Montpothier : les agriculteurs bio de l’Aube entre engagement et fragilité
Dans l'Aube, 332 fermes bio résistent malgré un contexte national difficile et un manque de soutien dénoncé.
À Montpothier et dans l'ensemble du département, des agriculteurs s'engagent vers le bio. Mais la dynamique est sous pression : fermes en recul en France, aides insuffisantes, céréales bio en chute. Le tableau est contrasté.
Montpothier, commune de quelque 150 habitants intégrée à la communauté de communes de Nogent-sur-Seine, s’inscrit dans une plaine champenoise à dominante agricole traditionnelle. Comme ailleurs dans l’Aube, quelques exploitations y amorcent ou poursuivent une transition vers des pratiques biologiques. Un mouvement réel, mais fragile.
332 fermes bio dans l’Aube, un chiffre stable mais tendu
Selon l’Agence Bio, le département comptait 332 fermes engagées en agriculture biologique en 2024, contre 338 en 2023. Ces exploitations couvrent environ 21 000 hectares, soit 5,5 % de la surface agricole utile du département. Un niveau stable, donc, mais qui masque des tensions croissantes.
Les céréales bio ont reculé de 38 % sur la campagne 2024-2025, selon les données de l’Agence Bio. La collecte de lait bio, elle, stagne. Ces signaux inquiètent les producteurs locaux, déjà fragilisés par la crise des prix et la faiblesse des aides publiques.
Un abandon politique dénoncé
En octobre 2025, l’association Bio de l’Aube est descendue dans la rue pour réclamer une meilleure reconnaissance, comme le rapportait L’Est-Éclair. Le message était clair : les agriculteurs bio ne s’estiment pas rémunérés à leur juste coût. « On n’est clairement pas rémunérés à notre juste coût », déclaraient des producteurs aubois, cités par Le Parisien en septembre 2025.
Le contexte national ne rassure pas. En 2025, le nombre de fermes bio en France a baissé pour la première fois, à 61 490 exploitations, soit un recul de 0,6 % selon Le Dauphiné Libéré. La surface agricole bio nationale se situe à 10,1 %. Pour le Grand Est, l’objectif du plan bio 2023-2027 est d’atteindre 14 % des fermes et 11 % de la SAU - des cibles encore lointaines au rythme actuel, selon Bio Grand Est.
Des dispositifs d’accompagnement existent
La Chambre d’agriculture de l’Aube et Haute-Marne pilote le programme inTERREactions pour accompagner les transitions agroécologiques dans les territoires ruraux. Des formations à la conversion bio sont prévues en 2026, ouvertes aux agriculteurs du secteur.
Le Département de l’Aube agit également via sa Mission Transition Écologique, qui soutient notamment la préservation des espaces naturels sensibles aux abords de Montpothier.
Un précédent : l’Aube avait enregistré une hausse progressive de ses surfaces bio jusqu’en 2022, portée par la dynamique nationale, avant que la crise économique ne freine les conversions. Des circuits courts locaux existent dans le département depuis 2005, via des fermes à vocation pédagogique, selon une publication du Conseil départemental.
Prochaine étape : le Printemps Bio 2026, du 22 mai au 21 juin, doit permettre de valoriser les producteurs locaux et d’encourager de nouvelles conversions. Des visites d’exploitations dans l’Aube sont envisagées, selon l’Agence Bio.