Mondial 2026 : au Mexique, la grève des enseignants levée après 19 jours de tensions

Le syndicat CNTE a suspendu son mouvement social qui perturbait l'organisation de la Coupe du monde, après des négociations avec le gouvernement de Claudia Sheinbaum.

Mondial 2026 : au Mexique, la grève des enseignants levée après 19 jours de tensions
Illustration Ines Marechal / info.fr

En plein Mondial de football, le Mexique a connu une crise sociale sans précédent. Les enseignants grévistes, qui bloquaient stades et fan zones, ont finalement levé leur mouvement le 19 juin. Retour sur 19 jours de protestations et de négociations.

L’essentiel

  • Fait 1 : Le syndicat CNTE a voté la suspension de la grève nationale le 19 juin 2026, après 19 jours de mobilisation.
  • Fait 2 : Les enseignants réclamaient l’abrogation de la loi sur les retraites ISSSTE de 2007 et des hausses de salaires.
  • Fait 3 : Le mouvement a ciblé le Mondial 2026 : blocages du stade Azteca les 11 et 17 juin, et de la Fan Fest du Zócalo.
  • Fait 4 : Le gouvernement de Claudia Sheinbaum a accepté de créer un organisme d’assurance publique pour les pensions, permettant la reprise du dialogue.

Ce qui s’est passé : 19 jours de mobilisation

La Coordination nationale des travailleurs de l’éducation (CNTE), principal syndicat enseignant mexicain, a annoncé le 19 juin 2026 la suspension de sa grève nationale et le démantèlement de ses campements à Mexico. Lancé le 1er juin, le mouvement visait à faire pression sur le gouvernement en perturbant l’organisation de la Coupe du monde de football, selon le média Mix Vale.

Dès les premiers jours, les enseignants ont bloqué la Fan Fest officielle de la FIFA sur la place du Zócalo, provoquant des affrontements avec la police. Le pic de tension a été atteint le 11 juin, jour du match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud au stade Azteca, où les forces de l’ordre ont dû sécuriser en urgence les accès face aux manifestants, rapportait alors France 24. Le 17 juin, en marge de la rencontre Colombie - Ouzbékistan, une nouvelle tentative de marche vers le stade a été bloquée par la police, selon l’AFP.

Revendications et blocages

Les grévistes demandaient l’abrogation de la loi sur les retraites ISSSTE de 2007, des hausses de salaires et la suppression de l’Usicamm, un organisme d’évaluation des enseignants. Pedro Hernández Morales, secrétaire général de la Section 9 de la CNTE, a expliqué au journal La Jornada que « cette phase de lutte n’est pas une défaite, mais une étape pour revenir plus forts ». Yenny Aracely Pérez Martínez, secrétaire générale de la Section 22 de Oaxaca, a dénoncé l’intransigeance du gouvernement tout en confirmant le repli des manifestants.

Les négociations et l’accord

La présidente Claudia Sheinbaum et le secrétaire à l’Éducation Mario Delgado ont repris le dialogue le 17 juin, proposant la création d’un organisme d’assurance publique pour les pensions. Cette concession partielle a permis de débloquer la situation. Selon La Jornada, le vote de suspension a été acquis après des discussions intensives. Le mouvement aura duré 19 jours, sans que toutes les revendications soient satisfaites, mais la trêve permet au Mexique de respirer alors que le Mondial bat son plein.

Contexte au Mexique

Avec 129 millions d’habitants, le Mexique est l’un des trois pays hôtes du Mondial 2026, aux côtés des États-Unis et du Canada. Le système éducatif public, sous-financé, est régulièrement secoué par des grèves. La CNTE, très implantée dans les États du sud comme Oaxaca et Chiapas, est habituée aux actions coup-de-poing. En utilisant le Mondial comme levier de pression, elle a fait de Mexico l’épicentre d’une crise sociale qui a failli éclipser le sport. Pendant ce temps, l’équipe de France lançait son tournoi et l’Iran faisait face à une autre forme de tension.

Prochaine étape

La trêve est fragile : les enseignants promettent de revenir si les engagements ne sont pas tenus. D’ici là, le gouvernement doit concrétiser la création de l’assurance publique. Les prochains matchs au Mexique, notamment les huitièmes de finale, se joueront sans le spectre des blocages. Le calme semble revenu, mais le dialogue reste ouvert.

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Sources

Inès Maréchal

Inès Maréchal

Inès est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisée dans le sport féminin (football, rugby, handball, basket). Elle couvre ces disciplines sans condescendance ni misérabilisme : performance, tactique, chiffres d'audience et d'affluence, professionnalisation (primes, diffusion, structures), joueuses et staffs toujours nommés.

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