Municipales à Lannion : l’écologie au cœur des débats de campagne

Cinq listes en lice lors du scrutin des 15 et 22 mars, avec les zones humides et le réchauffement en ligne de mire.

Municipales à Lannion : l'écologie au cœur des débats de campagne
Illustration Gwenaëlle Le Gall / info.fr

À Lannion, les élections municipales de mars 2026 ont placé les enjeux environnementaux au premier plan. Préservation des zones humides, espèces invasives, adaptation climatique : les candidats ont dû se positionner sur un territoire sous pression.

Les dimanches 15 et 22 mars 2026, les Lannionnais étaient appelés à choisir leur prochain conseil municipal. Cinq listes étaient en compétition au premier tour, dont deux à gauche et deux à l’extrême gauche, selon Actu.fr. La ville a mobilisé 18 bureaux de vote pour l’occasion, comme l’indique la mairie sur son site.

Parmi les thèmes de campagne, l’environnement a occupé une place inhabituelle. Une tribune publiée par Le Télégramme a rappelé que le changement climatique - inondations, sécheresses, événements extrêmes - constitue désormais un enjeu électoral local concret, pas seulement national.

Des zones humides sous pression

Le Trégor n’échappe pas aux tensions qui pèsent sur les milieux humides bretons. En Bretagne, ces espaces représentent 8,1 % du territoire régional, soit 67 050 hectares dans les Côtes-d’Armor, selon une étude publiée par le Forum Zones Humides. Leur dégradation est ancienne : l’assèchement agricole les a altérés depuis le XVIe siècle, avant d’être interdit en Bretagne en 1990.

Aujourd’hui, d’autres menaces s’y ajoutent. La balsamine d’Himalaya, plante invasive, progresse sur les zones humides du Trégor dont celles autour de Lannion, menaçant la biodiversité locale, rapporte Ouest-France. Des bénévoles s’y attellent, mais le phénomène prend de l’ampleur.

Le réchauffement climatique aggrave aussi les étiages. Dans des bassins-versants comparables à ceux du secteur, comme la Rance ou le Frémur, les zones humides subissent un jour supplémentaire d’assec par an en amont, toujours selon Ouest-France.

Des engagements institutionnels déjà posés

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En 2024, Lannion-Trégor Communauté a accompagné neuf communes dans des projets liés aux cours d’eau et zones humides, d’après son rapport d’activité annuel. Le SRADDET Bretagne 2024 identifie par ailleurs ces espaces comme prioritaires dans la lutte contre l’artificialisation des sols.

Le rapport de développement durable des Côtes-d’Armor 2024 souligne également la mobilisation du département face au changement climatique, dans la continuité des sécheresses de 2022 et des tempêtes récentes.

Reste à voir comment le nouveau conseil municipal de Lannion traduira ces orientations dans ses décisions concrètes d’urbanisme et de gestion des milieux naturels. Les engagements de campagne, eux, ont été posés.

Sources

Gwenaëlle Le Gall

Gwenaëlle Le Gall

Correspondante à Saint-Brieuc, elle suit la pêche hauturière, l'agroalimentaire, les tensions sur les algues vertes et les fermetures de maternités. Issue de l'IUT info-com de Lannion, elle a grandi dans les Côtes-d'Armor. Méthode : aller dans les ports, interroger les marins, vérifier les bilans de Brittany Ferries, croiser les données sanitaires avant de publier.

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