Nantes : un jeune homme de 19 ans tué par balles, cinquième homicide depuis fin avril

Dans la nuit du 27 au 28 juin, un jeune homme a été abattu rue Jules-Grandjouan. Il s'agit du cinquième homicide par arme à feu en deux mois à Nantes.

Nantes : un jeune homme de 19 ans tué par balles, cinquième homicide depuis fin avril
Illustration Stéphane Joly / info.fr

Un jeune homme de 19 ans a été tué par balles tôt ce dimanche 28 juin à Nantes, près du centre commercial Paridis. Les secours n'ont pu le ranimer. C'est le cinquième homicide par arme à feu enregistré dans la ville depuis la fin avril, sur fond de règlements de comptes liés au narcotrafic.

L’essentiel

  • Fait 1 : Un jeune homme de 19 ans a été abattu aux alentours de 4h50 rue Jules-Grandjouan, près du centre commercial Paridis.
  • Fait 2 : Les sapeurs-pompiers et le SAMU ont tenté une réanimation, mais la victime est décédée sur place.
  • Fait 3 : Les enquêteurs de la DCOS et de l’Ofast sont sur place ; aucune douille n’a été retrouvée pour l’instant.
  • Fait 4 : Il s’agit du cinquième homicide par balle à Nantes depuis le 28 avril 2026.

Dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 juin 2026, un nouveau drame a endeuillé le quartier nantais de la rue Jules-Grandjouan. Vers 4h50 du matin, un appel a alerté les secours pour un homme effondré sur la voie publique, près du parking du centre commercial Paridis. À leur arrivée, les sapeurs-pompiers et le SAMU ont découvert un jeune homme de 19 ans en arrêt cardio-respiratoire. Malgré les manœuvres de réanimation entreprises, le médecin urgentiste n’a pu que constater le décès.

Selon les premières informations recueillies sur place, la victime présentait des impacts de balles. Les enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) et de l’Office anti-stupéfiants (Ofast) se sont rendus sur les lieux dans la matinée. Aucune douille n’a été retrouvée à ce stade, ce qui pourrait indiquer l’usage d’une arme de poing avec étui ou un nettoyage sommaire de la scène. Les investigations se poursuivent pour identifier les auteurs et les circonstances précises.

Une série noire depuis le 28 avril

Ce meurtre s’inscrit dans une escalade de violences par arme à feu inédite à Nantes. Depuis la fin du mois d’avril 2026, cinq homicides par balles ont été recensés dans l’agglomération :

  • 28 avril 2026 - Un jeune homme est abattu dans le secteur de la Bottière-Pin Sec. Premier homicide de la série.
  • 14 mai 2026 - Un adolescent de 15 ans est tué au Port-Boyer, victime collatérale d’une rivalité sur un point de deal.
  • 26 mai 2026 - Un homme de 20 ans est tué de deux balles dans la tête dans le quartier de la Halvêque.
  • 4 juin 2026 - Un jeune homme de 18 ans est abattu square de la Basinerie, dans le quartier de la Bottière.
  • 28 juin 2026 - Un jeune de 19 ans est tué rue Jules-Grandjouan.

Quatre de ces cinq victimes étaient âgées de moins de 21 ans. Les faits se déroulent principalement dans les quartiers populaires de Nantes, où la guerre des gangs pour le contrôle des points de deal est régulièrement évoquée par les sources policières.

Contexte dans la Loire-Atlantique

Nantes, préfecture de la Loire-Atlantique et septième ville de France par sa population (environ 320 000 habitants), connaît depuis plusieurs années une hausse des violences liées au trafic de stupéfiants. Selon l’Observatoire national des drogues et des tendances addictives (OFDT), le département figure parmi ceux où les saisies de drogue et les homicides en lien avec le narcotrafic ont le plus augmenté entre 2019 et 2025. La présence de l’Ofast sur les lieux de l’enquête le confirme : les autorités considèrent que ces homicides sont directement liés à des règlements de comptes entre bandes rivales.

La ville de Nantes a déjà connu des périodes de violence armée, mais jamais une concentration aussi forte en si peu de temps. En 2024, on comptait trois homicides par arme à feu sur l’ensemble de l’année. Le rythme actuel - cinq en deux mois - inquiète tant les forces de l’ordre que les élus locaux.

À titre de comparaison, d’autres grandes métropoles comme Marseille ou Lyon connaissent également des pics de violence, mais Nantes, jusque-là épargnée par l’ampleur du phénomène, voit la situation se dégrader rapidement. Le syndicat Unsa Police 44 a dénoncé cette semaine « une spirale meurtrière » et réclamé l’envoi de renforts immédiats.

Réactions : la maire et le syndicat de police haussent le ton

La maire de Nantes, Johanna Rolland (PS), a réagi dès la matinée du 28 juin par un communiqué. Elle y exprime sa « profonde indignation » et exige « le déploiement de tous les moyens nécessaires pour mettre un terme à ces règlements de comptes ». Elle appelle également à une réunion d’urgence avec le préfet de la Loire-Atlantique et le procureur de la République.

De son côté, le syndicat Unsa Police 44 a publié un message sur les réseaux sociaux, dénonçant « une violence qui n’épargne plus personne, y compris les très jeunes ». Le syndicat demande « l’arrivée immédiate de renforts policiers, notamment de la CRS 82 et des effectifs de la BAC, ainsi qu’un plan de sécurisation renforcé des quartiers touchés ».

Ces réactions s’ajoutent à celles déjà formulées après les précédents homicides, mais les autorités locales estiment que l’accumulation des drames impose une réponse plus structurée. Le préfet de la Loire-Atlantique n’a pas encore communiqué ce dimanche sur le sujet.

Enquête en cours

L’enquête a été confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de la direction interrégionale de la police judiciaire de Nantes, appuyée par l’Ofast. L’absence de douille sur la scène de crime complique les premières analyses balistiques. Les enquêteurs s’attachent à recueillir les témoignages et à exploiter les images des caméras de vidéosurveillance environnantes.

À ce stade, aucun suspect n’a été interpellé. Les investigations devraient se poursuivre dans les jours à venir, tandis que les autorités tentent d’endiguer une violence qui semble loin de faiblir. Les drames récents, comme l’accident de la route lié aux stupéfiants à Montfaucon-en-Velay, rappellent que les conséquences du trafic dépassent les seuls règlements de comptes. Par ailleurs, la condamnation de la Ville de Belfort pour homicide involontaire après une chute mortelle montre que les collectivités peuvent être tenues responsables de la sécurité des espaces publics, un enjeu qui se pose aussi à Nantes.

Prochaine étape

Une réunion de crise est attendue en préfecture dans les prochaines 48 heures. La mairie de Nantes a déjà annoncé qu’elle demandera des comptes sur l’efficacité des dispositifs de sécurité mis en place depuis le premier homicide d’avril. L’enquête judiciaire, elle, suit son cours sans date butoir.

Stéphane
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Sources

Stéphane Joly

Stéphane Joly

Stéphane est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Loire-Atlantique (44), avec Nantes pour chef-lieu. Spécialité du département : chantiers navals (1ers d'Europe) et french tech Nantes. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Pays de la Loire.

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