Mondiaux de judo 2026 : Riner et Agbégnénou sélectionnés, Buchard écartée
La Fédération française de judo a dévoilé une sélection de 22 athlètes pour les championnats du monde à Bakou, avec les deux légendes mais sans la médaillée olympique Amandine Buchard.
Teddy Riner et Clarisse Agbégnénou mèneront l'équipe de France aux Mondiaux de Bakou (4-11 octobre). Absence notable, Amandine Buchard n'a pas été retenue en raison de son double projet avec le rugby à 7. Cinq judokas supplémentaires rejoignent le collectif pour l'épreuve par équipes mixtes.
L’essentiel
- Annonce : La Fédération française de judo a dévoilé le 3 juillet 2026 la sélection pour les Mondiaux de Bakou (4-11 octobre).
- Têtes d’affiche : Teddy Riner (+100 kg) et Clarisse Agbégnénou (-63 kg) sont présents, forts de leurs 14 titres mondiaux cumulés.
- Absence surprise : Amandine Buchard (-52 kg) n’a pas été retenue en raison de son double projet judo-rugby à 7 pour Los Angeles 2028.
- Effectif : 22 athlètes dont 17 engagés en individuel et 5 réservés à l’épreuve par équipes mixtes.
Une sélection sous le signe des légendes
Le judo français s’apprête à vivre un nouveau chapitre de son histoire. Le 3 juillet, la Fédération française de judo a officialisé la liste des judokas retenus pour les Championnats du monde 2026, qui se dérouleront à Bakou, en Azerbaïdjan, du 4 au 11 octobre. Comme attendu, les deux figures de proue du sport tricolore, Teddy Riner et Clarisse Agbégnénou, figurent dans le groupe.
Riner, détenteur du record de titres mondiaux (11 sacres) et triple champion olympique, défendra ses chances dans la catégorie des plus de 100 kg. À 37 ans, le Guadeloupéen continue d’incarner la référence absolue des poids lourds. Clarisse Agbégnénou, quadruple championne du monde et championne olympique, sera alignée en moins de 63 kg. La Franco-Togolaise de 33 ans reste une prétendante majeure au titre après sa médaille de bronze à Paris 2024.
La sélection tricolore compte 22 athlètes, dont 17 inscrits en individuel (8 hommes et 9 femmes). Chez les hommes, Romain Valadier-Picard et Luka Mkheidze (-60 kg) figurent tous deux dans le top 10 mondial. L’équipe féminine aligne des valeurs sûres comme Marie-Ève Gahié (-70 kg) et Madeleine Malonga (-78 kg).
L’absence fracassante d’Amandine Buchard
La grande surprise de cette annonce est l’absence d’Amandine Buchard dans la catégorie des moins de 52 kg. La médaillée d’argent olympique à Tokyo et de bronze à Paris, également championne du monde 2022, n’a pas été retenue. Selon les informations de la Fédération relayées par L’Équipe, cette décision fait suite à un manque d’assiduité lié à son double projet sportif.
Buchard s’est en effet lancée dans une préparation pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 en combinant judo et rugby à 7, un choix qui a réduit sa présence aux entraînements de la filière fédérale. Résultat : la France n’alignera aucune représentante titulaire en -52 kg. Blandine Pont, désignée réserviste, ne combattra pas en individuel.
Cette décision a suscité de vives réactions dans le milieu du judo. Plusieurs observateurs estiment que le choix est risqué, d’autant que la catégorie des -52 kg est très ouverte. La Fédération, de son côté, assume une logique de performance et de concentration sur les athlètes entièrement dédiés au judo.
Des renforts pour l’épreuve par équipes mixtes
Si l’équipe individuelle est fixée, France Judo a également annoncé cinq renforts spécifiquement sélectionnés pour l’épreuve par équipes mixtes, qui se déroule le dernier jour des championnats. Il s’agit de Martha Fawaz (-57 kg), Maxime Gobert (-73 kg), Alexis Mathieu (-90 kg), ainsi que les poids lourds Mathéo Akiana Mongo et Tieman Diaby (+90 kg).
Ces judokas, bien que non qualifiés pour les épreuves individuelles, apporteront leur force de frappe dans la compétition collective. La France est vice-championne du monde par équipes mixtes depuis les Mondiaux 2024 et espère conserver sa couronne.
L’épreuve par équipes, disputée par des relais de trois hommes et trois femmes, est devenue un enjeu majeur pour les nations. La Fédération a donc logiquement choisi d’élargir son collectif pour maximiser les chances de médaille.
Contexte à Paris : une fédération sous pression
Basée à Paris, la Fédération française de judo (FFJ) doit gérer des ambitions élevées après des Jeux de Paris 2024 réussis (1 titre, 5 médailles). Les Mondiaux de Bakou constituent un test important pour la nouvelle génération, mais aussi pour les cadres. La non-sélection de Buchard montre que la FFJ ne craint pas les décisions tranchées, quitte à susciter la polémique.
Par ailleurs, le judo français doit composer avec une concurrence internationale de plus en plus forte, notamment du Japon et de la Géorgie. Bakou, ville hôte pour la deuxième fois après 2018, est un lieu symbolique : c’est là que Riner avait décroché son dixième titre mondial en 2018. L’ambiance promet d’être électrique dans la salle de la Baku Crystal Hall.
Comme le souligne Le Parisien, l’équipe de France aborde ces Mondiaux avec l’ambition de briller autant que lors du Tour de France 2026 dans le cyclisme ou de Wimbledon en tennis, deux autres grands rendez-vous sportifs de l’été. Mais le judo a ses propres héros et ses propres drames.
Prochaine étape : cap sur Bakou
La délégation française prendra la direction de l’Azerbaïdjan fin septembre pour un stage d’acclimatation avant les compétitions. Les combats individuels débuteront le 4 octobre avec les catégories les plus légères. Riner et Agbégnénou, habitués à débuter en cours de semaine, entreront en lice à partir du 7 octobre. L’épreuve par équipes mixtes clôturera les championnats le 11 octobre.
L’absence d’Amandine Buchard continuera d’alimenter les débats jusqu’à la compétition. Mais pour l’heure, l’heure est à la préparation. Les judokas français savent que Bakou peut consacrer une nouvelle génération ou confirmer la suprématie des légendes.