À Mont-Saint-Aignan, l’université débat d’égalité des genres tout un mois

Dans le cadre du 'Mars, mois féministe', l'Université de Rouen Normandie multiplie débats et journées thématiques sur le campus.

À Mont-Saint-Aignan, l'université débat d'égalité des genres tout un mois
Illustration Nathalie Rousselin / info.fr

Tout au long du mois de mars 2026, le campus de Mont-Saint-Aignan a vibré au rythme de l'égalité femmes-hommes. Une initiative portée conjointement par l'université et la Métropole Rouen Normandie, entre avancées concrètes et tensions persistantes.

Le 3 mars 2026, les portes de la Maison de l’Université s’ouvraient sur le premier événement d’un programme dense. Pendant quatre semaines, étudiants, enseignants et acteurs associatifs se sont retrouvés sur le campus de Mont-Saint-Aignan pour débattre d’égalité des genres, dans le cadre du ‘Mars, mois féministe’ lancé par l’Université de Rouen Normandie, en partenariat avec la Métropole Rouen Normandie, selon le programme officiel de l’université.

Des chiffres qui racontent les écarts

Les débats ne manquent pas de matière. D’un côté, des signaux positifs : la mission égalité/diversité de l’université, active depuis 2022, a permis des avancées notables, notamment une parité croissante dans les inscriptions en sciences dès 2023, avec des efforts sur les écarts salariaux, selon les publications de l’établissement. De l’autre, des déséquilibres qui résistent : le rapport 2024 de la Métropole relève que 62 % des étudiants de l’École Supérieure d’Art et de Design Le Havre-Rouen sont des femmes, contre 38 % d’hommes - une surreprésentation féminine dans les arts qui interroge autant que la sous-représentation ailleurs.

Le 18 mars, une journée entière a été consacrée aux femmes en situation de handicap, de 9h à 16h à la Maison de l’Université, autour du thème « Mêmes droits, moins d’inégalités », selon le site dédié à l’événement. Une façon d’élargir le prisme au-delà du seul rapport hommes-femmes.

Un débat qui ne fait pas l’unanimité

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Ces initiatives ne sont pas sans susciter des questions, y compris parmi ceux qui se réclament du féminisme. Sur le réseau X, des réactions illustrent les lignes de fracture :

Ces échanges reflètent les tensions réelles qui traversent les amphithéâtres : comment encourager sans contraindre, sensibiliser sans stigmatiser ? Des questions que les organisateurs du mois féministe posent eux-mêmes à voix haute, sans prétendre y apporter une réponse définitive.

Un soutien financier et institutionnel solide

Derrière ces événements, un cadre financier : la Métropole Rouen Normandie verse 60 000 € annuels à l’Institut Médical Simone Veil depuis 2022, un financement prolongé jusqu’en 2027, selon les documents métropolitains. La collectivité s’est également fixé un objectif de 35 % d’artistes féminines dans sa programmation culturelle 2026. En novembre 2025, une journée sur les violences sexistes dans le secteur culturel avait déjà préparé le terrain, toujours à l’initiative de l’université.

Prochaine étape : le 3e colloque international Egalisup, prévu du 22 au 24 juin 2026 à l’Université de Rouen Normandie, prolongera ces débats autour de l’égalité du secondaire au supérieur, selon le site de la conférence scientifique.

Sources

Sébastien Duval

Sébastien Duval

Correspondant à Rouen, suit le port, les tensions sur la pétrochimie, l'industrie pharmaceutique et les débats sur la pollution de l'air. Formé à l'ESJ Lille, il a commencé en PQR normande. Conviction : interroger les syndicalistes, les élus, les associations environnementales, croiser les rapports Atmo avant de conclure.

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