Narcotrafic et blanchiment à Bordeaux : près de 10 millions d’euros saisis, 22 personnes mises en examen

Une enquête débutée près de la gare Saint-Jean a permis de démanteler un réseau international de blanchiment d'argent issu du trafic de drogue.

Narcotrafic et blanchiment à Bordeaux : près de 10 millions d'euros saisis, 22 personnes mises en examen
Illustration Hugo Castaing / info.fr

Les forces de l'ordre ont annoncé le démantèlement d'un vaste réseau de blanchiment d'argent lié au narcotrafic. Près de 10 millions d'euros ont été saisis et 22 personnes mises en examen, dont 19 écrouées.

L’essentiel

  • Près de 10 millions d’euros saisis en liquide et sur comptes bancaires le 23 juin 2026 à Bordeaux
  • 22 personnes mises en examen, dont 19 placées en détention provisoire
  • Plus de 200 millions d’euros blanchis sur tout le territoire, dont 20 millions à Bordeaux en huit mois

Ce qui s’est passé

L’enquête a débuté au pied de la gare Saint-Jean, à Bordeaux. Les enquêteurs de la Brigade de recherches et d’investigations financières (BRIF) et de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) surveillaient depuis plusieurs mois des remises de sacs de billets entre des trafiquants locaux et des collecteurs. Le 23 juin 2026, une vaste opération coordonnée a permis de démanteler quatre groupes criminels spécialisés dans le blanchiment d’argent issu du narcotrafic.

Les investigations ont mobilisé des enquêteurs de Bordeaux et de Paris, l’OCRGDF, l’Office national anti-fraude (ONAF) et la BRIF. Selon France Bleu, le réseau est suspecté d’avoir blanchi plus de 200 millions d’euros en France et en Belgique, dont 20 millions d’euros uniquement à Bordeaux sur une période de huit mois.

Les saisies : près de 10 millions d’euros et 500 kg de résine

Les forces de l’ordre ont saisi près de 10 millions d’euros d’avoirs et de liquidités, en espèces et sur des comptes bancaires de sociétés écrans. À cette somme s’ajoutent plus de 500 kilogrammes de résine de cannabis, plusieurs véhicules de luxe et des montres haut de gamme. Près de 10 millions d’euros d’avoirs et de liquidités ont été saisis, auxquels s’ajoutent plus de 500 kg de résine de cannabis, des véhicules et des montres de luxe.

Le mode opératoire : sociétés écrans et compensation

Le réseau blanchissait l’argent liquide collecté auprès des points de deal via un mécanisme de compensation. Selon Alexis Durand, chef de l’OCRGDF, les collecteurs-blanchisseurs constituaient « un rouage précieux du narcotrafic ». L’argent était injecté dans des fausses sociétés d’achat et de revente de véhicules, permettant de le réintégrer dans le circuit légal. Les enquêteurs estiment que ce système a fonctionné pendant plusieurs années, irriguant à la fois le marché bordelais et belge.

Les suites judiciaires

À l’issue des interpellations, 22 personnes ont été mises en examen, dont 19 placées en détention provisoire. Les chefs d’accusation incluent blanchiment en bande organisée, association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants. Les personnes poursuivies sont présumées innocentes jusqu’à la décision définitive de la justice. Une information judiciaire a été ouverte au pôle financier de Bordeaux. Le parquet n’a pas encore communiqué la date des premières comparutions.

Contexte dans la Gironde

Bordeaux, troisième métropole de Nouvelle-Aquitaine, est un centre économique et portuaire majeur. Sa situation géographique, son aéroport et sa proximité avec l’Espagne en font une plaque tournante potentielle pour les flux financiers illicites. Selon l’OCRGDF, ce type de réseau structuré de blanchisseurs est de plus en plus fréquent dans les grandes villes de la région. La Gironde compte plusieurs dizaines de points de deal actifs, et les enquêtes financières comme celle-ci visent à tarir l’alimentation en espèces du trafic.

L’affaire illustre la capacité des services d’enquête à remonter les filières de blanchiment, un levier essentiel dans la lutte contre le narcotrafic. Les saisies record réalisées dans cette affaire pourraient servir de référence pour d’autres enquêtes en cours dans le département.

Cette opération s’ajoute à d’autres saisies importantes réalisées ces derniers mois sur la façade atlantique. Les autorités judiciaires bordelaises n’ont pas exclu de nouvelles interpellations dans les semaines à venir.

Hugo
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Sources

Hugo Castaing

Hugo Castaing

Hugo est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Gironde (33), avec Bordeaux pour chef-lieu. Spécialité du département : viticulture Bordeaux (4 milliards CA) et métropole étudiante. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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