Mulhouse : une première livraison de vêtements pour victimes de violences conjugales au commissariat

Trois cartons de vêtements de seconde main livrés le 28 mai 2026 au commissariat central, une initiative inédite dans le Haut-Rhin portée par Relais Est et les services de l'État.

Mulhouse : une première livraison de vêtements pour victimes de violences conjugales au commissariat
Illustration Jean Muller / info.fr

Le 28 mai 2026, trois cartons de vêtements ont été déposés au commissariat central de Mulhouse pour les femmes victimes de violences conjugales. C'est une première dans le Haut-Rhin. L'initiative, portée par Relais Est (SCOP Emmaüs) et les services de l'État, répond à un besoin concret permettre aux victimes de se changer en urgence.

L’essentiel

  • 28 mai 2026 : trois cartons de vêtements de seconde main livrés au commissariat central de Mulhouse (43 rue de la Mertzau), une première dans un commissariat du Haut-Rhin.
  • Partenariat : action menée par Relais Est (SCOP Emmaüs), les services de l’État et la police nationale, avec Arnela Mauchamp (déléguée départementale aux droits des femmes) et l’enquêtrice Sarah-Lou Widemann.
  • Un quart des gardes à vue : les violences faites aux femmes représentent 25 % des gardes à vue annuelles au commissariat de Mulhouse, selon France 3 Alsace.
  • Taux départemental : 10,7 femmes de 15 à 64 ans pour 1 000 victimes de violences conjugales enregistrées dans le Haut-Rhin en 2024 (données SSMSI/ministère de l’Intérieur).

Ce qui s’est passé le 28 mai

Jeudi 28 mai 2026, au commissariat central de Mulhouse, rue de la Mertzau. Trois cartons de vêtements de seconde main sont déposés, triés et sélectionnés par Relais Est, structure de l’économie sociale et solidaire affiliée au réseau Emmaüs. Grandes tailles, pièces confortables, propres : le choix n’est pas anodin.

Mylène Panotier, de Relais Est, a expliqué la démarche à France 3 Alsace : « On a sélectionné des grandes tailles, des choses confortables. L’idée, c’est de se dire que dans cette situation d’urgence, les femmes seront à l’aise. »

Le Préfet du Haut-Rhin a relayé l’action le 30 mai sur X, avec quatre photos à l’appui.

Un besoin pratique, documenté sur le terrain

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L’initiative part d’un constat des enquêteurs eux-mêmes. Sarah-Lou Widemann, enquêtrice violences conjugales au commissariat de Mulhouse, a précisé : « Quand il y a un viol, les vêtements sont saisis pour être analysés pour des comparaisons ADN et pour trouver l’identité de l’auteur. C’est donc important de pouvoir rhabiller les victimes avec des nouveaux vêtements. »

Deux situations reviennent régulièrement : les vêtements saisis comme pièces à conviction, et les femmes qui fuient leur domicile sans emporter d’effets personnels. Avant cette livraison, certains policiers achetaient des vêtements sur leurs deniers personnels. Arnela Mauchamp, déléguée départementale aux droits des femmes depuis 2022, l’a dit sans détour : « Certains officiers de police prenaient leurs moyens personnels pour acheter des vêtements. Donc on s’est dit que de manière structurelle, on pourrait répondre à ce besoin supplémentaire pour que ces femmes retrouvent de la dignité, de l’intimité aussi… »

Pour en savoir plus sur une autre actualité liée aux violences à Mulhouse et aux faits divers récents dans la ville, notre couverture locale est disponible.

Contexte dans le Haut-Rhin

Dans le département, les violences conjugales représentent un quart des gardes à vue au commissariat central de Mulhouse, selon France 3 Alsace. Le taux départemental s’établit à 10,7 victimes pour 1 000 femmes âgées de 15 à 64 ans en 2024, d’après les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).

Mulhouse est la deuxième ville d’Alsace par la population et concentre une part significative des faits enregistrés dans le Haut-Rhin. Le commissariat de la rue de la Mertzau constitue le principal point d’accueil des victimes pour l’agglomération mulhousienne.

Relais Est (SCOP Emmaüs) est présente en Alsace et Franche-Comté depuis plus de trente ans. Elle emploie environ 200 salariés en insertion et travaille dans le tri et la valorisation de textiles de seconde main. Son statut de coopérative (SCOP) date de 2011, selon son site institutionnel.

Du côté alsacien, la vigilance météorologique reste également d’actualité : le Bas-Rhin placé en vigilance jaune orages ce 31 mai illustre une actualité régionale dense ces derniers jours.

Une réplication envisagée à Strasbourg

L’initiative suscite déjà de l’intérêt au-delà du Haut-Rhin. Jean Hayet, directeur interdépartemental de la police nationale du Bas-Rhin, a exprimé sa volonté d’étudier une réplication du dispositif à Strasbourg, selon France 3 Alsace. Aucun calendrier n’a toutefois été annoncé à ce stade, et les porteurs du projet n’ont pas communiqué de rythme de renouvellement des stocks.

Pour les services alsaciens de sécurité, l’année 2026 est aussi marquée par d’autres investissements : Molsheim a déployé 7 nouveaux véhicules et des caméras IA contre les feux de forêt, signe d’une montée en gamme générale des moyens opérationnels dans la région.

Le dispositif mulhousien reste pour l’heure le seul de ce type dans un commissariat du département. Sa pérennité dépendra des stocks fournis par Relais Est et de la coordination entre les partenaires institutionnels et associatifs.

Sources

Jean Muller

Jean Muller

Jean est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Haut-Rhin (68), avec Colmar pour chef-lieu. Spécialité du département : Mulhouse industriel et frontaliers Suisse Bale. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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