Movistar, l’équipe espagnole qui ne gagne plus
Telefónica veut sortir du contrat. Valverde est parti. L'équipe espagnole, 16e mondiale, cherche un sauveur.
Telefónica cherche à vendre son contrat de sponsoring. L'équipe pointe à la 16e place mondiale UCI. Depuis la retraite de Valverde, aucun leader n'a émergé.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Classement catastrophique
16e place mondiale UCI en juillet 2026. L'équipe a frôlé la relégation en 2022 et n'a jamais vraiment rebondi.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Telefónica cherche à vendre son contrat de sponsoring de 25 millions d'euros par an qui court jusqu'en 2029
- L'équipe Movistar pointe à la 16e place du classement mondial UCI en juillet 2026
- Alejandro Valverde a pris sa retraite fin 2022 après 133 victoires, dont 62 avec Movistar
- Iván Romeo, champion d'Espagne de 22 ans, est sous contrat jusqu'en 2030 mais ne peut pas remplacer Valverde
- L'Espagne n'a plus de leader capable de rivaliser avec Pogačar, Vingegaard ou Evenepoel
Dans le bus de l’équipe, après l’étape, Enric Mas répond aux journalistes. Même phrase qu’hier. Même que la semaine dernière. « Nous devons changer notre façon de courir, mais les jambes ne répondent pas toujours ». Derrière lui, les mécaniciens rangent les vélos. Personne ne dit rien. C’est comme ça depuis des mois.
En juin 2026 - Bloomberg a lâché l’info: Telefónica - sponsor principal depuis 2011 - cherche à vendre son contrat. Ou à s’en débarrasser. Le deal court jusqu’en 2029 - il pèse environ 25 millions d’euros par an. Trop cher pour une équipe qui ne gagne plus. Un cabinet a été mandaté pour trouver des alternatives. Des co-sponsors. Un repreneur. N’importe quoi.
Valverde est parti, personne n’a pris le relais
Pendant près de deux décennies - Movistar a pu compter sur Alejandro Valverde. 133 victoires - dont 62 victoires avec ses vélos Canyon. Il gagnait des classiques, des étapes, des courses d’un jour. Il portait l’équipe. Fin 2022 - il a pris sa retraite. Depuis, l’équipe cherche.
Enric Mas est le leader désigné pour les Grands Tours. Le Majorquin oscille entre le top 5 et une passivité tactique qui exaspère les suiveurs. Pas de victoire d’étape marquante. Pas de maillot jaune ou rose. Sur les trois semaines - les résultats manquent de régularité. L’équipe a essayé de le soutenir. Ça ne suffit pas.
Movistar a signé Iván Romeo - champion d’Espagne - jusqu’en 2030. Il a 22 ans. C’est lui, le visage du renouveau. Des victoires sur des courses d’une semaine, un titre national. Mais Iván Romeo n’est pas Valverde. Pas encore. Peut-être jamais.
16e mondiale, la pire place depuis des années
En juillet 2026 - l’équipe pointe à la 16e place du classement mondial UCI. Loin derrière UAE, BORA-hansgrohe, les nouvelles super-teams qui avalent les budgets et les coureurs. En 2022 - Movistar a frôlé la relégation du WorldTour. Une période de stress intense. Aujourd’hui, la situation n’est pas meilleure.
Eusebio Unzué - le manager général, appelle au calme. Il jongle avec une réalité économique brutale. Patxi Vila - directeur de la performance, essaie de moderniser l’approche tactique et technologique. Mais les jambes ne suivent pas. Les résultats non plus.
C’est la 44e saison consécutive de l’équipe au plus haut niveau. Décennies sans interruption. Mais l’histoire ne suffit plus. Les sponsors veulent des victoires. Des images. Des leaders qui font vibrer.
L’Espagne cherche son champion
Le paradoxe est cruel. L’Espagne, nation historique du vélo, manque d’un porte-étendard capable de rivaliser avec Vingegaard - Pogačar ou Evenepoel. De Miguel Indurain à Alberto Contador - en passant par Valverde - l’Espagne vibrait pour des champions capables de porter l’espoir national sur les routes du Tour de France ou de la Vuelta.
La nation qui a dominé les années 2000 et 2010 avec Contador - Valverde - Purito Rodríguez et Freire se retrouve orpheline. Pendant des années, Movistar a dominé le peloton avec le célèbre « trident »: Nairo Quintana - Mikel Landa et Alejandro Valverde. Ce temps est révolu.
Ce que personne ne dit: la relève espagnole n’existe pas
Sur les réseaux, les fans espagnols s’impatientent. Carlos, un suiveur sur X, attaque la politique de recrutement: « Y venga a fichar corredores del caja rural, Pharma y estos equipos en vez de irse a por 1 o 2 corredores top ». Voro Ortiz Tormo questionne le rendement et la possible bicéphalie Enric-Cian pour la Vuelta.
Le vrai problème n’est pas Movistar. C’est le cyclisme espagnol. Iván Romeo a le talent. Mais un champion à 22 ans ne remplace pas Valverde. Pas en un an. Pas en deux.
Telefónica a prolongé le contrat il y a 18 mois à peine. Aujourd’hui, l’opérateur télécom cherche la sortie. Le cyclisme espagnol, lui, cherche un miracle.
Dans le bus, après l’étape, les mécaniciens ont fini de ranger. Enric Mas est monté. Le moteur tourne. Direction l’hôtel. Demain, une autre étape. Même scénario.
Sources
- Telefónica weighs ending Movistar cycling team sponsorship
- Telefónica considers ending sponsorship of Movistar cycling team
- Movistar Team's future up in the air, title sponsor wants out
- Movistar Team - Men's team
- Alejandro Valverde profile
- Canyon and Alejandro Valverde long-term legacy partnership
- Movistar Team (men's team) - Wikipedia
- UCI Teams Rankings
- Relegation watch: Movistar drop to 18th in UCI WorldTour team rankings
- Trouble at Movistar Team on the verge of losing Telefónica's sponsorship