Municipales 2026 : Istres bascule à droite après 49 ans, Aubagne revient à gauche
Deux alternances historiques dans les Bouches-du-Rhône au soir du second tour du 22 mars 2026.
À Istres, la droite reprend une ville tenue par la gauche depuis 1977. À Aubagne, une union gauche-centriste détrône la droite sortante dans un scrutin à trois têtes. Deux basculements qui redessinent la carte politique du département.
Le 22 mars 2026, deux villes des Bouches-du-Rhône ont changé de couleur politique. Istres et Aubagne, chacune à sa façon, ont tourné une page.
Istres : 49 ans de gauche, c’est terminé
À Istres, la liste divers droite « Istres, de toute son âme ! », menée par Robin Prétot (LR), a remporté le second tour avec 59,84 % des voix, soit 12 341 suffrages et 35 sièges sur 43, selon les résultats publiés par Le Monde. En face, le maire sortant François Bernardini (divers gauche), en poste depuis 2001, n’a réuni que 31,40 % des voix et se retrouve avec 7 sièges.
La participation a atteint 67,30 % sur 31 536 inscrits, en hausse de 4,5 points par rapport au premier tour, selon BFM TV Élections. Un signe de mobilisation dans un scrutin perçu localement comme historique.
Istres était gouvernée par la gauche sans interruption depuis 1977, avec des maires PS ou divers gauche, selon les données de Wikipédia. Le 28 mars, Robin Prétot a été élu maire lors du conseil d’installation, avec 35 voix sur 43. À 38 ans, il devient le plus jeune maire de l’histoire de la ville, comme le rapporte Mesinfos.
Aubagne : la gauche revient par la fenêtre du RN
À Aubagne, le résultat est plus serré et la configuration, inédite. Jean-Pierre Squillari (PCF), à la tête de la liste d’union « Aubagne en commun, Aubagne mérite mieux », l’emporte avec 36,28 % des voix (7 200 suffrages, 30 sièges), devant Joëlle Melin (RN) à 33,71 % (6 689 suffrages, 7 sièges) et le maire sortant Gérard Gazay (LR) à 30,01 % (5 954 suffrages, 6 sièges), selon Le Monde et Datan.
La participation s’est établie à 58,68 % sur 34 565 inscrits, en baisse de 2 points par rapport à 2020, selon BFM TV Élections. Le RN, soutenu en campagne par Marine Le Pen selon le compte X @Aubagne2026, n’a pas suffi à dépasser l’union de gauche dans la triangulaire.
Aubagne avait basculé à droite en 2014 avec Gérard Gazay, après 49 ans de gestion communiste ayant laissé une dette estimée à plus de 164 millions d’euros, un chiffre régulièrement évoqué dans les débats, selon la ville d’Aubagne elle-même. Squillari reprend ainsi une ville que la gauche avait perdue il y a douze ans.
Prochaine étape : les priorités budgétaires
Les conseils municipaux des deux villes ont été installés le 28 mars 2026. Une première séance plénière est prévue fin avril dans les deux communes pour arrêter les priorités budgétaires, selon la Fondation Jean Jaurès. À Istres comme à Aubagne, les nouvelles majorités héritent de finances sous surveillance.