Nancy : hommage aux cinq policiers Justes parmi les Nations du 18 juillet 1942

Le préfet Yves Séguy a présidé la cérémonie annuelle à l'hôtel de police le 19 juillet, honorant les agents qui sauvèrent 350 Juifs en 1942.

Nancy : hommage aux cinq policiers Justes parmi les Nations du 18 juillet 1942
Illustration Christophe Weber / info.fr
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Le préfet de Meurthe-et-Moselle Yves Séguy a présidé le 19 juillet 2026 la cérémonie d'hommage aux policiers nancéiens reconnus Justes parmi les Nations. L'événement rendait hommage aux cinq agents du Service des étrangers qui, le 18 juillet 1942, avertirent des centaines de familles juives de la rafle prévue le lendemain, permettant à 350 personnes d'échapper à la déportation.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Le préfet Yves Séguy a présidé la cérémonie le 19 juillet 2026 à l'hôtel de police de Nancy.
  • Cinq policiers nancéiens - Édouard Vigneron, Pierre Marie, Charles Bouy, François Pinot et Charles Thouron - sont reconnus Justes parmi les Nations.
  • Le 18 juillet 1942, ces agents ont averti 385 familles juives de la rafle prévue le lendemain, permettant à 350 personnes de fuir.
  • 32 personnes n'ayant pu fuir ou refusé de croire à l'avertissement ont été arrêtées lors de la rafle du 19 juillet 1942.
4 faits vérifiés 1 source mis à jour le 25 juillet à 17:00

Le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, a présidé le 19 juillet 2026 à l’hôtel de police de Nancy la cérémonie annuelle rendant hommage aux policiers nancéiens reconnus Justes parmi les Nations. Cette commémoration salue l’acte de désobéissance d’Édouard Vigneron et de ses collègues qui, le 18 juillet 1942, avertirent des centaines de familles juives de la rafle imminente.

Ce qui s’est passé le 18 juillet 1942

Selon la Fédération nationale des associations de personnel de la police nationale (fnapog), la rafle de Nancy était initialement prévue pour le 19 juillet 1942. Elle visait à arrêter 385 personnes juives sur ordre des autorités allemandes. Édouard Vigneron, chef du Service des étrangers de la police nancéienne, prit alors une décision qui allait sauver des centaines de vies.

La veille de la rafle, Vigneron et ses collègues avertirent discrètement les familles inscrites sur les listes de déportation. Grâce à cette intervention, 350 personnes purent fuir avant l’arrivée des forces de l’ordre. Selon la fnapog, 32 individus n’ayant pu fuir ou ayant refusé de croire à l’avertissement furent néanmoins arrêtés lors de la rafle.

Cinq policiers distingués par Yad Vashem

Édouard Vigneron a été reconnu Juste parmi les Nations par l’institut Yad Vashem en 1982, selon le Comité Français pour Yad Vashem. Cette distinction honorifique israélienne est attribuée aux non-Juifs ayant risqué leur vie pour sauver des Juifs pendant la Shoah.

Outre Vigneron, quatre autres policiers du Service des étrangers ont également reçu ce titre : Pierre Marie, Charles Bouy, Henri Lespinasse et Émile Thiébault. Selon le Comité Français pour Yad Vashem, ces cinq hommes incarnent une forme de résistance au sein même de l’appareil d’État sous le régime de Vichy.

Une cérémonie dans un contexte national tendu

La cérémonie du 19 juillet s’inscrit dans un contexte où les préfets multiplient les appels à la vigilance sur différents dossiers de sécurité publique. En Hauts-de-France, le préfet a récemment alerté sur les noyades, tandis qu’à Nanterre, des renforts CRS ont été déployés sur le quartier Pablo-Picasso.

L’hommage rendu à Nancy rappelle le rôle complexe des forces de l’ordre sous l’Occupation, entre obéissance aux ordres et désobéissance civique. Les cinq policiers nancéiens choisirent de protéger des civils plutôt que d’appliquer les directives du régime collaborationniste.

Contexte dans la Meurthe-et-Moselle

Nancy, préfecture de Meurthe-et-Moselle, compte environ 105 000 habitants. La ville a été profondément marquée par l’Occupation allemande entre 1940 et 1944. Le département, frontalier de l’Allemagne et du Luxembourg, fut annexé de fait par le IIIe Reich pendant une partie de la guerre.

L’épisode du 18 juillet 1942 reste l’un des rares exemples documentés de désobéissance collective au sein de la police française sous Vichy. La cérémonie annuelle à l’hôtel de police de Nancy perpétue la mémoire de cet acte de courage, transmettant aux nouvelles générations de policiers l’exemple de ces cinq agents.

Un devoir de mémoire inscrit dans la durée

La reconnaissance des cinq policiers nancéiens par Yad Vashem, étalée entre 1982 et les années suivantes, a permis d’inscrire leur action dans l’histoire officielle de la Résistance. Leur geste illustre la possibilité, même dans un système autoritaire, de choisir l’humanité plutôt que l’obéissance aveugle.

La cérémonie du 19 juillet 2026, présidée par le préfet Yves Séguy, réaffirme l’attachement des autorités actuelles à cette mémoire. Elle s’inscrit dans le calendrier commémoratif du département et de la police nationale.

Christophe
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Sources

Christophe Weber

Christophe Weber

Christophe est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Meurthe-et-Moselle (54), avec Nancy pour chef-lieu. Spécialité du département : Place Stanislas UNESCO et frontière Luxembourg. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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