déménagement a eu un effet direct sur les habitudes de déplacement. Là où les salariés des Carmes pouvaient rejoindre leur poste à pied depuis le centre-ville, ceux de Ladoux se retrouvent dans une zone périurbaine moins bien desservie par les transports en commun et peu équipée en infrastructures douces.

Une pression nouvelle sur les aménagements cyclables

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Selon La Montagne, la relocalisation a entraîné une augmentation sensible des demandes de voies piétonnes et cyclables dans les zones d’activité économique. Sur X, un témoin résume la situation :

L’attente est concrète. Les salariés réclament des liaisons sécurisées depuis les villes voisines - Riom, Vichy, ou les communes de la première couronne - pour rejoindre Ladoux sans voiture. L’objectif : réduire les embouteillages aux heures de pointe sur les axes desservant le site.

En attendant ces aménagements, le covoiturage s’est développé. Début 2026, plus de 500 covoitureurs actifs étaient recensés sur le site de Ladoux, selon Le Parisien.

La métropole repense ses zones d’activité

Face à ces demandes, Clermont Auvergne Métropole ajuste sa doctrine. La collectivité considère désormais les zones d’activité économique comme des « lieux de vie », et non plus seulement de travail, selon La Montagne. Cette orientation implique des aménagements pour piétons et cyclistes, avec un souci d’impact environnemental limité.

Le pôle de Ladoux est l’un des principaux concernés. Olivier Bianchi, président de la métropole, le rappelle sur X :

Le schéma cyclable métropolitain, lancé en 2016 avec prise de compétence effective en 2017, vise 365 km de réseau structuré d’ici 2028. Son budget global s’élève à 31 millions d’euros sur dix ans, dont 27 millions en investissement, financés en partie par l’État et l’Europe, selon le site de Clermont Auvergne Métropole. Ce dispositif préexistait à la relocalisation Michelin, mais la pression exercée par les salariés de Ladoux lui donne aujourd’hui une justification supplémentaire. À titre de comparaison, d’autres territoires industriels français cherchent eux aussi à adapter leurs zones d’activité aux nouvelles mobilités du travail.

Contexte dans le Puy-de-Dôme

Le Puy-de-Dôme a perdu 8 848 emplois industriels entre 2003 et 2023, soit une baisse de 17 %, selon La Montagne et des données INSEE. Dans ce contexte de désindustrialisation progressive, Michelin reste un pilier de l’économie locale. Le groupe emploie directement près de 3 000 personnes à Ladoux, au sein d’un pôle qui rassemble 215 entreprises et 7 700 postes au total.

La question des mobilités douces dans les zones d’activité n’est pas propre à la métropole clermontoise. D’autres agglomérations françaises font face aux mêmes arbitrages entre accessibilité, attractivité et contraintes foncières. Certaines communes vont plus loin en intégrant dès la conception des quartiers une logique de mobilité durable. La spécificité de Clermont-Ferrand tient à l’effet déclencheur d’un grand employeur unique : ici, c’est la décision interne de Michelin qui a mis en mouvement la demande d’infrastructures publiques.

Un calendrier encore à préciser

La métropole n’a pas encore détaillé publiquement les tronçons cyclables prioritaires vers Ladoux ni leur calendrier de réalisation. Le schéma cyclable court jusqu’en 2028 : les prochaines années diront si les zones d’activité périurbaines seront effectivement intégrées dans les axes structurants. Les salariés déplacés, eux, n’attendent plus.

Sources

Audrey Faure

Audrey Faure

Audrey est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Puy-de-Dôme (63), avec Clermont-Ferrand pour chef-lieu. Spécialité du département : siege Michelin (35 000 emplois locaux) et chaine des Puys UNESCO. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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