Mort à un passage à niveau en Moselle : la famille conteste la thèse du suicide
Un an après le drame de Landroff, la fille de la victime accuse la SNCF de dysfonctionnement des barrières et réclame la vérité.
Le 30 avril 2025, une femme de 48 ans mourait percutée par un TER au passage à niveau de Landroff, près de Saint-Avold. Sa famille refuse la version d'un suicide et a porté plainte contre la SNCF. L'enquête est toujours en cours.
Il est un peu plus de 17 heures ce 30 avril 2025 sur la RD20 à Landroff, commune rurale de Moselle à une vingtaine de kilomètres de Saint-Avold. Un TER reliant Metz à Sarrebourg percute une voiture immobilisée sur le passage à niveau. Le choc est violent : le train roulait à plus de 150 km/h. La conductrice, âgée de 48 ans, n’a aucune chance. Le trafic ferroviaire est interrompu jusqu’à 19 heures, selon le site ici.fr.
« Ma maman n’avait aucune envie suicidaire »
Dès les premières heures, la SNCF oriente vers la piste du suicide. Pour la famille, c’est inacceptable. Mathilde Raimond, 26 ans, fille de la victime, le dit sans détour à TF1 Info : « On m’a dit clairement que c’était la faute de ma maman, que c’était un suicide. Ma maman n’avait aucune envie suicidaire. »
En septembre 2025, la famille dépose une plainte contre la SNCF pour dysfonctionnement présumé des barrières de sécurité, selon le Républicain Lorrain. L’hypothèse : les barrières n’auraient pas fonctionné correctement au moment du passage du train, piégeant la conductrice sur la voie.
La SNCF oppose un démenti. Dans un communiqué rapporté par TF1 Info, le groupe affirme : « À ce stade, rien ne permet d’affirmer que le passage à niveau n’a pas fonctionné. » Deux positions irréconciliables, que l’enquête devra trancher.
Une enquête confiée aux gendarmes et au BEA-TT
Le dossier est instruit par les gendarmes et le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), précise Le Parisien. Les investigations portent sur les responsabilités du conducteur du TER et de la SNCF en tant que gestionnaire de l’infrastructure. À ce stade, aucune mise en examen n’a été annoncée publiquement.
Le passage à niveau de Landroff est connu localement pour sa dangerosité. Selon une publication de la page Facebook de la commune, le site est décrit comme « meurtrier depuis des décennies », avec plusieurs accidents mortels antérieurs. Le 19 décembre 2025, un nouveau choc impliquant une personne y a de nouveau perturbé le trafic ferroviaire.
Un enjeu national de sécurité
Le drame de Landroff s’inscrit dans un contexte préoccupant. En 2024, 89 accidents ont été recensés aux passages à niveau en France, causant 20 décès, selon les chiffres de SNCF Réseau rapportés par Les Échos. Sur une moyenne longue, ce sont 115 collisions annuelles pour environ 30 morts, dont 98 % imputés à des infractions routières selon CNews.
Ces statistiques alimentent un débat récurrent sur la modernisation des passages à niveau. La France en compte encore plusieurs milliers, dont une partie sans barrières automatiques. La question de leur mise aux normes et de leur surveillance revient régulièrement dans les rapports de sécurité ferroviaire.
Pour Mathilde Raimond, les chiffres nationaux passent après une seule question : savoir ce qui s’est réellement passé ce soir-là sur la RD20. L’enquête du BEA-TT n’a pas encore rendu ses conclusions.
Sources
- TF1 Info : 'Ma maman n'avait aucune envie suicidaire' : elle accuse la SNCF après la mort de sa mère à un passage à niveau
- Républicain Lorrain : Accident mortel au passage à niveau de Landroff : la famille porte plainte contre la SNCF
- Le Parisien : Décès d'une automobiliste au passage à niveau en Moselle : une plainte contre la SNCF et une enquête en cours
- Les Échos : Passages à niveau : ces collisions qui ont déjà impliqué un TGV