Mostafa Mohamed : trois semaines d’absence, un club qui ne cède pas
L'attaquant du FC Nantes disparaît depuis trois semaines après la relégation. Salaire coupé, téléphone qui ne répond pas, entraîneur sidéré.
Depuis le 24 juin 2026, l'attaquant du FC Nantes refuse de reprendre l'entraînement après l'activation d'une clause de relégation. Le club applique des retenues sur salaire
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Bras de fer contractuel
Clause de relégation activée : salaire coupé de 50 %, contrat jusqu'en 2027. Nantes refuse la rupture gratuite.
Cohésion du vestiaire
Un joueur absent trois semaines sans justification pendant la préparation d'une saison en Ligue 2 fragilise le groupe.
Crédibilité du club
Nantes relégué doit gérer une crise publique avec un joueur fantôme et un entraîneur qui dénonce l'incohérence.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Mostafa Mohamed absent depuis le 24 juin, jour de reprise des entraînements du FC Nantes
- Michel Der Zakarian « On ne sait pas où il est. On l'appelle, des fois il ne répond pas »
- Salaire coupé de 50 % après la relégation en Ligue 2, clause contractuelle activée
- Premier match de préparation sans lui victoire 5-0 contre Fleury 91 le 11 juillet
La Jonelière, 24 juin 2026. Reprise des entraînements. Mostafa Mohamed n’est pas là. Le lendemain non plus. Trois semaines plus tard - toujours rien. Michel Der Zakarian, entraîneur du FC Nantes - convoque la presse. « Mostafa… moi je n’ai jamais vu ça quoi! » Il lève les bras, incrédule. « C’est lui qui a décidé de faire ça. On verra quand il revient. »
L’incompréhension vire à l’agacement. « On ne sait pas où il est. On l’appelle, des fois il ne répond pas. C’est le club qui appelle, moi je ne l’ai pas appelé. » Le ton est sec. « On ne le paye pas, c’est tout. Le gars, il ne veut pas venir travailler, c’est lui qui est en faute, pas nous. »
Salaire coupé en deux, contrat jusqu’en juin 2027
La relégation en Ligue 2 a déclenché une clause: son salaire annuel de 1,20 million d’euros est réduit de 50 %. Une amputation que l’attaquant égyptien refuse d’accepter. Son contrat court jusqu’en juin 2027. Nantes le retient. Le club refuse de le libérer gratuitement.
Depuis le 24 juin 2026 - le FC Nantes applique des retenues sur salaire correspondant aux jours d’absence. Mostafa Mohamed ne touche rien. Il ne vient pas non plus.
Aucune offre satisfaisante, Nantes ne lâche rien
Des discussions ont été ouvertes avec des clubs. Aucune offre satisfaisante n’a été reçue. Le blocage est simple: Nantes veut une indemnité de transfert, le joueur veut partir libre. Entre les deux, pas de terrain d’entente. L’Égyptien représente encore un actif sur le papier. Un actif que le club relégué ne peut pas se permettre de brader. Le bras de fer continue. Le joueur ne revient pas. Le club ne cède pas.
Absent du premier match, Nantes gagne 5-0
Nantes dispute son premier match de préparation. Mostafa Mohamed n’est pas dans le groupe. Score final: 5-0. L’équipe n’a pas attendu son buteur pour démarrer. Mostafa Mohamed a inscrit des buts lors de la saison écoulée. Des statistiques qui n’ont pas empêché la chute.
Un vestiaire qui prépare la saison sans lui
Pendant que Mostafa Mohamed reste injoignable, ses coéquipiers enchaînent les séances à La Jonelière. Les circuits physiques, les oppositions, les causeries tactiques: tout se fait sans lui. Dans un vestiaire de Ligue 2, cette absence pèse différemment. Le groupe se reconstruit après la relégation, cherche des repères, forge une nouvelle identité. L’attaquant qui disparaît trois semaines sans explication mine ce travail collectif. Der Zakarian ne cache pas son exaspération: « Aujourd’hui on voit beaucoup de choses dans le foot qui sont incohérentes ». La phrase vise autant le joueur que le système qui permet ce type de situation.
Ce que le silence révèle
Aucun communiqué officiel du joueur. Aucune déclaration publique. Aucune explication transmise au club. Aucune source consultée ne mentionne de prise de parole ou de communiqué de Mostafa Mohamed. L’absence n’est pas médicale, elle n’est pas autorisée. Elle est un refus muet. Une grève déguisée que personne n’assume. Der Zakarian le cherche encore: « On verra quand il revient. »
On se souvient de cas similaires dans le football français, notamment lors de relégations où des joueurs ont refusé de reprendre l’entraînement après l’activation de clauses salariales. Mais un joueur sous contrat qui ne se présente pas pendant trois semaines consécutives reste exceptionnel. « Je n’ai jamais vu ça », répète Der Zakarian. Le précédent n’existe pas dans l’histoire récente du FC Nantes.
Un club relégué face à une situation inédite
Pour Nantes, la gestion de cette crise devient un test de crédibilité institutionnelle. Le club relégué doit montrer qu’il ne plie pas face à un joueur qui refuse ses obligations contractuelles. Pas de négociation à la baisse, pas de rupture amiable, pas de départ gratuit. La direction assume publiquement sa fermeté: le joueur est en faute, le club applique les sanctions prévues. Cette position, relayée par Der Zakarian en conférence de presse - envoie un message clair au reste de l’effectif. Nantes relégué ne peut pas se permettre de paraître faible. Le risque: qu’un joueur impose ses conditions par l’absence. La réponse: zéro tolérance. Entre les deux, trois semaines de silence et un téléphone qui sonne dans le vide.
