Naomi Osaka : retour fracassant à Wimbledon, stoppée en quarts par Muchova
La quadruple championne du Grand Chelem domine la n°1 mondiale Sabalenka avant de céder face à Muchova
Naomi Osaka atteint les quarts de finale à Wimbledon 2026 après avoir battu la n°1 mondiale Aryna Sabalenka en huitièmes. Un parcours stoppé par Karolína Muchova
- Osaka atteint les quarts de finale à Wimbledon pour la première fois de sa carrière
- Première victoire contre une top 10 sur une surface autre que le dur depuis 2018
- Défaite en quarts face à Karolína Muchova, la fasciite plantaire ayant resurgi
- Osaka confirme son ambition de remporter un cinquième Grand Chelem
Le gazon de Wimbledon a vu renaître Naomi Osaka. La Japonaise a atteint pour la première fois les quarts de finale du tournoi londonien lors de l’édition 2026, du 29 juin au 12 juillet. Un parcours stoppé en quarts par Karolína Muchova - mais qui marque le retour éclatant d’une ancienne n°1 mondiale quadruple championne du Grand Chelem.
L’exploit face à Sabalenka
Le dimanche 5 juillet - Osaka produit le match de son tournoi. Face à Aryna Sabalenka - numéro 1 mondiale, elle déroule sur le Centre Court: 6-2, 7-6(2) en moins d’1h30. La puissance prime. Osaka aligne 8 aces et 21 coups gagnants - met 87% de premières balles - ne concède aucune balle de break. Sabalenka, dominée dans l’échange, reconnaît après le match: « Elle m’a dominée. J’ai eu l’impression que c’était un niveau incroyable de sa part. »
Cette victoire met fin à une série noire: Osaka était 0-13 contre des joueuses du top 10 sur surfaces non-dures. Elle devient aussi la première Japonaise en quarts à Wimbledon depuis Ai Sugiyama en 2004.
Un parcours sans faute jusqu’aux huitièmes
Osaka avait préparé son coup. Elle déroule à Wimbledon: victoire sur Elsa Jacquemot au 1er tour - puis Anastasia Gasanova 6-3, 6-2 le 1er juillet - et Daria Kasatkina 6-1, 6-3 au 3e tour le 3 juillet. Trois matches, trois victoires nettes.
Sa tactique face à Sabalenka? Frapper en premier. « Sur terre battue, j’avais l’impression qu’elle me poussait beaucoup en arrière. J’ai juste essayé de lui faire la même chose en premier », explique-t-elle. « Nous sommes de grandes frappeuses de balle. Je ne peux me concentrer que sur mes forces. J’ai juste essayé de très bien servir, car c’est de l’herbe. »
Gestion physique: leçons d’une quinzaine usante
L’enchaînement des matches sur deux semaines a pesé sur le corps d’Osaka. « Je n’ai pas bien joué du tout et je n’avais pas d’énergie », confie-t-elle après son quart de finale. La fasciite plantaire - déjà responsable de son abandon en Allemagne, refait surface en quarts. Osaka pointe deux semaines consécutives sans repos. Une erreur qu’elle ne répétera pas: « Je ne referai probablement pas [cette approche]. » Sur le Centre Court, ses jambes la lâchent: « Mes jambes étaient complètement parties. C’était une sensation vraiment bizarre, comme si mes jambes étaient déconnectées de la partie supérieure de mon corps. »
La chute face à Muchova
Mais le corps lâche en quarts. Face à Karolína Muchova - Osaka s’incline. La fasciite plantaire - inflammation du pied déjà responsable de son abandon en finale à Bad Homburg, refait surface. « Je n’ai pas bien joué du tout et je n’avais pas d’énergie », confie-t-elle après le match.
L’explication est physique: « Mes jambes étaient complètement parties. C’était une sensation vraiment bizarre, comme si mes jambes étaient déconnectées de la partie supérieure de mon corps. » Osaka pointe deux semaines consécutives sans repos. Une erreur qu’elle ne répétera pas: « Je ne referai probablement pas [cette approche]. »
Analyse: physique ou technique?
La défaite pose une question sous-jacente: Osaka a-t-elle perdu parce que son corps a lâché, ou parce qu’elle n’a pas su adapter son jeu? Elle-même mêle les deux registres en parlant à la fois de manque d’énergie et de mauvaise performance technique. La fasciite plantaire vient gripper ses déplacements, ce qui empêche son jeu de puissance de s’exprimer. Sans jambes, sa frappe de balle perd en précision. La cause physique et la cause technique sont donc liées: le corps défaillant entraîne une baisse de niveau. Ce constat explique pourquoi Osaka, après avoir survolé les tours précédents, a semblé méconnaissable face à Muchova.
Ce que personne ne dit
La défaite de Sabalenka face à Osaka met fin à une série remarquable. Cette statistique, passée inaperçue dans la presse, révèle l’ampleur de l’exploit japonais. Osaka prouve qu’elle peut battre une n°1 mondiale au sommet de sa forme, même sur une surface qui n’est pas sa spécialité, elle qui avait perdu ses trois derniers matches contre Sabalenka en 2026, dont un en huitièmes à Roland-Garros.
L’ambition intacte
Malgré la déception, Osaka garde le cap. « Celle-ci est un peu plus décevante pour moi car j’ai l’impression que j’aurais pu faire beaucoup plus. Je pense que je devrais peut-être en tirer le positif parce que j’ai atteint les quarts de finale et j’ai l’impression que je peux encore beaucoup m’améliorer en tant que joueuse », analyse-t-elle. Et d’ajouter: « J’ai l’impression que, dans ma tête, il y a encore une opportunité de gagner un Grand Chelem. »
Un an après être revenue de son congé maternité en 2023 - Osaka enchaîne les signaux positifs: demi-finale à l’US Open 2025 - deuxième semaine à Roland-Garros 2026 - puis ce quart à Wimbledon. La progression est nette. Osaka, quatre fois championne en Grand Chelem sur dur - prouve qu’elle peut performer sur toutes les surfaces. Elle a encore plusieurs saisons devant elle pour décrocher ce cinquième titre. Ses récentes performances, notamment sa victoire contre une n°1 mondiale, la placent parmi les favorites pour les prochains tournois du Grand Chelem, à commencer par l’US Open en août.
Après le match contre Sabalenka, elle avait confié: « Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu autant de plaisir sur le court. Et le faire ici, cela signifie vraiment beaucoup. » Le plaisir retrouvé, l’ambition intacte: Osaka est de retour.