Nantes : l’opposition de droite et du centre manifeste contre le narcotrafic sur fond de grogne des policiers municipaux
Environ 100 personnes se sont rassemblées ce samedi place de l’Hôtel de Ville pour dénoncer l’insécurité liée au trafic de drogue et réclamer un plan d’action.
L’opposition municipale de droite et du centre a organisé ce samedi 27 juin un rassemblement contre le narcotrafic devant la mairie de Nantes. Foulques Chombart de Lauwe y a présenté 12 propositions. La mobilisation intervient alors que les policiers municipaux sont en grève et que la ville a connu quatre fusillades mortelles ce printemps.
L’essentiel
- Rassemblement : environ 100 personnes se sont réunies devant la mairie de Nantes ce samedi 27 juin à l’appel de l’opposition de droite et du centre.
- Plan : Foulques Chombart de Lauwe (LR) a dévoilé 12 propositions pour lutter contre le narcotrafic, dont le refus de la maire d’ouvrir un débat au conseil municipal.
- Chiffres : 44 fusillades recensées à Nantes depuis janvier 2026, dont quatre homicides au printemps.
- Grève : les policiers municipaux, en grève pour obtenir des armes létales, ont dénoncé leur réquisition par huissier ordonnée par la mairie.
Un rassemblement de 100 personnes place de l’Hôtel de Ville
Ce samedi 27 juin, à midi, environ 100 personnes se sont rassemblées devant l’Hôtel de Ville de Nantes, à l’appel de l’opposition municipale de droite et du centre. Le chef de file LR, Foulques Chombart de Lauwe, a mené la mobilisation, entouré d’élus et de militants. Sur X, le compte Actu Nantes avait relayé l’appel :
Le rassemblement s’est tenu dans le calme. Des banderoles et pancartes dénonçaient l’insécurité grandissante. « On ne lâche rien », a écrit sur X Mathieu Nantais, témoin de la manifestation.
12 propositions pour enrayer le trafic
Foulques Chombart de Lauwe a profité de ce rassemblement pour présenter un plan de 12 propositions destiné à lutter contre le narcotrafic. Selon Ouest-France, ce plan a été élaboré en réaction au refus de la maire socialiste Johanna Rolland d’inscrire un débat sur la question à l’ordre du jour du conseil municipal du 19 juin. Parmi les mesures figurent le renforcement des effectifs de police municipale, l’installation de caméras de surveillance supplémentaires et un meilleur accompagnement des familles dans les quartiers touchés. Le détail complet du plan n’a pas encore été rendu public, mais l’opposition promet de le soumettre au vote du prochain conseil municipal.
Une vague de violences inédite à Nantes
Cette mobilisation intervient dans un contexte de forte tension sécuritaire. Depuis janvier 2026, 26 fusillades ont été recensées à Nantes, selon le parquet. Quatre d’entre elles, survenues entre le 28 avril et le 4 juin, ont été mortelles. Ces homicides, liés à des règlements de comptes sur fond de trafic de stupéfiants, se sont concentrés dans les quartiers est de la ville. Le procureur de la République de Nantes a évoqué une « recrudescence inédite » de la violence armée.
Le plan « Zéro drogue » déployé par l’État à La Réunion montre que d’autres territoires expérimentent des réponses globales face au narcotrafic. « Nantes a besoin d’une action similaire », estime l’opposition. Par ailleurs, les gendarmes de Nîmes ont été récemment mis à l’honneur dans l’émission « Appels d’urgence » pour leur lutte contre les trafics, signe que la sécurité reste une priorité nationale.
La grève des policiers municipaux se durcit
Parallèlement au rassemblement, les syndicats de la police municipale nantaise ont durci leur mouvement. En grève depuis plusieurs jours pour obtenir l’équipement en armes létales de catégorie B, ils ont dénoncé ce samedi une réquisition par huissier de justice ordonnée par la mairie de Nantes. Selon Ouest-France, cette réquisition vise à garantir un service minimum, mais les agents la jugent « attentatoire au droit de grève ». Johanna Rolland maintient son refus d’armer létalement la police municipale, privilégiant la prévention et le renseignement, comme elle l’a rappelé devant le Sénat.
Contexte en Loire-Atlantique
La Loire-Atlantique est confrontée à une hausse des violences liées au narcotrafic, notamment dans l’agglomération nantaise. Le département, qui compte environ 1,4 million d’habitants, voit ses quartiers populaires touchés par des trafics de plus en plus armés. Les élus locaux, de tous bords, appellent à une réponse coordonnée entre l’État, la métropole et les communes. Le sénateur de Loire-Atlantique a récemment interpellé le gouvernement sur les moyens alloués à la police nationale et à la justice.
Prochaine étape : la mairie de Nantes n’a pas encore réagi officiellement au plan de l’opposition. Le conseil municipal de juillet pourrait être l’occasion d’un débat sur la sécurité, si la majorité l’inscrit à l’ordre du jour. Le mouvement de grève de la police municipale, lui, devrait se poursuivre tant que les revendications ne seront pas entendues.