Montreuil-au-Houlme : un engin incendié et des tags contre la carrière dans l’Orne

Un bulldozer a été incendié et un hangar tagué dans la nuit du 19 au 20 avril 2026, marquant une escalade dans l'opposition au projet de granulats.

Montreuil-au-Houlme : un engin incendié et des tags contre la carrière dans l'Orne
Illustration Céline Leclerc / info.fr

Dans la nuit du 19 au 20 avril 2026, un engin de chantier a été incendié sur le site de la future carrière de Montreuil-au-Houlme (Orne). Un tag hostile au groupe Pigeon a également été découvert. Le collectif Stop Carrière, opposé au projet, nie toute implication dans ces actes.

Un bulldozer appartenant à la société Socaorne, filiale du groupe Pigeon, a été incendié dans la nuit du 19 au 20 avril 2026 sur le chantier de la future carrière de granulats à Montreuil-au-Houlme (Orne). Selon Ouest-France, les dégâts sont importants et une enquête judiciaire a été ouverte pour dégradations volontaires.

Un chantier déjà suspendu pour coupe d’arbres illégale

Le projet de carrière, autorisé par arrêté préfectoral en août 2025, prévoit l’exploitation de 24 hectares pendant 30 ans, avec une production annuelle de 150 000 tonnes de granulats. Il est situé à proximité d’une zone humide et d’un site Natura 2000, ce qui a suscité l’opposition du collectif Stop Carrière depuis plusieurs mois. Mi-mars 2026, la DREAL a ordonné l’arrêt des travaux après une coupe d’arbres et de haies réalisée hors période autorisée (septembre-octobre), bloquant le chantier jusqu’en septembre 2026 au moins.

Le matin du 20 avril, un tag « Laissez la terre. Casse-toi Pigeon. » a été découvert sur le mur d’un hangar du site, comme l’a rapporté le média Attaque. Le collectif Stop Carrière, qui a bloqué les engins restants le même jour, a nié toute implication dans ces actes de sabotage. « Nous menons des actions pacifiques, comme les recours administratifs et les blocages citoyens », a-t-il déclaré à Actu.fr.

Des recours administratifs en cours

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Le projet fait l’objet de plusieurs recours administratifs, avec une audience potentielle devant le tribunal administratif d’Alençon dans les prochains mois. La société Socaorne n’a pas souhaité réagir à ces incidents pour l’instant. Selon la préfecture de l’Orne, les investigations se poursuivent pour identifier les auteurs du sabotage.

Ce nouvel épisode marque une escalade dans l’opposition locale au projet, après des mois de mobilisation citoyenne et de contentieux administratifs. Le collectif Stop Carrière continue de demander l’annulation de l’autorisation préfectorale, invoquant les risques environnementaux pour la zone Natura 2000 voisine.

En décembre 2025, une action de sensibilisation avait été organisée à Putanges-le-Lac, rassemblant une centaine de personnes. Une pétition en ligne, lancée en 2025, a déjà recueilli plus de 2 000 signatures.

Sources

Céline Leclerc

Céline Leclerc

Correspondante à Alençon, elle suit l'élevage, les tensions sur les services publics, les fermetures de maternités et le tourisme équestre. Issue de Sciences Po Rennes, elle a commencé en radio locale. Méthode : interroger les éleveurs, les infirmières libérales, les élus, croiser les données sanitaires avant de conclure.

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