Montbéliard : deux ados de 15 ans renvoyés au tribunal pour enfants après jets de projectiles sur la police
Identifiés par drone, deux mineurs extérieurs au lycée Germaine Tillion comparaîtront en juin et à l'automne pour violences sur agents.
Deux adolescents de 15 ans ont été interpellés le 26 mai 2026 à Montbéliard après des jets de cailloux sur des policiers lors d'une manifestation lycéenne. Identifiés par drone, ils ont reconnu les faits et seront jugés devant le tribunal pour enfants de Besançon.
L’essentiel
- 26 mai 2026 : deux mineurs de 15 ans interpellés à Montbéliard après jets de projectiles sur des policiers devant le lycée Germaine Tillion.
- Drone décisif : les deux adolescents ont été identifiés grâce à un drone de la police nationale du Doubs déployé sur place.
- Charges retenues : violences avec armes sur personnes dépositaires de l’autorité publique en réunion, participation à attroupement armé.
- Renvoi judiciaire : l’un comparaîtra le 19 juin 2026, l’autre à l’automne ; tous deux placés sous contrôle judiciaire avec couvre-feu.
- Profil : l’un vient de Besançon, l’autre de Montbéliard déjà connu pour dégradations et vols ; aucun ne fréquente l’établissement.
Ce qui s’est passé le 26 mai
Mardi 26 mai 2026, une manifestation lycéenne se tient devant le lycée Germaine Tillion à Montbéliard. Les élèves protestent contre la vétusté des locaux : insalubrité signalée, présence de rongeurs, conditions d’étude dégradées. La police encadre le rassemblement. Des projectiles - cailloux et parpaings selon les sources - sont lancés sur les agents. Aucun policier n’est blessé. Un journaliste de France 3 présent sur place est touché par un caillou ; une plainte a été déposée, mais les auteurs de ce jet précis n’ont pas été identifiés, selon France 3.
Ce n’est pas le premier incident devant l’établissement. Le mouvement avait débuté vendredi 22 mai, avec une première vague d’affrontements au cours de laquelle un policier avait été blessé et plusieurs interpellations effectuées.
L’identification par drone
La police nationale du Doubs avait déployé un drone au-dessus du rassemblement. Les images permettent d’identifier deux individus parmi les auteurs des jets. Les deux adolescents, âgés de 15 ans, sont interpellés dans les heures suivantes et placés en garde à vue.
Selon France 3 Franche-Comté, ils ont reconnu les faits lors de leur audition. L’un d’eux aurait tenu un discours de type « black bloc », évoquant la volonté de « casser du flic » - expression reprise par le procureur lors de son point presse. Des appels en ce sens avaient circulé sur les réseaux sociaux avant les incidents, selon la même source.
Les charges et le renvoi devant le tribunal pour enfants
Jeudi 28 mai 2026, le procureur de la République de Montbéliard, Paul-Édouard Lallois, tient un point presse. Il détaille les charges retenues contre les deux mineurs : violences avec armes sur personnes dépositaires de l’autorité publique, commises en réunion, et participation à un attroupement armé.
Les deux adolescents sont renvoyés devant le tribunal pour enfants de Besançon. L’un y comparaîtra le 19 juin 2026. L’autre sera jugé à l’automne - novembre selon certaines sources. Tous deux sont placés sous contrôle judiciaire, avec mesures de couvre-feu et interdiction de paraître aux abords du lycée. L’un d’eux est orienté vers un centre éducatif renforcé situé hors de Franche-Comté, selon ToutMontbeliard.com.
Des individus extérieurs au lycée
Le procureur Lallois l’a précisé : les deux adolescents ne se connaissaient pas et ne fréquentaient pas le lycée Germaine Tillion. L’un est domicilié à Besançon, l’autre à Montbéliard. Ce dernier est déjà connu des services judiciaires pour des faits de dégradations et de vols, selon macommune.info et Le Figaro.
Ils ne faisaient donc pas partie du mouvement lycéen, dont les revendications portent sur les conditions matérielles de l’établissement. Ils seraient venus répondre à des appels diffusés sur les réseaux sociaux, selon les déclarations du procureur rapportées par France 3 et Le Figaro.
Contexte dans le Territoire de Belfort et le Pays de Montbéliard
Montbéliard compte 24 672 habitants au 1er janvier 2023 (INSEE). La ville est le pôle urbain principal du Pays de Montbéliard, territoire de tradition industrielle ancré autour du groupe Stellantis. Le lycée Germaine Tillion est né en 2017 de la fusion des lycées Grand-Chênois et Viette. Une rénovation importante - cantine, internat, tour Viette - avait été réalisée entre 2019 et 2020, pour un montant estimé à 14-16 millions d’euros financés par la Région Bourgogne-Franche-Comté et l’ANRU. Malgré ces travaux, des élèves et enseignants dénoncent depuis plusieurs mois des problèmes persistants dans les parties non rénovées.
Le recours au drone par la police nationale du Doubs dans un contexte de maintien de l’ordre urbain illustre une pratique désormais documentée dans plusieurs villes françaises. Dans le département voisin du Doubs, les opérations de sécurité renforcée se multiplient dans des contextes variés depuis le début de l’année. À Besançon même, l’actualité judiciaire et sécuritaire reste soutenue.
Le 28 mai au soir, le procureur a indiqué un retour au calme devant l’établissement. Une demi-compagnie de CRS venue de Troyes avait été déployée en renfort. Une médiation était en cours avec l’académie de Besançon.
Prochaine étape
Le premier des deux mineurs sera entendu par le tribunal pour enfants de Besançon le 19 juin 2026. Les négociations entre représentants lycéens et l’académie de Besançon sur l’état des locaux du lycée Germaine Tillion se poursuivent par ailleurs.
Sources
- France 3 Bourgogne-Franche-Comté : "Casser du flic" : deux jeunes de 15 ans identifiés par un drone après des jets de projectiles contre la police devant un lycée à Montbéliard
- Le Figaro / AFP : Montbéliard : deux adolescents venus «casser du flic» renvoyés devant le tribunal pour enfants
- macommune.info : Incidents devant un lycée de Montbéliard : deux adolescents renvoyés devant le tribunal pour enfants
- ToutMontbeliard.com : Manifestations au Lycée Germaine Tillion de Montbéliard : le Procureur dénonce des «fauteurs de troubles» venus «casser du flic»