Mirecourt : un fonds d’investissement mise sur les startups de la lutherie

Dans les Vosges, l'innovation numérique s'invite dans la capitale française de la lutherie pour préserver un savoir-faire séculaire.

Mirecourt : un fonds d'investissement mise sur les startups de la lutherie
Illustration Marc Humbert / info.fr

À Mirecourt, des dispositifs de financement régionaux soutiennent l'émergence de startups tech dans le secteur de la lutherie. Une ville où la fabrication d'instruments remonte à 1602 tente ainsi de concilier tradition artisanale et modernisation numérique.

Mirecourt, 5 000 habitants dans les Vosges, est reconnue comme la capitale française de la lutherie depuis le XVIIe siècle. Selon Wikipedia, la ville produisait plus de 80 000 instruments par an au XXe siècle. Aujourd’hui, une poignée d’artisans indépendants ont pris le relais des grandes manufactures, et des structures de financement cherchent à appuyer une nouvelle génération d’entrepreneurs du secteur.

Des dispositifs régionaux pour financer l’innovation

La région Grand Est dispose d’un Fonds de Maturation Régional, prévu dans son SRDEII, destiné à cofinancer des projets entre laboratoires et entreprises. Des accélérateurs montés en partenariat avec Bpifrance complètent ce dispositif. L’écosystème LORnTECH, labellisé nationalement dans le Sillon Lorrain et dont le périmètre inclut les Vosges, accompagne par ailleurs les startups numériques, notamment dans les filières IOT Manufacturing. Ces outils peuvent bénéficier à des porteurs de projets qui travaillent sur la numérisation des processus de fabrication d’instruments ou sur de nouveaux usages liés à la facture instrumentale.

Aucun fonds dédié exclusivement à la lutherie mirecurtienne n’a été annoncé officiellement à ce stade. Les initiatives identifiées s’inscrivent dans des dispositifs régionaux plus larges, dont les startups du secteur musical peuvent se saisir.

Une école d’excellence comme socle

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L’École nationale de lutherie, fondée en 1970 au lycée Jean-Baptiste Vuillaume, forme des luthiers de niveau BAC+3, financée par le Ministère de l’Éducation nationale. En 2025, ses élèves ont décroché les premier et deuxième prix au Concours international de lutherie à Paris, selon le site de la Geigenbauschule. L’école constitue un vivier pour les projets qui cherchent à allier maîtrise artisanale et outils numériques.

Un déclin historique, une renaissance fragile

Le secteur a traversé une crise profonde. En 1921, près de 1 000 personnes travaillaient dans les manufactures de violons de Mirecourt, rappellent Les Echos. La fermeture des grandes usines, dont J.T.L. en 1968, a réduit cette activité à quelques dizaines d’artisans. La renaissance tient aujourd’hui à la formation, aux concours et à l’intérêt croissant pour les instruments artisanaux.

Prochaine étape : le 2e Concours international de lutherie et d’archeterie de Mirecourt se tient du 2 au 5 juillet 2026, les inscriptions étant ouvertes jusqu’au 1er juin selon la mairie. La 6e édition de la Foire SLAM suivra du 6 au 8 novembre 2026 à l’Espace Flambeau, réunissant luthiers, archetiers et, cette année, acteurs de l’innovation du secteur.

Sources

Marc Humbert

Marc Humbert

Correspondant à Épinal, suit la filière bois, les tensions sur les forêts, l'imagerie et les débats sur les services publics. Diplômé de l'IFP Paris 2, il a travaillé en PQR vosgienne. Conviction : interroger les forestiers, les industriels du bois, les élus, vérifier les rapports de l'ONF avant de conclure.

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