Nantes : 152 interdictions de paraître prononcées en un an contre le narcotrafic
La préfecture de Loire-Atlantique publie son bilan un an après la promulgation de la loi anti-narcotrafic du 13 juin 2025.
Un an après l'entrée en vigueur de la loi n° 2025-532, la préfecture de Loire-Atlantique recense 152 interdictions administratives de paraître, 5 fermetures de commerces et 2 expulsions locatives effectives. Ce bilan, publié le 13 juin 2026, intervient dans un contexte de fusillades mortelles à Nantes depuis mai.
L’essentiel
- 152 interdictions de paraître sur les points de deal prononcées par le préfet depuis l’entrée en vigueur de la loi, selon le bilan du 13 juin 2026 (@Prefet44).
- 5 fermetures administratives de commerces et 11 signalements à des bailleurs sociaux, ayant abouti à 2 expulsions locatives décidées par le juge.
- 860 opérations de sécurisation menées depuis janvier 2026 dans les quartiers nantais, avec 941 interpellations et 61 kg de stupéfiants saisis.
- Loi n° 2025-532 promulguée le 13 juin 2025, publiée au JO le 14 juin 2025 : elle autorise le préfet à prononcer des interdictions administratives de paraître (IAP) d’une durée maximale d’un mois.
Un bilan publié exactement un an après la loi
Le 13 juin 2026, le compte officiel @Prefet44 a rendu public un bilan chiffré des mesures anti-narcotrafic déployées en Loire-Atlantique. Date choisie : exactement un an après la promulgation de la loi n° 2025-532 visant à sortir la France du piège du narcotrafic, promulguée le 13 juin 2025 et publiée au Journal officiel le lendemain.
Ce texte a introduit un outil nouveau : l’interdiction administrative de paraître (IAP), prononcée directement par le préfet sur les points de deal identifiés, sans passer par un juge, pour une durée maximale d’un mois. En Loire-Atlantique, 152 de ces mesures ont été prononcées depuis lors.
Des chiffres en progression depuis fin mai
Fin mai 2026, les bilans intermédiaires rapportés par Actu44 et Ouest-France faisaient état d’environ 123 interdictions de paraître dans le département, dont 91 à Nantes. Deux semaines plus tard, le compteur atteint 152 - soit une trentaine de mesures supplémentaires en moins de trois semaines.
Sur le volet commercial, 5 fermetures de commerces ont été prononcées au titre de la loi de 2025, dans un ensemble plus large de 49 fermetures administratives recensées sur la période. Du côté du logement, 11 signalements ont été transmis à des bailleurs sociaux. Deux expulsions locatives ont été effectivement décidées par le juge, selon la préfecture.
À Port-Boyer, quartier nantais particulièrement exposé, 21 opérations d’envergure ont été menées depuis janvier, avec 19 interpellations et 7 000 € saisis. Sept interdictions de paraître y avaient été prononcées dès fin mai, selon ICI Loire Océan. Des contrôles se poursuivent en juin, notamment à Bottière et Orvault, où la vérification du respect des IAP est désormais systématiquement intégrée aux opérations, selon info.fr.
860 opérations depuis janvier, 941 interpellations
Les IAP ne constituent qu’un volet d’un dispositif plus large. Selon Franceinfo et Actu44, plus de 860 opérations de sécurisation ont été conduites dans les quartiers nantais depuis le début de l’année 2026. Le bilan opérationnel : 941 interpellations, 75 déférements, 61 kg de stupéfiants saisis, 231 armes dont 58 armes à feu, et 495 000 € en numéraires.
Les infractions pour usage de stupéfiants ont progressé de 57 % sur la circonscription nantaise depuis janvier, avec 1 234 personnes mises en cause et 893 amendes forfaitaires délictuelles. La loi de 2025 prévoit par ailleurs un relèvement de ces amendes, de 200 € à 500 €, selon ICI Loire Océan.
Ces opérations s’inscrivent dans un plan en quatre axes déployé par la préfecture après des tirs mortels survenus fin mai 2026 dans plusieurs quartiers nantais - Port-Boyer, Bottière, Halvêque. Ce dispositif est comparable à d’autres déploiements observés à l’échelle nationale : l’Isère recensait 26 interdictions de paraître et 5 fermetures de commerces au même titre, et la Savoie en comptabilisait 7, illustrant une montée en charge progressive de la loi dans les départements.
Contexte dans le département
La Loire-Atlantique, avec Nantes comme préfecture (320 000 habitants environ), concentre depuis plusieurs années une activité de narcotrafic documentée. Dès 2025, le bilan sécurité départemental faisait ressortir une hausse des mis en cause pour trafic de +35,9 % et pour usage de +27,2 %, selon Actu.fr et Nantes.Maville.com.
Le préfet Fabrice Rigoulet-Roze, qui a conduit ce dispositif depuis son déploiement, quittera ses fonctions fin juin 2026 pour prendre la tête de la préfecture d’Occitanie, selon Actu44. Son successeur héritera d’un cadre opérationnel désormais rodé mais d’une situation de terrain toujours tendue.
Les opérations de contrôle se poursuivent en juin 2026. La prochaine étape sera la publication d’un bilan consolidé par les services de l’État, attendue après la passation de pouvoir.
Sources
- Préfecture de Loire-Atlantique (@Prefet44) : Bilan des mesures anti-narcotrafic en Loire-Atlantique
- Légifrance : Loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- Actu44 : Narcotrafic à Nantes : la préfecture déploie un plan en quatre axes
- Franceinfo : Narcotrafic : plus de 860 opérations de sécurisation dans les quartiers

