Municipales 2026 à Anglet : l’érosion côtière s’invite dans la campagne

La protection des dunes et le recul du trait de côte ont divisé les listes candidates lors des élections du 15 mars.

Municipales 2026 à Anglet : l'érosion côtière s'invite dans la campagne
Illustration Xabi Etcheverry / info.fr

À Anglet, les municipales 2026 ont mis la question littorale au cœur du débat. Face à un recul côtier de 50 cm à 1 m par an, les programmes divergeaient sur les réponses à apporter. La liste sortante l'a emporté largement.

Le 15 mars 2026, les électeurs d’Anglet ont reconduit la liste « Naturellement Anglet » de Claude Olive avec 68,06 % des voix et 37 sièges au conseil municipal, selon les résultats publiés par Le Monde. Face à elle, la liste d’union de la gauche « Anglet Ensemble », menée par Mahaut Fanchini (Les Écologistes, PS, PCF, Place Publique, Gauche socialiste), a obtenu 21,23 % et 4 sièges.

Des programmes opposés sur le littoral

La campagne a cristallisé deux approches. La liste Fanchini a insisté sur la protection des dunes et la transition énergétique comme réponses structurelles à l’érosion marine, selon Wikipedia. Du côté d’Olive, le programme prévoit de renforcer les réensablements des plages et la fixation des dunes par dépôt de broyat de sapins et de bois flotté, comme détaillé dans le document de campagne publié sur son site.

Le contexte pèse lourd. Anglet figure parmi les 371 communes françaises listées par décret en février 2026 comme particulièrement vulnérables au recul du trait de côte, selon le blog Landot Avocats, spécialisé en droit public. Le littoral sableux de la ville recule de 50 cm à 1 m chaque année, d’après le diagnostic socio-économique du SCoT Pays Basque & Seignanx. La stratégie de l’Agglomération Côte Basque Adour, s’appuyant sur des données BRGM, identifie un aléa fort d’érosion sur une grande partie de ce linéaire côtier, y compris à l’horizon 2043 avec ouvrages de protection.

Un appel à la solidarité nationale

Publicité

L’hiver 2025-2026 a aggravé la situation. Les tempêtes Alice, Goretti et Leonardo ont frappé le littoral de Nouvelle-Aquitaine, selon le GIP Littoral. En février 2026, le Comité national du trait de côte a adopté une motion réclamant la création d’un fonds de solidarité national, estimant que les communes littorales, dont celles des Pyrénées-Atlantiques, sont « démunies » face à ces risques, rapporte Sud Ouest.

L’Association nationale des élus du littoral (ANEL) rappelle l’ampleur du problème : 20 % des côtes françaises touchées, soit environ 900 km, et 30 km² perdus en cinquante ans.

Un précédent dans les années 1970

Ce n’est pas la première fois qu’Anglet affronte ce défi. Dans les années 1970, une érosion accrue avait conduit à la construction d’épis et à l’arrêt des extractions d’agrégats au large en 1977, suivis de rechargements systématiques des plages, selon un rapport du BRGM.

Prochaine étape : Le GIP Littoral accompagne l’élaboration de Zones Exposées au Recul du Trait de Côte (ZERTC) au Pays Basque, suite à l’inscription de 43 communes en février 2026. Un calendrier qui engage directement la nouvelle équipe municipale d’Anglet.

Sources

Xabi Etcheverry

Xabi Etcheverry

Correspondant à Pau, suit l'industrie pétrolière, les tensions sur l'aéroport, l'agriculture et les débats sur la langue basque. Diplômé de l'IJBA Bordeaux, il a grandi au Pays basque. Conviction : connaître les pétroliers, les syndicalistes, les élus, vérifier les carnets de commandes de Total avant de publier.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie